Le Parti Ecologique Ivoirien



NATION Jack Lang et Jean-Marie Leguen révèlent :“La vérité n’a encore jamais été dite sur la terrible crise qu’a connue la Côte d’Ivoire”



lundi 02 juin 2008 - Par L'Intelligent d'Abidjan



foret ivoirienne detruite Monsieur Jack LANG et le Député de Paris, Monsieur Jean- Marie LE GUEN, viennent de co- signer une réflexion sur leur voyage en terre ivoirienne.

Ce que nous avons vu, entendu et connu en Côte d’Ivoire, lors de notre mission organisée à l’invitation de personnalités ivoiriennes, nous porte à faire entendre sur ce pays, une autre voix. La Côte d’Ivoire, plus que tout autre, soulève les passions, les engagements, les combats et les diatribes. Ses liens historiques et complexes avec la France y sont pour beaucoup. Durant ce déplacement, nous avons pu rencontrer les principaux protagonistes de la crise ivoirienne. C’est à leur contact que nous avons pris la mesure de l’urgence à convaincre différents secteurs de l’opinion française de changer leur regard et de mobiliser en faveur d’un pays qui joue un rôle stratégique en Afrique de l’Ouest et occupe une situation géographique, culturelle, économique de première importance. Plusieurs constats s’imposent. Tout d’abord, depuis la mise en œuvre de l’Accord Politique de Ouagadougou du 4 mars 2007, le processus de pacification s’est, à l’évidence, très nettement renforcé. Il est prolongé aujourd’hui par une volonté de réconciliation qui réunit les principaux adversaires d’hier. Cette démarche si difficile, si rare et si méconnue, n’est pas assez encouragée par ceux- là même qui avaient pourtant montré, souvent à juste titre, tant de passion lorsque la situation était susceptible de basculer dans l’horreur. La pacification du pays est épaulée par les grands voisins africains de la Côte d’Ivoire et, en premier lieu, par les Présidents du Burkina Faso et de l’Afrique du Sud. Lors des différents dialogues qui ont émaillé notre déplacement, nous avons pu échanger librement, discuter et confronter nos points de vue avec de nombreux membres du gouvernement et des responsables politiques. Devons- nous rappeler que ceux qui portent à bout de bras la difficile reconstruction de ce pays sont issus de diverses sensibilités politiques qui hier encore, s’affrontaient violemment ? La société ivoirienne elle-même semble reprendre peu à peu espoir après tant de déchirement et de souffrance. 

Pourtant, la crise mondiale et, en particulier, l’inflation du prix des matières premières non renouvelables, énergétiques et alimentaires, menacent gravement la population et l’équilibre social du pays. C’est dans ce contexte que la volonté commune d’organiser des élections démocratiques et transparentes en 2008, comme s’y est engagé Laurent GBAGBO, est primordiale. L’établissement des listes électorales par une entreprise française choisie d’un commun accord représente une dépense de 100 millions d’euros. Puissent l’Union Européenne et la France aider au financement de cette opération de rétablissement définitif de la paix. Autre constat : la quasi disparition de la coopération française. Ce désengagement passif prive durement les populations et affaiblit sans raison, les relations avec ce grand pays. L’aide humanitaire que nous savions si bien apporter est réduite à une peau de chagrin, délaissant les hôpitaux, les écoles…  Il faut que la France reprenne en charge la coopération dans les domaines de l’Education, de la Santé et de l’Administration. La réouverture de la bibliothèque française en est un signe prometteur. Enfin_ et peut- être surtout pour beaucoup de ceux qui se sont plu à voir dans notre voyage en Côte d’Ivoire beaucoup de choses sauf ce qu’il en était réellement_, nous avons rencontré parmi les leaders nationaux, Laurent GBAGBO. Pour le dire tout simplement, nous avons eu du mal à reconnaître en lui, le portrait caricatural, pour ne pas dire diabolisant, que l’on se plaît si facilement à faire de lui. Lui, le tyran qui organise des élections ? Lui, le belliciste qui accepte comme Premier Ministre le Chef des rebelles ? Lui, l’ethniciste qui veut supprimer la notion de carte de séjour dans un pays qui compte déjà plus de 20% d’étrangers sur son sol ?  Nous savons bien qu’il faudra beaucoup d’autres interventions comme la nôtre pour introduire la nuance nécessaire à la juste compréhension du Président de la République de Côte d’Ivoire. Mais Laurent GBAGBO est avant tout un leader africain qui aura sorti son pays des affres d’un néocolonialisme ranci, d’une guerre civile et des massacres programmés. Aussi, nous avons le sentiment_ et plusieurs de nos interlocuteurs ne nous ont pas détrompés_ que la vérité n’a encore jamais été dite sur la terrible crise qu’a connue la Côte d’Ivoire. Oui, nous pensons que la France et la Communauté internationale ont tout à gagner à ce que la lumière soit faite sur les évènements politiques et criminels qui ont dramatiquement frappé la population ivoirienne ainsi que certains de nos ressortissants. Nous demandons ainsi qu’une Commission d’enquête parlementaire soit créée qui abordera tant la réalité des faits qui se sont déroulés que la situation particulière de nos compatriotes. Si nous voulons relancer la coopération entre la France et la Côte d’Ivoire, il faut que la question de leur indemnisation soit clairement posée.  C’est au nom de la paix et de la réconciliation nationale
en Côte d’Ivoire, que nous militons pour la tenue d’élections en 2008, pour la reprise de la coopération française et pour l’aide au développement. Ecrivons avec le peuple ivoirien et ce pays plein d’avenir, une page nouvelle de notre histoire commune.

JACK LANG
JEAN- MARIE LEGUEN




Source : intelligentdabidjan.org

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