Le parti Ecologique Ivoirien

SIGNATURE D'ACCORD ENTRE L'ETAT IVOIRIEN ET LA SOCIETE « TRAFIGURA »


L'INTEGRALITE DU PROTOCOLE D'ACCORD ET DU DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO

  (14-février-2007) (Source: macotedivoire.info )

La société « TRAFIGURA », propriétaire des déchets toxiques déversés en août dernier sur certains sites d’Abidjan, a signé ce mardi 13 février 2007, avec l’Etat de Côte d’Ivoire, un accord par lequel il s’engage à lui verser 100 milliards de FCFA en guise de dédommagements.

PROTOCOLE D’ACCORD

Entre

1. L’Etat de Côte d’Ivoire, personne morale de droit public,

agissant tant en son nom propre, qu’au nom de ses démembrements (notamment les personnes morales de droit public et sociétés à participation financière publique), des collectivités locales et de toutes les victimes des déchets toxiques,

représenté par Monsieur Laurent GBAGBO, Président de la République de Côte d’Ivoire et agissant pour les besoins des présentes, par Monsieur TAGRO Asségnini Désiré, Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, suivant pouvoir joint en annexe.

d’une part,

ET

2. La société Trafigura Beheer B.V, société de droit néerlandais, sise Van Heuven Goedhartlaan 937, 1181 LD Amstelveen Pays-Bas,

représentée par Monsieur Eric de Turckheim (administrateur) et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 1er février 2007

Ci-après dénommée « Trafigura Beheer BV »

3. La société Trafigura Limited, société de droit anglais dont le siège social est sise Portman House 2 Portman Street W1H 6DU Londres Grande Bretagne, société en charge de la gestion opérationnelle des Parties Trafigura (Tel que ce terme est défini ci-après)

représentée par Monsieur Eric de Turckheim et Monsieur Pierre Eladari, dûment habilités à cet effet par procuration en date du 2 février 2007 Ci-après dénommée « Trafigura Ltd », 4. La société Puma Energy Côte d’Ivoire, société anonyme de droit de Côte d’Ivoire au capital de 75. 000. 000 francs CFA, sise rue du canal de Vridi, 15 B.P. 522 Abidjan 15

représentée par son administrateur général, Monsieur Pierre Eladari,

Ci-après dénommée « Société Puma »

Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd, Société Puma, agissant à titre conjoint et solidaire et étant ensemble désignées les « Parties Trafigura »,

Les parties Trafigura agissant tant en leur nom propre qu’au nom et pour le compte (i) de leurs dirigeants, salariés et préposés, (ii)) de l’ensemble des sociétés dans lesquelles Trafigura Beheer BV détient directement ou indirectement une fraction quelconque du capital ou des droits de votes, et (iii) des dirigeants, salariés et préposés des sociétés visées au (ii) ci-dessus.

d’autre part,

IL A ETE PREALABLEMENT EXPOSE CE QUI SUIT

1. Les Parties Trafigura exercent leurs activités dans le secteur de l’énergie et des métaux de base.

Trafigura Beheer B.V est la société mère.

Monsieur Claude Dauphin est Président de Tragfigura Beheer BV,

Trafigura Ltd, filiale de Trafigura Beheer BV, assure la gestion opérationnelle des activités des Parties Trafigura.

Monsieur Jean-Pierre Valentini est salarié de Trafigura Ltd.

La Société Puma est une filiale de Trafigura Beheer BV qui développe en Côte d’Ivoire des activités de stockage, distribution et vente au détail de produits pétroliers.

Monsieur N’Zi Kablan est administrateur général adjoint de la Société Puma.

2. Le Probo Koala, navire affrété par la société Trafigura Beheer BV, a déchargé 528 m3 de slops dans le port d’Abidjan le 19 août 2006.

Aux termes d’accords en date du 18 août 2006, ces slops ont été confiés à la Compagnie Tommy, qui s’est engagée à procéder à leur élimination conformément à la réglementation en vigueur.

3. Les 19 et 20 août 2006, la Compagnie Tommy a confié ces slops à divers prestataires qui les ont déversés dans plusieurs communes du District d’Abidjan.

