Le Parti Ecologique Ivoirien



Racket des FDS : ENTRE 95 ET 150 MILLIARDS EMPOCHÉS PAR AN




jeudi 10  juillet 2008 - Par Fraternité Matin
 


Le rapport de la Banque mondiale sur le racket donne le tournis tant leurs effets sur l’économie sont néfastes.


95 à 150 milliards de francs CFA sont collectés sur les routes ivoiriennes au titre du racket, ont révélé  mercredi les conclusion d’une étude effectuée par la Banque mondiale (BM) sur ce phénomène. Le rapport a été rendu public au siège de la BM lors d’un atelier qui a réuni des dirigeants de l’armée dont le Chef d’état- major Philippe Mangou, l’ambassadeur des Etats- Unis en Côte d’Ivoire, le ministre de l’Industrie et de la promotion des petites et moyennes entreprises (MIPPM). Mme Amah Marie Téhoua et des invités impliqués dans ce dossier. Ainsi on a pu apprendre que le coût du racket pour le transport urbain est estimé entre 17,5 milliards et 25,8 milliards alors qu’il s’établit entre 72 milliards et 118,5 milliards pour le transport  interurbain. Au niveau du district d’Abidjan les “minicars Gbagbo”, avec 14,12 milliards par an viennent en tête suivis des taxis communaux (7,5 milliards) et les taxis compteurs (4,12 milliards).


L’étude indique en outre les retards causés par le racket sur les tronçons. Ainsi pour les transports de marchandises, Abidjan –Noé, avec 41 minutes au 100 Km, vient en tête. Et Abidjan-Bondoukou, avec 15 minutes de retard, est la plus fluide. Au niveau du transport de voyageurs interurbain, l’axe Abidjan-Danané avec 91 minutes de retard est le moins fluide.


Par ailleurs, la BM cite au titre des impacts du racket sur l’économie ivoirienne, la hausse des prix des denrées sur le marché ivoirien : 1 à 3% de l’augmentation du prix de la viande ; et ajouté aux faux frais (convoyage, escorte…) cela donne 10 à 13% de la hausse du prix de la viande. Concernant le riz, le racket induit une augmentation de 15 à 25% contre 3 à 5% pour la farine de blé, selon l’étude.


Au total, le racket porte atteinte à la compétitivité des entreprises, la libre circulation des personnes et des biens, aux recettes de l’Etat en matière de fiscalité et de parafiscalité, aux droits humains. Sur ce point, l’étude affirme que des «violences et des viols faits aux femmes sont commis dans leurs déplacements».


L’étude de la Banque mondiale qui a d’ailleurs été commanditée par le gouvernement ivoirien souligne que «si le racket n’existait pas sur les routes de Côte d’Ivoire, le montant estimé (95 à 150 milliards F CFA) aurait été économisé au profit des transporteurs, voire de l’économie nationale à des fins productives. Le montant estimé du racket équivaut à, entre 35 et 55,31% des dépenses d’investissement projetées (271,2 milliards de francs CFA) de l’Etat de Côte d’Ivoire en 2007». Plusieurs recommandations dont la prise de sanctions à l’encontre «des agents malveillants et racketteurs»,  la mise en place d’un centre de recueil des plaintes des victimes du racket à partir d’un numéro de téléphone d’appel grand public ont été faites. Le ministre Amah Téhoua a salué ce travail qui va permettre d’avoir une base de données communes de réflexion et indiqué que dans l’ensemble, le résultat de l’étude reflète la physionomie du phénomène. Elle a félicité les Forces de défense et de sécurité qui n’ont pas attendu pour commencer à mener des actions contre le racket.  Le général Philippe Mangou a pour sa part apporté quelques précisions sur certains aspects de l’étude notamment les viols commis aux barrages. Il a émis des doutes sur ces faits. Par ailleurs, le patron de l’armée ivoirienne a présenté la nouvelle physionomie des routes ivoiriennes depuis l’opération anti racket qu’il a lancée il y a un mois. Des actions qui, selon lui, donnent des résultats satisfaisants qu’il va falloir consolider. Le directeur des opérations de la Banque mondiale en Côte d’Ivoire,  M. Madani Tall, a présenté cette étude comme l’expression de la volonté manifeste des gouvernants ivoiriens de faire reculer le racket. Toutefois, dira-t-il, c’est un problème profond qui implique des changements de comportement, des sanctions à appliquer. Autant de choses qui vont permettre selon lui de relancer l’économie, au fur et à mesure qu’on va vers une normalisation politique.


Concernant le financement de cette opération de fluidité routière, M. Tall estime qu’elle relève de la  fonction régalienne de l’Etat. Toutefois, «la Banque mondiale envisage d’accompagner la relance économique à travers le renforcement de programme de mis à niveau, de facilitations des échanges et tout ce qui concerne les moyens qui sont nécessaires, c’est-à-dire les moyens logistiques,  communication, la réhabilitation des infrastructures, etc. Je crois que la Banque mondiale sera présente et va définir avec le gouvernement les programmes qu’il faut». Mais avant cela, estime-t-il, il faut que l’Etat prenne des dispositions qui rassurent les investisseurs. Le directeur des opérations de la BM en Côte d’Ivoire a par ailleurs promis d’aider les FDS, si elles le souhaitent, à monter l’argumentaire pour que le financement du contrôle de la fluidité routière soit pris en compte par le prochain budget national.

David Ya    

Source : www.fratmat.info

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