Le Parti Ecologique Ivoirien



Le mérite Ivoirien !!!  Une contribution de Monsieur Jean Dekpai





samedi 09 août par Connectionivoirienne.net
 


Jean Dekpai

07 août 1960 - 07 août 2008 prochain, il y aura de cela 48 ans jour pour jour que la Côte d´Ivoire prenait le chemin de son autonomie politico-économique. 48 ans aujourd´hui que notre pays cherche encore les moyens adéquats et appropriés en vue de se donner un développement digne de ce nom. 48 ans maintenant que l´action sociopolitique des fils et filles de la Côte d´Ivoire contribue à tracer les sillions élévateurs du quotidien des Ivoiriens. 48 ans bientôt que l´eau sale du ravin a envahit le marigot Ivoire.

Hier comme aujourd´hui, rien de particulier n´a évolué ou changé dans la vie de nos compatriotes. Pis tout a été dévalué, dépravé, détruit, démoli. Et le 07 août 2008 prochain, nous aurons encore droit au folklore cérémoniel pour honorer les 48 ans d´indépendance de notre pays. Ce jour, le ballet diplomatique se déroulera au palais présidentiel sous le regard bienveillant de la grande armée ivoirienne mais aussi sous l´œil satisfait et vigilent du chef. Que les Ivoiriens ne se targuent pas, le 07 août prochain ne sera pas différent des autres qui leur ont été déjà servis par le passé. L´on déplacera encore ces populations affamées et appauvries de partout en Côte d´Ivoire pour se rendre à Abidjan, au palais présidentiel pour faire allégeance au chef et ses valets. Ce jour en sera ainsi. Il sera chômé et payé. Un autre jour férié, en plus de trop. Et pourtant Bernard Dadié le nous enseigne : « Mon enfant le travail, seulement après le travail vient l´indépendance ».

Peut-on dire réellement que les Ivoiriens sont indépendants ? Eux qui ne savent pas faire autre chose que de danser à longueur de journées et de nuits.

Qui ne travaille pas dépend irréversiblement des autres. Mais pour combien de temps allons-nous continuer à tendre la main avec l´espoir que de bonnes volontés travailleuses la saisissent au passage et au rebond ? Pour ce seul jour, l´état Ivoirien décaissera avec assurance d´énormes moyens financiers pour sa réalisation. Alors que le pays, à l´image de ses habitants, se cherche. Déconnectés mais surtout désorientés dans leur vision du bien-être social, nos contemporains s´adonnent à toutes pratiques tout aussi déshonorantes que désobligeantes pour satisfaire aux exigences de leur quotidien. Seulement, parce que l´horizon ne comporte aucune perspective rassurante. Il ne pouvait pas en être autrement.

Dans un pays où la mentalité importée et inculquée à la population tient du faux, le résultat parle à priori de lui-même. Dans un pays où l´état est majoritairement l´employeur privilégié, c´est forcement que le taux de chômage soit aussi effroyable que les statistiques réelles sur la question ne peuvent se le permettre de publier les vrais chiffres.

L´entreprenariat en Côte d´Ivoire est tellement précaire que cela ne suscite aucune envie et courage chez les Ivoiriens. L´on leur a toujours dit qu´il faut aller à l´école, avoir les diplômes requis pour travailler dans l´administration publique. Jusqu´à une date récente en Côte d´Ivoire, travailler pour soi-même ou au privé était synonyme de signer son propre arrêt de mort. D´ailleurs, cette catégorie d´Ivoiriens ne jouissaient d´aucuns égard et de respect dans la population. Et pourtant notre désir d´aller de l´avant est si grand.

Qu´avons-nous donc fait pour mériter ou subir un tel sort ? serait-on tenté de se demander.

