Le Parti Ecologique Ivoirien



Wôrô-Wôrôs et Gbakas sans pièces - La course contre la montre commence



mercredi 4 juin 2008 - Par Nord-Sud


Depuis le début, lundi, de la lutte contre le racket, plusieurs gbakas et wôrô-Wôrôs ont déserté les lignes. Pour ces transporteurs, l'heure est à la régularité pour reprendre les activités, c'est désormais la course contre la montre pour reprendre les activités.

Dur, dur pour Coulibaly Abdoul, chauffeur de taxi communal (wôrô-wôro) sur la ligne Abobo-Cocody Angré depuis plus de 10 ans. Ce routier de quarantaine a garé son wôrô-wôrô depuis lundi et vit un vrai chômage technique. Plus d'activité, plus d'argent. Comme lui, plusieurs chauffeurs dont les véhicules n'ont pas les pièces administratives exigées aujourd'hui, sont frappés de plein fouet par la décision anti-racket du général Philipe Mangou. Le chef d'état-major impose qu'en même temps que ses éléments stoppent le racket, les transporteurs se conforment aux dispositions réglementaires en vigueur.

La course aux pièces

« Je n'avais jamais cru que cela pourrait arriver un jour », s’’étonne Coulibaly Abdoul qui cherche les moyens financiers pour refaire la carrosserie de son véhicule en état de délabrement avancé, avant d'engager la course aux pièces administratives. « Le processus est long. Seuls ceux qui ont de l'argent comptant en ce moment peuvent vite reprendre la route », soupire-t-il.

En premier lieu, il faut être sûr de pouvoir réussir la visite technique qui coûte 40.000 Fcfa. « Le véhicule doit être en bon état lors de la visite. Ce qui est rare pour nos taxis. Nous sommes obligé de remettre la voiture en bon état avant de passer cet exercice », explique le chauffeur. En plus de la visite technique, il faut se munir de la carte grise, la vignette, la carte de stationnement, la patente et le registre de commerce. Ce sont ces documents réunis au complet qui donnent désormais le droit au transporteur d'exercer son métier. Abdoul n'y avait jamais songé. Depuis 10 ans, il circule dans l'illégalité avec la complicité des forces de l'ordre qui demandent 500 Fcfa, le prix pour fermer les yeux sur les irrégularités. L'avènement du ticket unique n'a rien changé aux choses. Les propriétaires de véhicules préféraient rester sans pièces puisque ces documents n'empêchaient pas le racket des forces de l'ordre. Pour avoir la paix face aux syndicalistes, les chauffeurs leur achetaient de faux tickets à 1.000 Fcfa tous les 10 jours et un sticker journalier de 500 Fcfa. Tout ce système de fraude prend fin avec la nouvelle donne. Soit les documents sont en règle soit c'est la fourrière ! « Je n'ai pas assez d'économie, remettre mon véhicule en état prendra assez de temps. J'ai une famille à nourrir et je commence à sentir les effets de cet arrêt de travail », se lamente Abdoul devant la réalité des faits. A la gare d'Abobo seulement une douzaine de véhicules (wôrô-wôrôs et gbakas) roulent sur une soixantaine qui assuraient la ligne avant l'entrée en vigueur des mesures du général Mangou.

Les gares clairsemées

« Vous constatez que plus de la moitié des conducteurs roulaient à Abidjan sans pièces administratives », remarque un chauffeur.

Dans la commune d'Abobo, presque toutes les gares de wôrô-wôrôs et gbakas sont clairsemées. Les gbakas (minicars), les taxis communaux et intercommunaux sans papier ont désertés les lieux. Les propriétaires de ces véhicules sont dans une situation où ils doivent remettre en état leurs véhicules et se procurer les pièces administratives exigibles pour le transport. A Cocody Saint-Jean c'est la galère pour plusieurs conducteurs de wôrô-wôros. Konaté N., un chauffeur qui a immobilisé son véhicule, n'est pas contre ces mesures de lutte contre le racket, mais il préfère qu'on leur accorde un délai de trois mois afin qu'ils se mettent en règle. « La vie est dure pour tout le monde, nous arrivons difficilement à joindre les deux bouts. Les chauffeurs qui n'auront pas les moyens immédiats pour mettre leurs véhicules en règle, auront du mal à nourrir leur famille », s'inquiète-t-il. L'employeur de ce jeune homme est un riche transporteur. Son arrêt de travail ne durera que 48 heures. « J'aurai toutes les pièces de mon véhicule dès demain (Ndlr : aujourd'hui) », se rassure-t-il. Ce matin, il vient prendre l'ambiance à la gare. Les taxis sont parqués en grand nombre. La plupart des chauffeurs ne reprendront pas la route avant des mois. Remettre en état les véhicules et établir les documents administratifs, relèvent d'un parcours du combattant pour les moins nantis. Niamké K., un chauffeur de wôrô wôrô qui ne travaille pas depuis lundi, reste pessimiste quant à la réussite de l'opération. Pour Mamadou K, l'un de ses camarades qui roule, il vaut mieux souffrir une bonne fois pour toute, être en règle et dire adieu au racket des forces de l'ordre. Si d'aventure ceux-ci s'engagent au respect des mesures du général Mangou.


Raphaël Tanoh (Stagiaire)





Source : news.abidjan.net

Les Verts D'Europe  verts au parlement europeen       Le logo des verts de France    FéPEV-RAO  

Reproduction interdite du site

haut de page haut de page