Les jours suivants, de nombreux habitants d’Abidjan se sont plaints d’une forte odeur et de troubles respiratoires. Certains d’entre eux ont été hospitalisés. Des décès ont été recensés.

A la suite des évènements visés aux paragraphes 2 et ci-dessus (les "Evènements"), autrement appelés affaire des déchets toxiques, les autorités judiciaires ivoiriennes ont diligenté une enquête qui a conduit à l’inculpation de plusieurs personnes dont Monsieur N’Zi Kablan, placé sous mandat de dépôt le 1er septembre 2006.

Ce dernier a été poursuivi sur le fondement de trois incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances novices ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

5. La société Trafigura Ltd s’est constituée partie civile le 8 septembre 2006, entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau afin d’apporter son soutien aux autorités ivoiriennes et d’apprécier les causes et l’étendue de son préjudice consécutif aux Evènements.

6. Messieurs Dauphin et Valentini, qui s’étaient rendus à Abidjan pour témoigner de la compassion et de l’appui des Parties Trafigura à la Côte d’Ivoire, ont été inculpés et placés sous mandat de dépôt le 18 septembre 2006.

Ils ont été poursuivis sur le fondement de quatre incriminations :

- Les dispositions de la loi ivoirienne portant protection de la santé publique et de l’environnement contre les effets des déchets industriels toxiques et nucléaires et des substances nocives ;
- Les articles 342 alinéa 4, 343 et 348 du Code pénal ivoirien ;
- Les dispositions de la Convention de Bâle sur les mouvements transfrontières des déchets dangereux et leur élimination ;
- Les articles 97, 99 et 101 du Code de l’Environnement ivoirien.

7. Parallèlement, l’Etat ivoirien a assigné les 5 et 17 octobre 2006 différentes parties impliquées dans les Evènements, dont les sociétés Trafigura Beheer BV, Trafigura Ltd et la Société Puma devant les tribunaux civils ivoiriens, aux fins d’obtenir leur condamnation solidaire au versement immédiat d’une somme provisionnelle de 5000 milliards de francs CFA ainsi qu’au paiement de sommes devant être déterminées par un collège d’experts désigné par le tribunal.

8. En outre, la société Leigh Day & Co, a assigné Trafigura Ltd devant les juridictions britanniques le 6 et 7 novembre 2006, au nom de 11 plaignants, afin d’obtenir un Group Litigation Order et la condamnation de Trafigura Ltd au paiement de dommages et intérêts en réparation du préjudice que les personnes réunies au sein du Group Litigation Order estiment avoir subi à la suite des Evènements.

Par ailleurs, des investigations sur le Probo Koala et sur sa cargaison ont été effectuées par les autorités publiques des Pays-Bas et d’Estonie.

9. Le 22 décembre 2006, Messieurs Daphin et Valentini ont bénéficié d’une ordonnance de mise en liberté provisoire prononcée par le juge en charge de l’instruction ouverte devant le tribunal de Première Instance d’Abidjan-Plateau. Cette mise en liberté provisoire est subordonnée au paiement d’un cautionnement de 2.5 milliards de francs CFA par inculpé et à l’émission d’une caution bancaire solidaire de 10 milliards de francs CFA.

Cette ordonnance a fait l’objet d’un appel du Procureur de la République du Tribunal de 1ère Instance d’Abidjan Plateau, actuellement pendant.

A la date des présentes, Messieurs Dauphin, Valentini et Kablan demeurent en détention.

10. Les parties conviennent que leur objectif prioritaire est de fournir une assistance à toute personne physique ou morale ayant subi un préjudice direct ou indirect à la suite des Evènements (y compris leurs ayant droits) et de permettre auxdites personnes d’obtenir réparation de leur préjudice (ci-après les "Victimes").

11. Par ailleurs, conscientes du caractère fâcheux pour leur réputation et leur image à la suite de l’affaire dite des déchets toxiques, et soucieuses de consolider leurs liens forts avec la Côte d’Ivoire, les Parties Trafigura ont demandé une transaction avec l’Etat de Côte d’Ivoire, en la personne du Président de la République, lequel a désigné son Conseiller Spécial chargé des Affaires Juridiques, pour y procéder.