Depuis 1960, date de l´accession de notre pays à l´indépendance, plusieurs tentatives de son émergence économique ont été pratiquées sur le terrain de son développement structuro-industriel. Mais à la vérité elles ont toutes échoué faute de rigueur dans leur application et de réelle volonté politique d´accompagnement. Cette indépendance, basée et calquée sur l´importation inadaptée du mode de vie de l´ancien colon, ne pouvait vraisemblablement pas produire les résultats escomptés pour l´épanouissement des Ivoiriens. Il demeure d´actualité que la France continue de s´approprier les perspectives ingénieuses capables de porter notre pays dans le concert des nations émergentes mais fortes. Jusqu´à une date récente, la constitution Ivoirienne, nerf sciatique de l´expression politique Ivoirienne, demeurait encore la copie jumelle de celle de la France. Pourtant les réalités françaises ne s´apparentent pas forcement à celles Ivoiriennes vu que les deux pays sont placés dans des environnements symétriquement opposés. La France est un pays européen et la Côte d´Ivoire, un pays africain. Le climat africain est un don magnifique et majestueux de Dieu qui ne saurait accepter une incorporation et une phagocytose des temps pales et dénudés de toute teneur de vie humaine. Malgré ce réalisme naturel, nous avons choisi de torpiller nos propres valeurs pour nous lancer sur la voie de ce qui nous apparaît comme une éternelle, surtout irrévocable et irréversible subordination continue.

Forcés de pratiquer les théories occidentales sous le chaud soleil d´Afrique, notre volonté apparaît comme un refus de nous assumer. Nous refusons de penser inversement aux autres pour trouver la voie la mieux indiquée au type de développement qui convient à nos différents pays africains. C´est que les occidentaux, défavorisés par la nature, ont puisé dans la profonde réflexion pour sortir le modèle de développement convenable à leur société pour son épanouissement à long terme. Pouvons-nous, nous permettre d´évoluer pareillement ? Alors que nous avons tout sur place. Il nous suffit seulement de remonter la pente inversement pour savoir desceller les obstacles et autres pièges du dilemme auquel nous sommes confrontés. Ce dilemme fait souvent que nous n´avons pas une lisibilité absolue dans la redistribution de nos ressources nationales, génératrices d´aisance sociale. Ici, la question de la répartition de nos ressources devient un tabou à tel point que la misère sociale est démesurément galopante chez nous en Côte d´Ivoire.

Généralement source de pauvreté et de misère avancées dans nos états, la question de la redistribution des richesses en Afrique reste un cas d´école contemporaine. Un ventre creux n´a point d´oreilles dit-on chez nous en Côte d´Ivoire pour illustrer l´importance de cette thématique qui en économie politique comme sociale fait depuis des siècles objet de thèses de discussions inlassables. C´est quand on arrive en Côte d´Ivoire que l´on sent l´existence physique de la misère humaine.

Et tous les grands maux dont souffre notre société dans son essence prennent leur source dans le manque de débouchés et de perspectives sur le marché de l´emploi, de l´innovation, de l´entreprenariat et de grands projets capables d´enrôler les milliers de citoyens livrés à eux-mêmes dans la recherche de solutions adéquates à leurs problèmes de tout ordre. La Côte d´Ivoire est considérée comme un pays riche en ressources minières, pétrolières, halieutiques et agricoles pourtant ses citoyens comptent parmi les plus pauvres de la planète. Comment peut-on expliquer ce contraste ? Il y a que depuis que notre pays a accédé à l´indépendance en 1960, les différentes autorités qui ont présidé à sa destinée se sont engagées dans une course à l´enrichissement illicite sur le dos de leurs concitoyens dont le quotidien ne connaît guère d´amélioration depuis cette date jusqu´à maintenant.

En plus de cet état indiscutable de faits, il y a que dans notre pays l´on applique un modèle de développement conçu pour d´autres régions. Aucun effort n´est fourni pour adapter ces techniques à la réalité du terrain dans l´espoir qu´elles apportent des réponses inhérentes à notre statut de pays africain. Ce copier-coller a montré ses limites en la matière et le système éducatif dont se vante notre pays est dépassé par sa réalité sociale quotidienne. D´Houphouët à Gbagbo, rien de significatif n´a changé en la matière. Au contraire, le fossé social entre riches et pauvres s´est agrandi considérablement. Les riches deviennent encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Aujourd´hui, il est un tabou absolu que de parler du nombre de milliardaires que compte notre pays. Eux tous sans exception entassent leurs riches dans des comptes bancaires soit en occident soit dans les nouveaux oasis financiers de la planète. Créant ainsi un déséquilibre et un fonctionnement à double vitesse de leur propre société.

