Le Parti Ecologique Ivoirien




Ordures ménagères : La pré-collecte nourrit son homme



jeudi 12 juin 2008 - Par le Temps


La pré-collecte des ordures ménagères est une “mine d'or” pour les acteurs. “Il n'y a pas de sot métier. Pourvu qu'on le fasse correctement", dit l'adage. Cette marxisme semble réussir à Konan Maurice, 22 ans, ex-élève d'un lycée de la place. Lui, qui a abandonné bics, cahiers et autres effets scolaires pour s'adonner au travail de collecteur d'ordures ménagères dans le quartier chic de la Riviera 2 dans la commune de Cocody. Il explique qu'il s'est retrouvé dans ce corps de métier, qualifié par certaines personnes comme "salissant", en 2004 du fait de la crise de septembre 2002. Déplacé de guerre et sans moyen, il a décidé, avec plusieurs de ses camarades, de faire la pré-collecte d'ordures ménagères afin d'avoir la pitance quotidienne. " C'était dur les premiers jours de passer de cour en cour et collecter les ordures. Mais, finalement, j'ai fini à m'adapter ", lance-t-il, avec une certaine assurance. Il explique que certes ce métier est difficile avec tous les risques qu'il comporte, mais, est très intéressant. Son collègue, Serges Kissi qui opère lui aussi dans la zone des tours de la Riviera Golf dans la même commune de Cocody, ne se plaint pas de sa situation de pré-collecteur d'ordures ménagères. Engagé par une des dix sociétés de collecte d'ordures ménagères de la place, Serges Kissi, d'une trentaine d'année, explique lui aussi qu'il était un ancien d'un Lycée de la place. Ses parents décédés dans un accident de la circulation, il n'a trouvé mieux que de se "chercher" dans les ordures ménagères. "Je fais la pré collecte et je les vends aux différentes sociétés spécialisées de la place", fait-il remarquer. Avant d'ajouter que certes ce travail comporte des risques de maladies, telles que des maladies cardio-vasculaires, le cancer, le choléra…mais, selon lui, il est passionnant de le faire.
Un métier difficile, mais…

Un autre pré-collecteur rencontré dans les environs de l'Ecole nationale de la Police, avec un "wotro" (pousse-pousse) rempli d'ordures ménagères explique qu'il n'a pas le choix. "Nous prenons des risques pour nous débrouiller et avoir la pitance quotidienne ", lâche-t-il. Avant de dire que ce métier est mille fois mieux que d'aller commettre des crimes. En somme, combien gagnent ces jeunes infatigables qui se "débrouillent" dans les ordures ? A ce sujet, Ibrahim, jeune de 22 ans, opérant dans les ordures sous le pont non loin de la grande voie allant de Cocody à la Riviera 2 dit que les pré-collecteurs qui sont sur le terrain viennent leur vendre les ordures. La vente selon lui se fait au kilogramme pour certains ou dans les " pousse-pousse". Le prix au kilogramme varie entre 100 FCFA à 150 FCFA. Outre ce "petit" commerce, avec les responsables des sociétés de collecte, les prés-collecteurs se "tapent" d'autres petits "pactoles" avec les locataires et autres propriétaires de maisons. "Nous jugeons un prix avec les locataires ou les propriétaires de maisons qui, chaque fin du mois, nous versent quelque chose ", dit Abou Traoré, un jeune pré collecteur. Qui semble avoir sa petite société de pré collecte. Ce montant, selon lui varie entre 500 FCFA et 1000 FCFA par mois. Pour lui, cette modique somme permet à lui et à sa petite équipe de dix personnes de se soigner et de se nourrir. Il explique que certes, la pré-collecte des ordures nourrit son homme, mais, les acteurs ploient chaque jour sous le poids des maladies. " Nous avons de nombreuses difficultés. Nous enlevons toutes sortes de saletés. Nous respirons toutes sortes de déchets. Le peu d'argent que nous gagnons rentrent dans l’achat des médicaments", explique celui-ci presque les larmes aux yeux. Serges Kissi, revient à la charge pour dire que certains de leurs clients "locataires ou propriétaires", engagent des bras de fer inutiles avec eux pour une modique somme de 500 FCFA ou de 1000 FCFA. "Comment deviendra la devanture des foyers des populations abidjanaises, si nous ne faisons pas la pré-collecte pour ensuite les entreposer dans les grosses poubelles. "Nous combattons à notre niveau "la guerre" des ordures ménagères. Malheureusement, on ne nous respecte pas", lâche-t-il. Pour lui, les propriétaires et autres locataires doivent avoir un peu de respect à leur égard et leur faciliter la tâche, dans l'exécution de leur "métier". Parce que, dit-il, nous respirons les déchets et mourrons à leur place", indique-t-il. Et de se souvenir des nombreuses grèves des sociétés de ramassage des ordures ménagères et des déchets toxiques. "Nous étions sans grands moyens, à pied d'œuvre lors de ces malheureux évènements pour rendre Abidjan propre. Malheureusement, on ne nous considère pas", s'est-il empresser de dire. Avant de se presser pour dire que l'Etat ivoirien et les maires doivent se pencher sur leurs cas.


Joseph Atoumgbré
attjoseph@yahoo.fr

 




Source : news.abidjan.net

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