L’Etat de Côte d’Ivoire accepte cette proposition et confirme pour sa part sa volonté d’accueillir avec bienveillance les activités des Parties Trafigura sur le sol ivoirien et plus généralement reconnaît que les activités des Parties Trafigura contribuent, à travers la Société Puma, à l’amélioration de son environnement global.

12. C’est dans ce cadre qu’après discussions et échanges de vues les parties se sont rapprochées et ont décidé par le présent protocole de mettre fin définitivement aux différents litiges exposés ci-dessus de manière transactionnelle en se consentant les concessions réciproques exposées ci-après, sans que ces dernières puissent être analysées en une quelconque reconnaissance de responsabilité par l’une des parties ou une reconnaissance des allégations de l’autre partie.

CECI ETANT EXPOSE, LES PRTIES SONT CONVENUES DE CE QUI SUIT :

1. OBJET DU PROTOCOLE

Le présent protocole d’accord a pour objet de résoudre de manière globale tout litige présent ou à venir consécutif aux Evènements survenus sur le territoire de la Côte d’Ivoire.

2. ENGAGEMENTS DES PARTIES TRAFIGURA

2.1 Les Parties Trafigura s’engagent à verser à l’Etat de Côte d’Ivoire la somme forfaitaire et définitive de 95 milliards de francs cfa (95.000.000.000 francs CFA) aux fins d’affectation :

- d’une part, à hauteur de 73 milliards de francs cfa (73.000.000.000 francs CFA), à la réparation des préjudices subis par l’Etat de Côte d’Ivoire, ainsi qu’à l’indemnisation des victimes ;

- d’une part, à hauteur de 22 milliards de francs cfa (22.000.000.000 francs CFA), au remboursement des frais de dépollution qu’aurait pu exposer l’Etat de Côte d’Ivoire dans le cadre du contrat conclu avec la société Tredi le 23 septembre 2006 et de son avenant en date du 6 octobre 2006 (joint en Annexe) relatif au traitement des déchets issus du déchargement des slops du Probo Koala (ci-après le « Contrat Tredi »)

2.2 Les Parties Trafigura s’engagent à prendre en charge l’identification et la dépollution complémentaire des sites pouvant encore contenir des déchets se rapportant aux Evènements.

A cet effet, dans les 30 jours de la signature du présent protocole, les Parties Trafigura se rapprocheront du CIAPOL et du BNETD, et/ou de tout autre organisme compétent aux fins de réalisation d’un audit par des sociétés de renommée internationale sur l’état d’avancement et les conditions d’exécution du Contrat Tredi.

En conséquence, l’exécution de la dépollution complémentaire débutera sous le contrôle desdites parties, du CIAPOL et du BNETD dans les 3 mois de validation par les Parties Trafigura, le CIAPOL et le BNETD des conclusions de l’audit visé au présent paragraphe 2.2.

L’exécution en sera assurée par la société Tredi ou par toute autre entreprise disposant de moyens techniques satisfaisants et fera l’objet d’un constat contradictoire par les sociétés ayant réalisé l’audit.

Les frais relatifs à l’audit et au constat prévus au présent paragraphe 2.2 seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.3 Afin de garantir la bonne exécution des obligations des Parties Trafigura au titre du paragraphe 2.2, la Société Puma s’engage à constituer un nantissement sur (7) sept bacs de stockage de produits pétroliers lui appartenant référencés 1 à 7 sis rue du Canal de Vridi, 15 BP 522 Abidjan 15, au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire.

Les frais relatifs au nantissement visé ci-dessus seront pris en charge par les Parties Trafigura.

2.4 L’Etat de Côte d’Ivoire envisage de construire une usine de traitement des déchets ménagers dans le District d’Abidjan.

Après l’inauguration de ladite usine, les Parties Trafigura à travers la Société Puma, paieront, sous forme d’aide à l’Etat de Côte d’Ivoire, la somme de cinq milliards (5.000.000.000) de francs CFA.

3. ENGAGEMENTS DE L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

3.1 L’Etat de Côte d’Ivoire constate que les Parties Trafigura ont fait la preuve de leur sens des responsabilités et de leur volonté de s’intégrer dans le tissu économique de Côte d’Ivoire, et sont dès lors habilitées à poursuivre leurs activités dans ce pays.

