Le Parti Ecologique Ivoirien



Bernard Kouchner en Côte d’Ivoire : Sarkozy répare les fautes de Chirac


lundi 16 juin 2008 - Par Notre Voie


Le ministre des affaires étrangères françaiseLe ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération européenne, M. Bernard Kouchner, vient d’achever une visite de 24 heures en Côte d’Ivoire. Objet de cette randonnée aux pas de course à Abidjan la capitale économique ivoirienne, recoller les morceaux des relations franco-ivoiriennes ébranlées par les brouilles de novembre 2004.
Tantôt heureux et exubérant en parlant des fructueux entretiens avec les autorités ivoiriennes. Tantôt solennel, voire affligé, triste et compatissant en évoquant les moments douloureux et amers qui ont gravement affecté les relations diplomatiques entre la Côte d’Ivoire et la France pendant la crise ivoirienne et, singulièrement, depuis novembre 2004. Enfin, constamment jovial et fier d’une mission vraisemblablement bien accomplie en 24 heures au pays Laurent Gbagbo. C’est ainsi que le socialiste Bernard Kouch-ner, ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération européenne, s’est présenté, hier dimanche 15 juin 2008, à 11h30, dans le salon d’honneur de l’aéroport international Félix Houphouet-Boigny de Port-Bouët, face aux journalistes. Pendant près de 60 minutes, sans faiblir, sans s’irriter outre mesure de la provocante impertinence de certaines questions des hommes de média, M. Kouchner s’est attelé à dégommer, avec une rare insistance, les vilains souvenirs des interventions françaises dans la crise ivoirienne sous le régime de Jacques Chirac. Il s’est surtout acquitté, avec succès, de la mission qu’il avait de communiquer aux Ivoiriens la sincérité de la nouvelle vision des dignes rapports que la France de Nicolas Sarkozy entend désormais entretenir avec ses anciennes colonies, mais principalement avec la Côte d’Ivoire : «Une page des relations franco-ivoiriennes est tournée. Elle fait place à l’optimisme sur l’avenir. Il y a deux ans, ces choses étaient inimaginables. Mais, à présent, nous pouvons les aborder sans hostilité», n’a cessé de déclarer Bernard Kouchner.
Qu’est-ce qui a provoqué ce changement positif en France où même les autorités socialistes avaient traité le chef de l’Etat ivoirien de «président infréquentable» ? Réponse de Kouchner : «C’est sûrement l’évolution positive de la situation en Côte d’Ivoire, mais c’est aussi la clarification des contradictions françaises, à gauche comme à droite».
Fini donc les brouilles occasionnées par le régime Chirac dans les relations de la France avec la Côte d’Ivoire. Nicholas Sarkozy s’attelle à les corriger.

Un séjour aux
pas de course

Le ministre français des Affaires étrangères et de la Coopération européenne est arrivé à Abidjan dans la nuit du vendredi 13 au samedi 14 juin, à 03h30. Il a repris le chemin du retour sur Paris à 13 heures, hier dimanche. Pendant les 24 heures qu’a duré son séjour en terre ivoirienne, Bernard Kouch-ner a rencontré les responsables de la société civile (chefs traditionnels, religieux, leaders de jeunesses et de femmes, responsables de mouvements féminins ou de droits de l’Homme). Il s’est entretenu avec Alassane Dramane Ouattara (président du RDR), Guillaume Soro Kigbagfori (Premier ministre), Robert Mambé Beugré (président de la Commission électorale indépendante), Choï (Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU en Côte d’Ivoire). Il a «longuement échangé au téléphone» avec Aimé Henri Konan Bédié (président du PDCI-RDA) qui a élu domicile à Daoukro et qu’il n’a pu rencontrer «pour des questions de météo». Il a, enfin, discuté avec Laurent Gbagbo (président de la République de Côte d’Ivoire).
Au centre de ces rencontres, M. Kouchner déclare avoir abordé les questions liées «au processus de paix en Côte d’Ivoire depuis l’Accord politique de Ouagadougou», avec notamment la sécurisation des élections par les forces françaises Licorne dans le cadre de la mission des forces de l’ONUCI, l’appui financier de la France au processus électoral et, évidemment, l’état de la coopération bilatérale entre la France et la Côte d’Ivoire, son ancienne colonie, présentée jusqu’en septembre 2002 comme sa fierté dans les pays émergeants. Résultat : «Nous sommes fiers des avancées enregistrées dans la conduite du processus de paix. Et la France soutiendra le président qui sera élu au soir du 30 novembre 2008 dès lors que le Représentant spécial de l’ONU aura certifié le scrutin», a déclaré Bernard Kouchner, avant de reprendre l’avion, ajoutant que, dès la semaine prochaine, l’Etat français décaissera une aide de 2 millions d’euros (1,319 milliard FCFA) pour appuyer la CEI. Pour le reste, la France fait entièrement confiance aux décideurs ivoiriens pour lever les dernières entraves (identification des électeurs, recherche de financements, désarmement des combattants et des milices) à l’organisation des élections dès novembre 2008.


César Etou





Source : notrevoie.com

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