Le Parti Ecologique Ivoirien



  Sidiki Konaté, membre du directoire politique des FN : “La date du 31 octobre est réaliste et objective”


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lundi 09 août 2010 - Par Le Patriote


    Sidiki Konaté est ministre du Tourisme et de l’Artisanat et également membre du directoire politique des Forces Nouvelles. Dans cette interview, il se prononce sur la présidentielle du 31 octobre prochain, donne sa position sur la célébration du cinquantenaire de notre indépendance, parle de la situation des démobilisés, pour qui il demande la mise en place d’un « plan Marshall » et de l’avenir des FN au terme du processus de sortie de crise.

Le Patriote : Monsieur le ministre, la Côte d’Ivoire vient de célébrer le cinquantenaire de son accession à l’Indépendance. Pour vous, quelles motivations revêt cette fête et comment avez-vous vécu personnellement ces moments ?
Sidiki Konaté : je rends grâce à Dieu qui a permis qu’on vive ce cinquantenaire. L’esclavage et la colonisation ont été une réalité. Le fait de s’en affranchir est un acte d’émancipation sociale, morale, politique et économique de haute portée. Pour moi particulièrement, c’est le point de départ de la construction de nôtre souveraineté par nous-mêmes et pour nous-mêmes. Beaucoup d’actions positives ont été posées dans tous les secteurs de développement et beaucoup restent à poser : c’est le défi que doivent relever les générations du deuxième cinquantenaire

L P : Quand vous regardez le parcours qui a été celui de notre pays, quels sont les sentiments qui vous animent ? Pensez-vous que cette indépendance a été mise à profit par nos différents dirigeants ?

S K : La construction d’une nation est profonde, complexe et constitue un travail de longue haleine fait par des générations successives. A ce stade précis, il y a eu pendant ces 50 ans, des hauts et des bas, des moments de prospérité, de doute, de trébuchement et de balbutiement… Mais il y a des acquis profonds sur lesquels nous pouvons nous relancer, si nous sortons de la longue et profonde crise identitaire, sociale et démocratique dès cette année 2010.

L P : Vous rentrez d’un conseil des ministres qui a arrêté la date du 31 octobre 2010 pour le premier tour de l’élection présidentielle. Pouvez-vous rassurer les Ivoiriens et les différents candidats que cette date ne sera pas encore manquée, comme les précédentes données depuis 2005 ?

S K : En tant que membre du gouvernement et acteur dans le processus de sortie de crise aux côtés du Premier ministre, secrétaire général des forces nouvelles, je peux vous assurer que cette date est objective. On a retenu cette date sur la base du volume de travail effectué au niveau du processus de sortie de crise, plus précisément au niveau du processus électoral : après les audiences foraines, l’enrôlement, les croisements établies sur les fichiers, l’établissement de la liste grise et blanche, l’établissement de la liste provisoire, l’ouverture du contentieux et la fin de la vérification technique, nous sommes enfin à quelques jours de la liste électorale définitive. L’établissement de la liste définitive va permettre très rapidement que les techniciens produisent les cartes d’identité, les cartes d’électeurs. Avec l’aide de Dieu, le mois de septembre verra la production et le début de la distribution de ces documents précieux. Donc techniquement, cette date est réaliste et objective.
Sur le plan de la réunification du pays et de la sécurisation du processus électoral, le travail avance considérablement : A la fin du mois d’août, les premières équipes mixtes de douane seront installées aux frontières de la partie Nord rendant ainsi effective l’unicité des caisses ; l’encasernement a commencé avec les moyens de bord et va s’étendre progressivement à Séguéla, Man puis Bouaké. Au début octobre, nous pourrons faire le point sur l’encasernement qui avance en fonction des moyens financiers et logistiques dégagés au fur et à mesure. Tout le monde y travaille dans le silence et dans la sérénité. Ce n’est pas aussi simple qu’on le croit, mais nous nous battons pour que ce volet sécuritaire de l’accord politique indispensable à la tenue des élections puisse avancer considérablement avant le jour j.
Les états-majors des forces présentes en côte d’ivoire (FANCI, FAFN, Forces Impartiales) travaillent aussi en silence sur la question essentielle de la sécurisation des élections sur toute l’étendue du territoire ; un plan sécuritaire global sur les élections sera présenté à la nation au plus tard fin septembre début octobre. Certes, il y a des problèmes logistiques et financiers qui se posent, mais tous les efforts sont concentrés par le gouvernement et les forces pour juguler ce déficit ; mais je puis vous assurer qu’il n’y a aucune mauvaise volonté. Soyez assurés que si nous bouclons aussi rapidement le chapitre des cartes d’identités et des cartes d’électeurs, tous les efforts humains, matériels et financiers seront déployés sur la question militaire (armée nouvelle, cci, démobilisés, milices…) De ce côté, vous verrez que les choses iront plus vite qu’on le croit si toutes les énergies se concentrent sur la question. Avec l’aide de Dieu.