3.2 L’Etat de Côte d’Ivoire s’engage à :

- Garantir les Parties Trafigura qu’il fera son affaire de toute réclamation au titre des Evènements ;

- Prendre toutes mesures appropriées visant à garantir l’indemnisation des Victimes des Evènements.

4. RENONCIATIONS RECIPROQUES

4.1 Les parties Trafigura renoncent définitivement à toute réclamation de quelque nature que ce soit à l’égard de l’Etat de Côte d’Ivoire dès lors qu’elle aurait pour cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement, les Evènements.

En conséquence, la société Trafigura Ltd se désistera de sa constitution de partie civile déposée le 8 septembre 2006 entre les mains du doyen des juges d’instruction près le Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau.

4.2 L’Etat de Côte d’Ivoire renonce définitivement à toute poursuite, réclamation, action ou instance présente ou à venir qu’il pourrait faire valoir à l’encontre des Parties Trafigura dès lors que ces poursuites, réclamations, actions ou instances ont ou auraient comme cause, conséquence ou objet, directement ou indirectement les Evènements.

En conséquence, l’Etat de Côte d’Ivoire :

- se désiste formellement de l’action en responsabilité et en dommages et intérêts actuellement pendante devant la première chambre p résidentielle du Tribunal de première instance d’Abidjan Plateau et de sa constitution de partie civile devant les juridictions d’instruction dans les poursuites engagées contre les Parties Trafigura ;

- donne main levée de toutes mesures de saisie ou plus généralement de toute prise de garantie ou sûreté au préjudice des Partie Trafigura, et notamment des mesures ayant été prises en application des ordonnances signifiées les 17 octobre 2006 et 23 janvier 2007.

5.MODALITES D’EXECUTION DU PROTOCOLE D’ACCORD

5.1 Au titre de paiement

Antérieurement à la signature du présent protocole, la Banque Internationale pour le Commerce et l’Industrie en Côte d’Ivoire, dite BICICI, aura émis au profit de l’Etat de Côte d’Ivoire, l’engagement irrévocable de payer le montant convenu à l’article 2.1 ci-dessus.

Sur présentation du présent protocole dûment signé ainsi que des documents nécessaires, la banque effectuera automatiquement le virement sur un compte ouvert au nom de l’Etat de Côte d’Ivoire.

5.2 Au titre de la réalisation et de la mainlevée du nantissement

A défaut de début d’exécution de la dépollution complémentaire dans les délais prévus au 3ème paragraphe de l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire pourra réaliser le nantissement consenti par les Partie Trafigura, à due concurrence du montant de la dépollution tel qu’il résultera de l’audit.

Dès l’établissement du constat de fin d’exécution de la dépollution complémentaire tel que prévu à l’article 2.2. des présentes, l’Etat de Côte d’Ivoire donnera mainlevée pleine et entière du nantissement consenti par les Parties Trafigura ;

Chaque partie s’emploiera à accomplir, ou faire accomplir, tous les actes nécessaires à la parfaite exécution du présent accord.

6. PUBLICITE

Les termes du présent protocole d’accord seront rendus publics.

7. RESOLUTION DES LITIGES

Les parties s’efforceront de traiter à l’amiable tout différend susceptible d’affecter la validité, l’interprétation et/ou l’exécution du présent accord.

A défaut, les différends seront tranchés par les juridictions compétences ivoiriennes conformément au droit ivoirien.

8. AUTORITE DE LA CHOSE JUGEE

Les parties s’engagent à exécuter de bonne foi le présent protocole valant transaction aux termes des dispositions de l’article 2044 du Code civil ivoirien et ayant l’autorité de la chose jugée en dernier ressort.