Avec ces richesses amoncelées et stockées ailleurs dans les banques ils créent des emplois pour développer les pays des autres. Dans un pays où la confiance fait défaut, il est difficile de développer un système bancaire pour rendre fluide l´économie de rente. Ainsi assiste-t-on en côte d´ivoire à la conservation des avoirs encore dans les domiciles privés. Ce système généralement appelé « Horten=Thésauriser » en économie tue l´épargne et empêche les banques de disposer de la liquidité pour faire face aux exigences de la circulation monétaire. Pourtant la base de fonctionnement de tout système bancaire repose sur ce principe minimal de l´épargne. Tellement les malversations sont légion chez nous au pays les hommes qui disposent de l´argent liquide se refusent de le mettre en banque avec une très forte propension du manque de confiance et de stabilité dans le système.

La redistribution, du moins son manque, des biens appelle nécessairement l´émergence de grands fléaux de société tels les vols à mains armées, les coupeurs de routes, le gangstérisme à grand tarif, la prostitution, la mendicité mais aussi l´envie et la jalousie. En tout, la dislocation du tissu social Ivoirien. Le coup de la vie étant cher, les Ivoiriennes et Ivoiriens voient leur situation comme un sort inguérissable jeté sur eux par le ciel. Pour y remédier, ils s´adonnent à toute pratique capable de les sortir de situation. La prostitution et la mendicité sont monnaie courante dans le quotidien de nos concitoyens à tel point que la morale n´a plus de fondements solides dans notre entourage immédiat.

Dans notre pays, et cela frappe à première vue, la vie publique est l´achèvement catégorique de la corruption. Il n´y a pas de domaines de la vie publique où l´on ne rencontre ou ne trouve cette gangrène qui tire ses racines dans la fraternité, l´hospitalité et la solidarité légendaires des sociétés préhistoriques africaines. Pour un oui ou pour non en Côte d´Ivoire et cela si l´on veut vite faire, il faut mettre la main à la poche pour s´octroyer les services de celui d´en face. Et pourtant.

Les gens ne peuvent plus agir honnêtement. Les gens ne savent plus agir avec la conscience professionnelle. Cette situation a développé des reflexes spontanés chez nos compatriotes que quand l´on parle ou se plaint, ils te disent tout simplement que c´est comme ça ici.

Une façon toute simple de légitimer ce fléau qui a pris une si forte ascension dans le quotidien des Ivoiriens depuis le palais présidentiel en passant par l´administration publique et privée. Les concours et autres examens sont devenus une source de commerce et d´enrichissement illicites. C´est ainsi que pour postuler aux concours dans l´administration publique, l´on doit débourser d´énormes moyens financiers pour espérer être sur la liste conçue déjà auparavant quand viendra le moment de sa publication.

Les forces nationales de sécurité et de défense, vu le contexte de leur tolérance, s´adonnent à des pratiques désobligeantes souvent rétrogrades et personne n´a le temps de les inquiéter tellement chacun est occupé à régler son propre problème.

Il y a un cafouillage monstre au pays. Sur les routes au nez et à la barbe de ces forces de l´ordre, les apprentis Gbakas font la pluie et le beau temps. Finalement, ce sont eux qui réglementent la circulation à la place de nos forces de l´ordre.

Munis de petits bouts de papier blanc sur les routes dans les quartiers d´Abidjan, nos policiers procèdent à un contrôle systématique des véhicules et non de leurs occupants. Selon des informations recueillies avec curiosité, il relève que ces bouts de papier blanc contiennent les numéros d´immatriculation des véhicules dont les chauffeurs ou les propriétaires se sont acquittés des sommes qui leur sont réclamées frauduleusement. Ces véhicules, leur état de santé n´intéresse guère nos forces de sécurité. Le plus important étant de racketter le maximum d´argent possible en vue de son partage avec les chefs hiérarchiques.