LP : Surtout que la question cruciale des indemnités des démobilisés ne semble pas encore à l’ordre du jour au niveau du gouvernement…

S K : C’est ce qui est sous-entendu par ce que je viens de dire. Mais déjà un travail technique a permis à ce jour d’établir la liste exacte des démobilisés sur toute l’étendue du territoire. Selon le profilage effectué, on a une idée du volume et du coût des projets de réinsertion. Un travail intense se fait en ce moment avec le gouvernement, les structures en charge et les bailleurs de fonds pour donner des réponses adéquates à ces projets. Il est clair que dans le schéma global de sortie de crise, nous suivons de près les avancées sur la réinsertion des ex-combattants non retenus pour la nouvelle armée. C’est une frange importante et exigeante. Plus on avance vers des élections, plus cette frange devient inquiète et troublée sur sa réinsertion dans le tissu socioéconomique tel que prévu par les accords politiques. Pour les derniers mois qui nous séparent des élections prévues le 31 octobre, un véritable plan Marshall s’impose pour satisfaire le maximum de projets de réinsertion des démobilisés. C’est une urgence ! C’est l’une des raisons qui poussent à installer rapidement dans les zones centre, nord et ouest, les caisses de l’Etat, en vue d’inciter l’Etat (qui appuie déjà fortement toutes les opérations militaires du processus), à prioriser la réinsertion des ex-combattants dits démobilisés dans un budget consolidé.

L P : Récemment, un quotidien de la place vous a attribué des propos selon lesquels sans les Forces Nouvelles, des personnalités ne seraient pas candidates à l’élection présidentielle. Vous avez certes produit une mise au point, mais une certaine opinion reste sceptique. Quel a été véritablement le discours que vous avez livré à Ferké ?

S K : c’est injuste et inexact, l’accusation parue ‘‘en grand’’ à la une d’un journal. J’ai produit un démenti qui a été largement lu dans votre quotidien et sur la toile. Je m’en tiens à ce démenti. Je ne peux rien pour les « sceptiques ». Qu’est-ce qui fait l’unanimité ici-bas sur la terre ? Le journaliste en question m’a même appelé pour s’excuser. Il reconnait avoir écrit un article qui n’avait rien à voir avec la cérémonie. Je ne sais pas ce qui l’a motivé à écrire ce qu’il a écrit, mais je pardonne et j’avance. Je pense que les lecteurs ne sont pas dupes car beaucoup ont compris la fausseté d’une telle accusation, en comparant les articles parus sur le même évènement dans d’autres journaux. Je sais tout simplement que ma position auprès du secrétaire général des forces Nouvelles dérange des gens qui manœuvrent à tout vent pour me discréditer, me dénigrer ou susciter ce genre d’articles. Moi, je crois en Dieu et au destin. Je suis depuis 1990 dans l’arène syndicale et politique avec le Premier ministre Guillaume Soro. Je ne me laisserai pas distraire par de petits coups, car ce qui est important, c’est de réussir le combat pour la paix à travers l’application du contenu des accords que nous avons signé pour sortir le pays de cette longue crise identitaire, sociale et politique. La loyauté et la fidélité ont beaucoup de prix pour moi. Le président du RDR, le Premier ministre Alassane Ouattara, que je vois souvent au même titre que certains grands acteurs politiques, sait très bien le respect profond que j’ai pour lui et son combat. J’ai eu l’occasion ouvertement et publiquement de le lui affirmer, tout en gardant la position de neutralité et d’arbitre, que l’accord de Ouaga et la position du Premier ministre requièrent de nous Forces Nouvelles, dans la conduite du processus. Avançons et concentrons-nous sur la sortie de crise. C’est ça le défi majeur.

L P : Le premier ministre Guillaume Soro a nommé récemment un secrétaire Général par intérim des Forces Nouvelles, après que vous-même avez quitté vos fonctions de porte-parole. Qu’est ce qui explique de ces différentes mises en congé ? Doit-on y comprendre la fin du combat entamé avec la crise de septembre 2002, pour l’avènement de la démocratie ou tout simplement une préparation à une reconversion politique ?