Fait le

A

En quatre exemplaires originaux, dont un remis à chacune des parties

1. Pour l’Etat de Côte d’Ivoire
Monsieur Désiré Asségnini TAGRO, Conseiller Spécial de la Présidence de la République, en vertu du pouvoir à lui conféré par le Président de la République, Monsieur Laurent GBAGBO

2. Pour Trafigura Beheer BV
Monsieur Eric de Turkheim – Monsieur Pierre Eladari

3. Pour Trafigura
Monsieur Eric de Turckheim – Monsieur Pierre Eladari

4. Pour Puma Energy
Monsieur Pierre Eladari




DISCOURS DU PRESIDENT LAURENT GBAGBO AU TERME DU PROTOCOLE D’ACCORD ENTRE TRAFIGURA ET L’ETAT DE COTE D’IVOIRE

Messieurs les avocats ;
Monsieur le Procureur ;
Monsieur le Directeur ;
Messieurs les journalistes ;

Un accord vient d’être signé entre le groupe Trafigura et l’Etat de Côte d’Ivoire. Vous savez tous ce qui s’est passé. Nous avons eu ce qu’on appelle le déversement des déchets. On a eu beaucoup de dégâts. Nous avons eu entre 10 et 15 morts. Je suis passé dans les familles pour présenter les condoléances de l’Etat mais je crois que je n’ai pas pu retrouver toutes les familles.

Il y a eu environ 1.000 blessés hospitalisés. Et nous avons eu environ aussi 100.000 consultations hospitalières externes.
Quant à la pollution, ce sont les techniciens qui peuvent la décrire de façon technique mais on a eu beaucoup de dommages au niveau des hommes, de la faune, de la flore. Mais on ne peut pas pleurer tout le temps. Il arrive un moment où il faut régler les problèmes et avancer.

Donc, il y a beaucoup de gens qui sont venus me voir pour engager la négociation. Elle n’a pas eue lieu plus tôt parce que c’est le temps, comme je dis c’est l’autre nom de Dieu, qui efface les amertumes et les mauvais souvenirs.

On ne peut pas au moment où les gens pleurent, décider de régler un problème. Il faut attendre que les gens soient à même de comprendre où on va. Je crois qu’aujourd’hui, le temps est venu de régler ces problèmes là.
Donc, ceux qui sont venus nous voir auparavant, ce n’est pas parce qu’ils ont été mauvais mais c’est parce que le temps n’était pas venu de régler tous ces problèmes.

Mon émissaire et ceux de Trafigura ont bien discuté. J’ai tenu à prendre constamment conseil auprès du ministre délégué à l’économie et aux finances et j’étais en contact permanent avec le procureur. Mais là-dessus, je voulais quand même dire quelque chose avant de continuer parce qu’il y a beaucoup de bruits qui circulent et qui ont circulé à Abidjan et ailleurs.

On a dit : "il y a des gens de Trafigura qui sont arrêtés, Gbagbo ne veut pas qu’on les sorte et il a demandé au Procureur de les boucler." Mais un homme ne peut pas chercher à nuire à un autre homme gratuitement. Ce n’est pas possible. Je voudrais expliquer sur ce point précis qu’effectivement, le procureur de la République, d’Abidjan, m’a demandé une fois par écrit s’il pouvait accepter la liberté provisoire ordonnée par le juge d’instruction. J’ai dis à mon conseiller d’écrire au procureur que je refuse. Il faut que j’explique pourquoi.

Vous savez qu’il y a des moments où les plaies sont tellement béantes et le peuple est tellement en colère qu’il y a des actes qui posés à ces moments là, soulèvent le peuple au lieu d’effacer le problème. Ce dont les gens ne se rendent pas souvent compte, c’est que la crise des déchets toxiques a soulevé une très grande émotion en Côte d’Ivoire à tel point que le gouvernement de la République de Côte d’Ivoire, et c’est la première fois depuis 46 ans, a rendu en bloc sa démission. Démission que j’ai acceptée avant de demander au premier ministre de former un nouveau gouvernement. Ce qu’il a fait dans la semaine qui a suivi.

Donc, quand il y a une si grande passion qui nous oblige à mettre balle à terre et à agir tranquillement pour arriver à la solution qu’il faut. Mais on ne peut pas dans la foulée, dire qu’on va passer outre les émotions de la population parce que nous vivons, nous hommes politiques, grâce aux émotions de la population.

Donc, à ce moment là, oui ! J’avais demandé au procureur Tchimou, de demander le surseoir. Mais aujourd’hui, un autre temps est arrivé. Aujourd’hui, les gens comprennent.