Un jour, en taxis, je partais à Cocody pour déposer mes diplômes pour traduction à l´Institut Goethe au niveau de l´échangeur Laurent Gbagbo, grande fut ma déception de voir ces policiers et gendarmes en faction regarder impuissamment un apprenti Gbaka bloquer toute l´autoroute pour permettre à son chauffeur de repositionner son véhicule tout aussi dans un état de délabrement très avancé. L´embouteillage que cette situation a provoqué a fait que je suis arrivé en retard à l´institut Goethe. J´ai dû attendre jusqu´à 14 heures dans l´après midi pour exécuter cette mission alors que je voulais finir rapidement pour honorer un rendez-vous avec des étudiants de la cité U de Vridi le même jour dans la soirée. Les piétons, ceux là, on ne parle pas d´eux.

Ils se comportent en pleine route comme s´ils étaient sur la chaussée réservée à cette fin. Souvent les chauffeurs de taxi ou de Gbaka ou encore les automobilistes tout court sont obligés de leur demander pardon avant de leur céder une petite portion de route. Ce chaos est répandu partout dans Abidjan sans exception aucune et au Plateau là encore c´est pire.

Tout donne l´air d´un désordre entretenu. Personne ne se souci des conséquences de cet état de fait. Il y a au pays un laisser aller qui ne dit pas son nom, sous prétexte que le pays vit un contexte difficile. Les taxis wôro-wôro et autres moyens de transport en commun, c´est tout simplement la mort sur des pneus qui attend son heure pour frapper très fort. Et quand cela arrive, ils ont leurs seuls yeux pour pleurer et leur bouche pour dénoncer de pauvres sorciers.

Tout en passant, à propos la mort. Il est de coutume que l´on ne meurt pas naturellement en Afrique en général et chez nous en Côte d´Ivoire en particulier. Nous sommes des êtres pour la mort, disait un grand philosophe de son époque. Mais paradoxalement en Côte d´Ivoire, la mort qui définit notre existence devient un alibi pour les uns et les autres d´indexer négativement leurs proches. Quand un homme meurt en Côte d´Ivoire, il y a toujours derrière la main d´une certaine confrérie, base et cause de tous nos malheurs existentiels et contemporains.

En réalité, il se pose à ce niveau du débat de la société africaine, la problématique de l´impuissance et de l´indifférence de l´homme africain à surmonter ses barrières coutumières pour regarder avec ambition ou conviction les nouveaux progrès opérés dans le monde de la science médicale. Ceci explique grandement les taux exorbitants de décès dans nos sociétés. Il n´y a pas de moyens efficaces pour prévenir la mortalité infantile. Les difficultés constater dans les maternités laissent entrevoir que nous avons besoin de nous armer doublement pour remettre en cause notre capacité à demeurer longtemps sur la terre des vivants. Nos mères, nos épouses et nos sœurs sont traitées de la façon la plus inhumaine lors des moments d´accouchement.

Comme si la procréation était un mal en soi, nos sages-femmes en Côte d´Ivoire maltraitent leurs patientes pour les dissuader d´une prochaine fois. Alors que comparé aux autres dans sa capacité superficielle, le pays est énormément sous-peuplé. La différence entre nos sociétés africaines et celles occidentales se trouve dans le soucis et la volonté de bien faire des pratiquants de cette science. Ici en occident, tout est mis en œuvre non seulement pour permettre un accouchement dans de meilleures conditions mais aussi tout est mis en œuvre pour encourager les femmes à la procréation. Sommes-nous réellement à la hauteur de l´art existentiel et de la fraternité humaine ? Pourquoi sommes-nous, nous les africains aussi négatifs que méchants les uns envers les autres ?

Malheureusement dans cette méchanceté nous n´avons pas les moyens d´assouvir ou de compenser seuls les exigences de notre quotidien. Un paradoxe qui doit nous emmener à réfléchir profondément et sur notre mode de vie et sur notre condition d´existence.

