Le Parti Ecologique Ivoirien




Après l’installation des douaniers à Ouangolo Voici ce qui coince



jeudi 15 mai 2008  par l'Inter
 

Il fait sombre à Korhogo ce lundi 12 mai, au propre comme au figuré. Assis devant ses marchandises composées de motos et de vélos, Thiam regard défiler de gros véhicules de type 4X4 appartenant à l’Etat ivoirien. A l’intérieur de ces voitures, des agents et responsables du ministère de l’Economie et des Finances qui, depuis le 8 mai dernier, préparent l’ouverture du bureau des douanes de Ouangolodougou. « Ce sera difficile pour nous les commerçants parce que nos produits vont connaître une hausse des prix », s’inquiète Thiam. Présent dans la ville depuis une dizaine d’années, ce commerçant sénégalais soutient avoir réalisé ses meilleures affaires à partir de fin 2002, date de l’éclatement de la crise ivoirienne. « A lieu de 800 mille francs, je vend mes motos à moins de 300 mille », nous explique-t-il. D’ailleurs, de Bouaké à Ferkéssédougou en passant par Korhogo, il n’y a qu’à voir le déferlement des engins à deux roues pour se rendre compte de ce marché florissant. « Ici, il y plus de motos de que voitures. C’est pratique et accessible à toutes les bourses », commente Soro Salimata, une jeune dame que nous avons approchée sur sa moto. Dans cette même ville, les motos servent de taxi aux populations. Les tarifs se situent entre 200 ou 300 francs, selon la distance. Pour Diallo, de nationalité guinéenne, l’installation du cordon douanier va également avoir des conséquences sur ses activités. Il est vendeur de friperies et dit recevoir sa marchandise à partir du Ghana. Selon certaines confidences, les transporteurs convoient la plupart des produits du port de Lomé et entrent en Côte d’Ivoire par Bouna, une ville frontalière avec le Ghana voisin et sous contrôle des ex-rebelles. L’absence des douanes ivoiriennes dans cette partie du pays est profitable aux commerçants et autres trafiquants. Une situation qui a favorisé la contrefaçon et la fraude. « Si on dit que la guerre est finie, il faut également mettre fin à certaines pratiques non réglementaires », a estimé un cadre de l’administration financière, sous couvert de l’anonymat. « En plus, le pays a besoin d’argent pour faire face à ses charges qui sont énormes », a-t-il ajouté. Du côté des Forces nouvelles, l’heure n’est pas à la sérénité, a-t-on constaté lors de notre passage dans la région, tant du côté des responsables, que du côté des éléments sur le terrain. S’il est vrai que l’ancien ministre Koné Messemba actuellement directeur général des Forces paramilitaires en charge des Douanes et des eaux et Forêts dans les zones CNO n’a pas manqué de saluer l’installation progressive du cordon douanier dans le nord du pays, reste que d’autres responsables sont quelque peu retissants au projet de l’unicité des caisses de l’Etat tel que prévu par l’accord politique de Ouagadougou. « Ce ne sera pas facile de leur retirer une telle manne de leur bouche », nous a confié un haut cadre de l’administration. « Il faut mettre en place un comité de sensibilisation afin de mieux informer nos hommes et les populations », a insisté lundi dernier M. Cissé Sindou, directeur de cabinet adjoint du secrétaire général des Forces nouvelles. Pour sa part, le chef du poste des douanes des F.N. basé à Ouangolo que nous avons approché, a semblé montrer des inquiétudes avec le changement de commandement. « J’espère que vous n’allez pas nous oublier », a-t-il dit à l’occasion de la visite des locaux des douanes de Ouangolo. Des propos qui ont tout de même gêné M. Koné Messemba, patron des Forces paramilitaires. Malgré ces frictions, le ministre de l’Economie et des Finances Charles Diby Koffi entend remplir la mission que lui a confiée le gouvernement dirigé par le Premier ministre Guillaume Soro. C’est pourquoi, à la cérémonie d’installation des 26 douaniers au bureau de Ouangolodougou, le ministre s’est engagé à doter les agents des douanes des moyens logistiques et matériels afin de faciliter leur travail. « Nous sommes dans un processus de sortie de crise. Donc, nous ne voulons pas engager de bras de fer avec nos frères d’en face. Je pense que progressivement, les choses vont rentrer dans l’ordre », nous confie un membre de son cabinet.

Source : ivorian.net

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