S K : le Premier ministre, Guillaume Soro demeure le seul secrétaire général des Forces nouvelles devant qui les politiques et les militaires sont tous responsables; il a confié certaines tâches à un proche collaborateur pour un moment. Ce n’est pas nouveau. Il y a peu de temps, cette même tâche a été confiée aux ministres Dacoury et Dosso Moussa. C’est aussi simple à comprendre, la fonction d’un intérim. L’intérimaire n’est pas le successeur ou le remplaçant dans ce cas précis des Forces Nouvelles. Donc le Premier ministre Soro est toujours secrétaire général des Forces nouvelles. Quant à moi, je suis membre du directoire politique des Forces Nouvelles et je cumulais depuis 2002, les postes de secrétaire national à l’organisation et à la mobilisation en plus du poste de parole des Forces Nouvelles. Ajoutés à mes tâches de ministre, vous conviendrez que ça devenait difficile de tenir tout ça. Dans la recherche permanente de l’efficacité, le Secrétaire Général des Forces Nouvelles a tout simplement créé un bureau des portes paroles (Affoussy, Zagadou, commissaire Ouattara) que nous encadrons tous. Et je pense que ça marche bien. Je suis à mon poste de secrétaire national à l’organisation et à la mobilisation au sein du directoire politique des Forces Nouvelles et nous travaillons dur sur le processus de sortie de crise. Donc d’où vient qu’on parle de fin de combat ? Non, on ne se prépare à rien! Le combat prendra fin avec l’application pleine et entière du contenu de l’accord de Ouaga. C’est ce que la nation attend de nous et rien d’autre ! Je sais qu’il y a beaucoup de supputations sur nous, qui ne sont pas fondées, mais voilà notre feuille de route aussi simplement. Le reste c’est-à-dire, notre avenir après la crise, appartient à Dieu. A chaque jour suffisent sa peine et ses félicités.

L P : Ne faut-il pas craindre d’autres obstacles qui viendront mettre en mal la fin du processus ?

S K : n’oublions jamais que la crise que nous sommes en train de résoudre requiert beaucoup de concentrations, de sacrifices conjugués, de compromis collectifs et de solutions consensuelles à la fois. La complexité de cette sortie de crise réside dans le fait qu’il faut résoudre plusieurs problèmes concomitamment : la carte d’identité et d’électeur, l’élection démocratique et transparent dans un pays coupé en deux depuis 8 ans qu’il faut recoller…sans oublier la réinsertion des ex combattants, la réunification des deux armées en une armée républicaine et l’organisation d’élection sécurisée pour tous les candidats et tous les électeurs sur toute l’étendue du territoire. Tout ça doit se faire dans la confiance, dans un temps record et dans la prise en compte de tous les acteurs dans un schéma consensuel. Ce n’est pas évident sans le sursaut de tous et la bénédiction de Dieu. Mais les Forces nouvelles joueront leur partition dans la sincérité pour que le 31 octobre se passe dans la paix, la sécurité et la réconciliation. Ce n’est pas facile mais il faut y croire !
Interview réalisée par Bakary Nimaga

Le monde de la presse en deuil
Laurent Tapé Koulou a tiré sa révérence, hier

On le savait malade depuis un moment. Le mal pernicieux qui le rongeait a eu raison de lui. Tapé Koulou Laurent, patron du journal le National a été rappelé à Dieu hier, au lendemain des festivités de l’Indépendance de la Côte d’Ivoire. Des sources proches de la famille du défunt indiquent que c’est précisément à 11h dans une clinique de la 8ème Tranche à Cocody- Angré que Tapé Koulou Laurent a poussé son dernier souffle. Sur le plan professionnel, il a été Directeur de publication de l’hebdomadaire « Le Bélier », puis du quotidien « Le National », des journaux dont les écrits n’ont laissé personne indifférente. Depuis presque un an, il était affaibli par la maladie. Il s’est plusieurs fois, rendu en Europe pour y recevoir des soins.
Laurent Tapé Koulou est connu pour être quelqu’un qui n’a pas sa langue dans sa poche. La famille se réunit aujourd’hui pour l’ébauche du programme des obsèques.
Le Patriote présente ses condoléances à la famille biologique du défunt et à la grande famille de la presse ivoirienne.

Jean- Antoine Doudou

Source : abidjan.net

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