L´africain paradoxalement est un chantre de la philosophie Sartrienne de l´existence humaine : « mon enfer, ce sont les autres » à tel point que nos égos individuels ont pris largement le dessus dans nos différentes communautés. Et pourtant nous sommes selon nos pratiques les plus répandues des adeptes de la solidarité et la fraternité humaines. Quel contraste !

Les routes sont pratiquement identiques partout dans Abidjan. Déformées, usées elles sont parsemées de creux et de trous et les quelques bitumes qui résistent encore constituent des boucliers pour la mort. Chaque jour qui passe en Côte d´Ivoire, la presse fait échos de mort par accident de la circulation. Malheureusement, le gouvernement ne se sent pas suffisamment investi d´une mission de préserver la vie des citoyens ivoiriens. Les odeurs d´ordures qui jonchent les bordures des routes coupent le souffle aux inhabitués.

Et quand l´on se plaint, ils te chantent les nouvelles du pays dans une chanson qui décrit en des termes clairs le vécu quotidien des Ivoiriens : « Bonsoir, ça va, bonne arrivée. Akwaba, il faut t´asseoir, tu vas voir. C´est ça qui est là oh, c´est ça qui est oh, c´est ça qui est là ».

Comme une résignation irréparable, dans cette chanson, Billi Billi (c´est le nom de l´artiste) décrit avec témérité déconcertante la vie publique dans notre pays. Il décrit les hauts et les bas de la société ivoirienne actuelle en des termes bien choisis mais aussi bien prononcés.

Les Ivoiriens sont fixés sur l´extérieur comme s´il ne fait pas bon vivre chez eux en Côte d´Ivoire. Cette situation doit nous interpeller tous quelque soit notre lieu de résidence ou notre statut social. Il y a va de la survie de la nation ivoirienne. Pour sur, nos hommes politiques actuels ont contribué grandement mais négativement à l´expansion de cet état de fait. Eux qui ont décidé de maintenir la jeunesse Ivoirienne militante dans le rôle de relève éternelle pour s´assurer qu´ils tiendront encore longtemps les clefs de la porte politique du pays. Aucun effort significatif n´est fait pour que le pays connaisse une véritable lueur d´espoir. Aujourd´hui, où l´on parle de la communication moderne pour faciliter le rapprochement des citoyens, notre pays est encore à la trappe en train de se débattre pour noyer le peu de moyens dont il dispose. Et demain sera trop tard. Rien n´est fait pour compenser les ressources économiques capables de susciter un nouveau type de développement de notre société. Encore moins, aucune action d´envergure n´est entreprise pour améliorer les capacités de production des entités déjà existantes. Toujours à la recherche des fonds financiers pour résoudre nos problèmes d´ordre politique.

Inutilement les institutions Ivoiriennes disposent de fonds de souveraineté, de fonctionnement et de roulement. Estimés à plusieurs milliards de nos francs, ces fonds sont recueillis de la sueur du front de nos braves paysans. Pourtant, ces derniers n´ont droit à aucune assurance maladie ni retraite. Leur secteur d´activité économique est le plus courtisé à cause du manque sincère d´une autorité réelle de régulation. Mais aussi à cause du désordre sciemment entretenu dans le secteur pour facilement détourner les fonds recueillis. Tout en passant, il est actuellement question en Côte d´Ivoire de poursuites judicaires pour détournement de deniers publics. Une farce pour contenter les Ivoiriens. Les détournements de fonds, ce n´est pas seulement au niveau du café et cacao qu´on les rencontre en Côte d´Ivoire. Il y a aussi le secteur des banques, de l´énergie et de l´enseignement public et privée. Si cela fait onction de bonne volonté d´assainir les finances publiques dans le pays alors mieux vaut étendre ces actions judicaires actuellement en cours à tous ces secteurs de la vie économique pour ne pas donner raison aux plus sceptiques.

Ces différents secteurs de la vie économique de notre pays nécessitent une réelle compétence et une profonde réflexion pour pouvoir proposer quelque chose de nouveau et d´innovateur aux Ivoiriens.

