Le Parti Ecologique Ivoirien



L'attiéké vaut bien le couscous


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mercredi 23 décembre 2009 - Par blog.jeuneafrique.com


Christophe Le Bec est journaliste à Jeune Afrique depuis Septembre 2009. Il travaille essentiellement sur les sujets économiques et les questions de société en Afrique subsaharienne.

Du 14 au 20 décembre, je couvrais la « caravane de l'export marocain », une centaine d'exportateurs et chefs d'entreprise du royaume chérifien lancés dans une offensive économique sur l'Afrique de l'Ouest à travers trois pays, le Sénégal, le Mali et la Côte d'Ivoire. Objectif : faire décoller les exportations marocaines à destination de l'Afrique subsaharienne.
La dernière étape de cette « caravane » était Abidjan. Mes compagnons de voyage, qui avaient gardé en tête les images de guerre civile, s'inquiétaient de l'accueil qu'ils allaient recevoir. Nous avions alors visité le Sénégal et le Mali, pays plus proches – géographiquement et religieusement - du Maroc. Mais la Côte d'Ivoire, c'était vraiment la terra incognita pour ces exportateurs.
Sachant que j'étais déjà allé à plusieurs reprises dans le pays de Laurent Gbagbo, certains venaient me voir, angoissés. « Et la situation sécuritaire ? », « Est-ce qu'on pourra sortir de l'hôtel ? », « Et la guerre, est-ce vraiment fini ? », « Serons-nous escortés pour nos déplacements ? ». J'ai tenté de les rassurer en leur disant que la situation s'était bien améliorée, mais ils restaient dubitatifs.

Le soir où nous sommes arrivés dans dans la capitale économique ivoirienne, ils n'en croyaient pas leurs yeux. Du haut de notre avion, la grande métropole lagunaire toute illuminée ne ressemblait en rien à leur cauchemar. Les jours suivants ont achevé de les séduire : aéroport remarquable, électricité partout, bon réseau routier urbain, opportunités de business alléchantes. Alors que nous nous promenions dans le fameux quartier des affaires du Plateau, une consœur de la presse marocaine m'a même demandé de la prendre en photo devant les gratte-ciels pour prouver à ses amis « qu'ici, c'est vraiment développé ».
Un exportateur marocain de tubes métalliques, déçu par les étapes des peu industrielles Dakar et Bamako, m'a confié que ses affaires pourraient prospérer à Abidjan. « On sent l'argent ici », m'a-t-il dit. Après les rencontres, les chefs d'entreprises me confiaient leur satisfaction : « Les Ivoiriens sont organisés. Ils veulent de la qualité. » Quand à la sécurité, si des hommes en armes étaient bien visibles, nous n'avons eu à traverser aucun barrage au Plateau, à Treichville ou Cocody.

Un autre point a séduit mes compagnons de voyages : une communauté marocaine de plus de mille personnes vit à Abidjan et s'y est épanouie, malgré les vicissitudes de ces dernières années. Les chefs d'entreprise ont donc succombé aux charmes de la ville... et de ses nuits ! En s'attardant dans les maquis et les boîtes de nuit. « C'est comme à Casablanca, la moiteur en plus » s'exclamait un entrepreneur, bien décidé à organiser de nouveaux voyages sur les bords de la lagune. A quand la médina marocaine d'Abidjan ? L'attiéké vaut bien le couscous !


Par Christophe Le Bec


Source : blog.jeuneafrique.com

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