C’est ce que je voulais expliquer parce que beaucoup de personnes ont jugé autrement. Je voulais dire aux uns et aux autres que ma démarche est toujours politique. Quand je pose un acte, ne recherchez pas autre chose que de la politique. C’est le seul travail que je fais.

Donc, on a discuté, est tombé d’accord avec le groupe Trafigura. Les sommes en cause sont importantes. Le ministre a reçu la lettre de crédit de la banque BICICI représentant ici la banque Paribas.

Alors, je souhaite que le directeur du Trésor garde cette somme et travaille sur les listes parce que mes 2 préoccupations sont que le peuple et l’Etat soient dédommagés. Or, nos amis du groupe Trafigura ont accédé à nos demandes.

Je serai sauvage envers celui qui cherchera à détourner cet argent. Donc, il faut que le Trésor garde cet argent, qu’on fasse les listes et qu’on étudie les modalités de secours à apporter aux uns et aux autres. Il y a des personnes qui sont mortes. L’argent ne peut pas les ressusciter. Mais il faut que nous-mêmes en tant qu’Etat nous étudiions avec les victimes, le moyen de les secourir moralement pour qu’au moins ils trouvent une petite compensation dans les sommes que nous allons leur donner. Il faut chercher la liste, elle existe. Et puis, il faut les dédommager aussi.

Il faut dédommager l’Etat qui a dépensé de l’argent pour la dépollution. Il faut que nous-même, nous travaillions à cette dépollution constante pour que au bout de quelque temps, on n’ait plus qu’un vague souvenir de la pollution.

Donc je confie la gestion au ministre Diby qui s’occupe des finances de l’Etat mais qui est en même temps Directeur Général du Trésor. Il faudra que vous travailliez tranquillement, doucement. Listez tous ceux qu’il faut lister pour que l’Etat fasse son travail.

Je voudrais dire aux Ivoiriens qu c’est un bon accord qui nous permet de faire face au dédommagement de tous ceux qui ont été touchés et qui nous réclame les dédommagements depuis un moment. Donc, nous avons aujourd’hui, par cet accord les moyens de les dédommager. Mais là encore, il faut que les gens restent dignes. Il ne faut pas que les gens cherchent à percevoir indûment l’argent auquel ils n’ont pas droit.

Je voudrais pour terminer dire qu’il ne faut pas chercher à s’enrichir sur le dos d’un malheur. Et je voudrais dire aux représentants de Trafigura, c’est déjà écrit dans la convention, qu’ils peuvent continuer à faire des affaires en Côte d’Ivoire. Nous sommes un pays dont le libéralisme ne s’est jamais démenti. Mais il faut que dorénavant, nous fassions attention. Je voudrais lancer un appel à tous ceux qui font des affaires dans notre pays pour dire qu’il faut que nous prenions des précautions. Au ministère de l’environnement, de mettre en place des armatures juridiques plus sévères. A tous les chefs de service, d’être très regardant.

Je voudrais féliciter les gens de Trafigura parce que la discussion a été bonne. Il y a eu beaucoup d’interférences et de racontars. Mais notre porte vous est ouverte.
Il faut que tous ceux qui travaillent dans notre pays sachent que la porte est là, elle est ouverte. S’ils posent des problèmes, on leur dira oui ou non mais au moins ça aura le mérite de la clarté.

Je vous remercie d’avoir compris nos préoccupations. Je félicite Taro pour avoir travaillé. Je félicite Diby pour nous avoir sorti des documents. Je félicite tous les ministres qui ont travaillé à ça. Et surtout, j’ai tenu à ce que ce document soit un document public. Parce que dès que quelque chose est secret, on croit qu’on cache des choses. Nous n’avons rien à cacher. Donc, je demande au service Communication de la Présidence de multiplier ce document et le partager dans tous les organes de presse ivoiriens comme non ivoiriens.

Mais la justice continue. Parce qu’en dehors des dédommagements, il y a d’autres aspects que la justice va continuer à creuser.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie. A vous d’informer l’opinion pour que les gens sachent ce qui s’est passé et qu’ici, nous sommes dans une maison de verre.

Que Dieu nous bénisse, qu’il nous protège de tels malheurs.
Je vous remercie.

Source macotedivoire.info


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