Pour cela, un processus à court terme dans la réflexion est nécessaire pour mieux appréhender la grandeur de la responsabilité des hommes politiques qui doivent animer le devant de la vie publique en Côte d´Ivoire.

À court terme, ces réflexions majeures doivent porter sur l´organisation ou la réorganisation du territoire et son peuple après cette grave crise politico-militaire qu´il vient de traverser. Ceci permettra aux Ivoiriens de mieux se situer dans le contexte de leur combat politique et économique actuel. Et ce, après constat du cafouillage monstre qui mine le pays sur les tarifaires de la crise politique, la question d´urgence actuelle c´est bien comment désengorger le pays pour une bonne redistribution des revenus nationaux. En économie sociale, on ne peut bien comprendre la gestion de l´état que si l´on se donne les moyens de définir la provenance, l´utilisation et le partage de ses ressources. Ici, le problème auquel notre pays est confronté c´est bien la redistribution de ses ressources économiques. Chacun en côte d´ivoire doit comprendre que le développement tout court tant recherché est d´abord et avant tout son affaire personnelle. Car cette volonté de confier la destinée de la nation aux seuls hommes politiques et autres décideurs économiques laisse apparaître une résignation et un certain laisser aller. L´homme étant le centre et le moteur de tout développement, il faut lui faire comprendre la nécessité d´agir positivement sur ce processus pour une bonne marche de la nation toute entière.

L´école, plutôt que d´être un alibi pour nous de pouvoir occuper des responsabilités publiques à quelques niveaux, elle doit être au contraire le bien nécessaire pour chacun d´être capable de projeter en perspectives pour le bien- être social de tous. La fonction publique ne doit pas être le majeur employeur mais bien l´officier d´observation et de régulation. L´état, certes doit participer au processus du développement économique mais il doit le faire quand cela nécessite son intervention souhaitée. Pour cela il se doit, plutôt que d´être l´employeur forcé de la grande masse, d´innover pour servir de pont à l´émergence d´une mentalité à l´entreprenariat et à l´investissement privés qui suscitent la concurrence productive.

Comment y arriver ? Cette interrogation demeure le nœud qu´il faut savoir dénouer pour percer le secret d´un développement économique certain de notre pays.

D´abord pour répondre à cette interrogation, il nous faut connaître le type de fonctionnement de notre état. Quel type de régime constitutionnel est opérationnel en Côte d´Ivoire ?

Définir le type de régime constitutionnel opérationnel en Côte d´Ivoire nous donne automatique une large vue de l´organisation de notre territoire. Et ce, parce que du type de régime politique que nous adoptons sera fonction notre capacité à nous accommoder aux exigences qui y sont liées. Il ne sert à rien dans notre démarche de faire du « copier coller » pour ne pas échapper aux rituels politiques souvent à la base de nombre d´échecs que nous constatons quotidiennement sur le continent africain. Et la sortie de crise aidant, il est impératif que les hommes politiques actuels voient cela comme la priorité des priorités. Sinon organiser des élections générales dans la situation précaire actuelle ne nous aidera pas à un réel bond significatif dans la matérialisation de notre bon vouloir à opérer des choix qualificatifs pour concéder un bien-être social à nos compatriotes. Si tant cette volonté politique est d´intégrer et d´insérer nos compatriotes dans le tissus socio-économique.

Ce régime politique doit tenir compte dans son fonctionnement de l´organisation de nos sociétés traditionnelles, les coutumes qui y prévalent pour conjurer nos efforts d´aller de l´avant. Parce que la transformation de notre environnement immédiat dépend de notre mode de vie conditionné par notre culture. Toutefois et cela compte tenu de notre volonté de moderniser notre pays pour un type de développement approprié, il nous faut accommoder notre culture à l´actualité pour le meilleur de notre peuple.

Il ne faudrait pas surtout voir en cela une conflictualité mais plutôt une complémentarité pour des objectifs bien complexes. Tout ce processus est inhérent à la fluidité de la circulation et de la production humaines.

