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Déchets toxiques: Abidjan réclame jusqu'à 340 M EUR de plus à Trafigura

ABIDJAN (AFP) - 15/06/2007 18h29

Ramassage de déchets toxiques

Ramassage de déchets toxiques, le 21 septembre 2006 à Abidjan

Les opérations de dépollution des déchets toxiques d'Abidjan, qui devaient être relancées à la fin février, n'ont pas repris faute d'autorisation administrative du gouvernement ivoirien, a indiqué vendredi à l'AFP la société française Trédi, chargée des opérations.

© AFP/Archives - Issouf Sanogo

 

logoLa Côte d'Ivoire estime que Trafigura devrait lui verser jusqu'à 340 millions d'euros supplémentaires pour payer le reste de la dépollution d'Abidjan après le déversement de ses déchets toxiques, dans un projet d'accord guère apprécié par la multinationale, qui le "récuse totalement".

Affréteur du cargo Probo Koala, venu décharger plus de 500 tonnes de déchets toxiques fin août 2006 à Abidjan au mépris des règles environnementales en vigueur, selon plusieurs rapport officiels, Trafigura avait signé un premier accord amiable avec l'Etat ivoirien le 13 février.

La multinationale lui avait alors versé 100 milliards de FCFA (152 millions d'euros) en échange de l'abandon des poursuites judiciaires dans cette affaire de pollution, qui a provoqué la mort d'au moins quinze personnes et l'intoxication de milliers d'autres selon le gouvernement ivoirien.

A la suite de cet accord, deux dirigeants français de Trafigura, emprisonnés depuis cinq moins à Abidjan, avaient été libérés.

En plus du versement de 152 millions d'euros, Trafigura s'était alors engagée à "prendre en charge l'identification et la dépollution complémentaire des sites pouvant encore contenir des déchets", selon l'accord.

Le 10 mai, elle a lancé avec les autorités ivoiriennes un "audit environnemental" pour évaluer les travaux de dépollution restants. "Les résultats (de cet audit) ne seront pas donnés avant plusieurs semaines", a précisé vendredi un représentant de Trafigura.

LOGOMais d'autres services de l'Etat ivoirien n'ont pas attendu ce délai, et estimé que Trafigura pourrait avoir à lui verser jusqu'à 222,44 milliards de FCFA (340 M EUR) supplémentaires sur dix ans, dans un projet d'accord amiable proposé à Trafigura, et dont l'AFP s'est procuré une copie vendredi.

L'argent de ce plan de dépollution complète, "entièrement financé par Trafigura", serait géré par la présidence ivoirienne et deux structures publiques, dont le Centre ivoirien antipollution (Ciapol), selon le texte.

Le rapport prévoit la mise en place de nombreux organes d'"études", de "suivi", d'"assistance" et de "protection" , le recrutement de personnels et l'achat de matériel nécessaire pendant toute la durée de la mission.

La multinationale a sèchement réagi. "Trafigura récuse totalement les chiffres qui sont annoncés dans le projet d'accord. C'est un document unilatéral qui émane des avocats de l'Etat ivoirien et qui n'engage que ses auteurs", a indiqué un de ses représentants à l'AFP.

Fin novembre, un rapport commandé par le Premier ministre de l'époque Charles Konan Banny avait souligné les "dysfonctionnements " et "insuffisances" de l'administration ivoirienne, dont le Ciapol, qui avait permis la pollution.

Il avait également pointé la corruption en vigueur dans plusieurs administrations concernées.

Confiés à la société française Trédi, les travaux de dépollution ont débuté à la mi-septembre pour s'interrompre début mars, faute d'une d'autorisation administrative du gouvernement ivoirien que Trédi réclamait pour démarrer leur dernière phase, alors que "2.500 à 3.000 tonnes" restaient à collecter.

Vendredi, le porte-parole de Trédi, Henri Petitgand, a indiqué à l'AFP être toujours "dans l'attente" de cette autorisation.

Près de dix mois après la pollution, les victimes des déchets toxiques se plaignent toujours de n'avoir reçu aucun dédommagement ou suivi médical, en dénonçant régulièrement un "détournement" par l'Etat des 152 millions d'euros déjà versés par Trafigura.

Jeudi, quelque jours après de nouvelles manifestations, le président ivoirien les a invités "au calme et à la sérénité", affirmant "sa volonté de mener l'indemnisation avec "rigueur" et "transparence" .

 

© 2007 AFP

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