Le réseau de circulation en Côte d´Ivoire est tellement caduc qu´il nécessite une action urgente. En cela, il faut élargir ce réseau aux voies navales ivoiriennes. Les fleuves ivoiriens ont toutes les capacités requises pour mieux servir au développement du pays, mais hélas. Pour cette raison, nous devons rendre navigables nos fleuves dans les limites de notre territoire. Cela a pour conséquences immédiates la bonne circulation de la production tant agricole qu´industrielle.

Nous avons en plus de l´océan, quatre grands fleuves avec chacun leurs affluents. Si, et cela comme nous le voyons chez les occidentaux, nos fleuves sont dégagés pour assurer leur participation économique dans ce vaste processus, il n´y a pas de doute que le pays gagne en capitaux inestimables sur sa voie d´émergence pour devenir incontournable dans la sous-région ouest africaine et au-delà.

En plus de la voie navale, il faut développer un chemin de fer répondant aux aspirations à assigner à notre pays. Ces infrastructures doivent permettre la communication permanente entre les ivoiriens mais aussi entre les secteurs de production ivoiriens et entre notre pays et le reste de l´Afrique.

Au-delà, il se pose le problème d´engager l´état ivoirien sur la voie irréversible de son développement structuro-économique. Pour cela, il nous faut savoir prévenir ou prévoir le budget de l´état pour mieux absorber ses dépenses.

Plutôt que d´investir dans des édifices monumentaux ou des édifices publics ou encore plutôt que de dégager des budgets de souveraineté alloués au fonctionnement de la présidence de la république et autres ministères, nos efforts doivent nous obliger à investir ces fonds dans des secteurs capables de relancer mais aussi de relever le pays sur sa route du développement économique et du progrès social.

Le désengorgement de l´état ivoirien passe nécessairement par une structuration moderne de la Côte d´Ivoire et cela appelle à l´innovation à risque. Un pays dans lequel le cafouillage prospère au détriment des lois et autres mesures en vigueur, il faut finalement avoir l´audace et le goût du risque pour emmener les uns et les autres à connaître leurs devoirs mais aussi leurs droits.

Et la prise de conscience de son état d´être se soumet obligatoirement aux règles communautaires en vigueur. Il nous faut civiliser le cadre de vie de l´ivoirien. Pour cela, chacun des ivoiriens doit avoir une adresse précise pour ne pas parler d´une immatriculation à l´état civil, un certificat de résidence.

Cela a non seulement le bénéfice de faciliter automatiquement les opérations de recensement et d´identification mais aussi et surtout de réduire les forfaits du banditisme. En plus, il sera facile pour les services de revenus publics de fonctionner sans trop de problèmes administratifs.

Chacun des Ivoiriens doit pouvoir payer ses impôts et à la fin de l´année faire sa déclaration d´impôts. Cela n´est pas possible actuellement parce que trop d´ivoiriens et de non ivoiriens travaillent au noir dans notre pays. Et il faut mettre fin à cela par l´organisation de la vie professionnelle de nos concitoyens.

Il nous faudra créer un registre de contrôle sur les taxes pour se rassurer de leur effectivité dans l´exercice économique des ivoiriens. Il faudra en finir avec ce désordre entretenu sur les marchés publics ivoiriens qui empêchent l´état ivoirien de rentrer dans les fonds à lui nécessaires pour faire face à ses engagements. Il faudra organiser le commerce en côte d´ivoire. Tous les marchés publics grands ou petits doivent avoir une administration chargée de gérer leur bon fonctionnement. Prendre des décrets qui nomment les directeurs généraux de ces marchés à travers tout le pays. Parce que les taxes dans l´exercice économique de financement et de ressources alloués à l´état jouent un rôle prépondérant, il faut y asseoir une rigoureuse administration dans la gestion de la chose publique pour savoir répondre efficacement de ses engagements mais aussi connaître l´effectivité de son rendement. Parce que si chaque administration fonctionne selon les prescriptions convenues et si chaque citoyen est rémunéré honnêtement selon la dimension de son travail, la corruption n´aura plus droit de cité et chacun s´emploiera à la repousser.

Le commerce qu´il soit grand ou petit doit être soumis à un contrôle rigoureux pour mieux satisfaire aux attentes des parties qui s´y engagent. Car chaque petite activité qu´elle soit commerciale ou professionnelle est génératrice de moyens financiers.

Dans le cadre de l´identification des ivoiriens, la poste et la banque doivent jouer un rôle prépondérant.

La poste se doit d´innover dans son domaine pour désenclaver tout le territoire. Il faut en finir avec cette vie anonyme que vivent les ivoiriens dans leur propre pays. À ce niveau, le code postal doit lentement céder la place au numéro de rues, comme le fax, le télex ou le télégramme l´ont fait pour l´internet (email). Chaque ivoirien ou chacun de ceux qui vivent dans les limites du territoire ivoirien peu importe l´endroit et son accession, doivent avoir une adresse, synonyme de leur numéro matricule à l´état civil. Et chaque nouveau venu doit se déclarer ou doit se faire déclarer. Pour cela, il y a un besoin de réorganisation de la police pour lui confier un plus vaste champ d´action. Notre pays est incapable de faire une étude exacte du nombre de ses habitants parce qu´il est encore beaucoup trop enclavé. Les villes et les villages sont incapables de fournir le nombre exact de leur population parce que le désordre y règne en maître absolu. Il faut mettre fin à cette situation qui n´a fait que trop durer. Dans notre démarche nous devons faire comprendre à nos concitoyens la nécessité d´une telle organisation parce que notre volonté est de sortir le pays d´un chaos coutumier certain qui agit contre sa bonne marche vers le développement moderne.

La banque, elle doit être l´antécédent qui accompagne ce nouveau processus d´identification. Et chacun des ivoiriens ou tous ceux qui vivent en côte d´ivoire doivent avoir un compte bancaire. Pour cela, l´ouverture d´un compte en banque doit être gratuite. Comme tous les autres secteurs, la banque aussi doit jouer un rôle primordial dans ce nouveau processus. Elle doit être un instrument de développement économique et non le contraire. Comme c´est malheureusement actuellement le cas. En plus de ce qu´elle doit encadrer les projets d´investissements et doit permettre la concurrence pour la qualité des projets à financer, la banque doit définir les critères à elle opérationnels pour la multiplication des capitaux qui doivent soutenir cette nouvelle vision financière dans le développement économique de notre pays.

À cela, il faut ajouter l´interdiction formelle aux ivoiriens d´avoir des comptes bancaires hors du territoire ivoirien. Parce que le stockage des capitaux en banque est synonyme de leur multiplication qui favorise la liquidité qui elle soutient effectivement les ambitions de développement et est source de création de nouveaux emplois par les investissements.

Les municipalités ou communes en côte d´ivoire doivent jouer un rôle accompagnateur de ce nouveau processus de développement pour permettre le désenclavement du territoire ivoirien.

À ce niveau, la chose la plus urgente est la gestion des ordures ménagères et l´entretien des rues. À côté de cela, les communes dans notre pays doivent pleinement se faire sienne la lutte contre le phénomène des bidons-villes, nid de malversations de toutes sortes. Et l´état doit dégager un budget spécialement de leur fonctionnement pour la réussite de cet engagement. Dans chaque petit coin (ville ou village) de notre pays, nous devons avoir des structures de première nécessité tels l´école, la banque, le dispensaire, un poste de police, un bureau de poste, un service de l´état civil, une salle de jeu et un espace de divertissement.

Et au terme d´un tel processus, l´on sentira la réelle volonté des hommes politiques à œuvrer en la faveur d´un vrai mérite ivoirien. Toute démarche qui s´en éloigne sera considérée comme un mépris et une conspiration de la volonté par la majorité des Ivoiriens exprimée.

Jean Dekpai
Journaliste reporter
Diplômé en Gestion d´Entreprise

Source : connectionivoirienne.net

Les Verts D'Europe  verts au parlement europeen       Le logo des verts de France  Ecolo   FéPEV-RAO     

Reproduction interdite du site

haut de page haut de page