Le Parti Ecologique Ivoirien



Occupation anarchique des trottoirs / Commerçants et piétons côtoient la mort



Lundi 19 mai 2008  par le Quotidien
 


Trotoirs devenus des marchésOccupés abusivement par les commerçants et les vendeurs ambulants, les trottoirs sont presqu’ inexistants dans le district d’Abidjan.

Les trottoirs aménagés et réservés aux déplacements des piétons sont en voie de disparition. Ils sont plutôt bondés d’étalages de certains vendeurs. Malgré les opérations de déguerpissements initiées par les mairies et le District, cette autre catégorie de commerçants continue de faire de la résistance. Approchés, les mis en cause ont développé des arguments pour justifier leur choix de ces espaces. Pour bon nombre d’entre eux, il s’agit de questions économiques. «Le coût des places disponibles dans les marchés est énorme. Ajouté à cela, on note un manque criard d’infrastructures pour accueillir tous les opérateurs», a expliqué Mme Kouassi Léonie, vendeuse de produits vivriers à Adjamé. Tout comme cette dernière, une vendeuse de fruits a fait remarquer que la plupart de leurs clients sont tout le temps pressés et refusent de rentrer dans le marché pour faire leurs achats. «Les clients préfèrent faire leur marché en bordure des routes qu’à l’intérieure du marché pour éviter les bousculades entre les box», a noté une vendeuse, qui a présenté le marché d’Adjamé comme une niche de chiens. Selon cette dernière, le marché du Forum dans la commune d’Adjamé est mal construit et mal éclairé. Elle a aussi dénoncé les taxes municipales ainsi que les coûts excessifs des places. A Adjamé Ran, les clients sont en partie responsables de l’occupation anarchique des espaces réservés aux piétons. Ces clients, généralement des «boss», viennent en véhicules et refusent de descendre de leur voiture pour faire leurs achats. Beaucoup d’autres fréquentent ces marchés où ils ont la possibilité de payer moins cher, généralement au prix de gros. A Yopougon UTB et SIPOREX, les vendeuses de vivriers et de poisons frais se sont installées sans gène sur le trottoir. Les récurrents accidents qui ont lieu dans cette zone ne découragent pas les clients et les commerçants qui s’y rendent régulièrement pour leurs affaires. «A Yopougon, nous n’avons pas de marchés mais des baraques qui ne répondent pas à nos attentes. Quand il pleut, le marché est inondé. Dans ces conditions, il est difficile de faire ses emplettes», a présenté un consommateur qui a dit ne pas être prêt à patauger dans la boue pour faire ses achats. Le pont piéton de l’Habitat Extension est devenu un véritable centre de commerce. Même scénario au rond point d’Adjamé-220 logements. Les opérations de déguerpissement initiées récemment par le ministre de la Ville et de la Salubrité se sont avérées inutiles. Les commerçants ont encore réinvesti les lieux, sans se préoccuper des piétons qui sont obligés de se frayer un passage tant bien que mal. Parfois, ces «envahisseurs» qui font de la résistance aux opérations de déguerpissements poussent leur audace jusqu’à l’occupation des chaussées réservées aux automobilistes. Des trottoirs sont carrément transformés en maquis et buvettes. Mais, aussi paradoxal que cela puisse paraître, malgré les occupations anarchiques et illégales, des taxes municipales sont exigées à ces commerçants. Toute chose qui les encourage à demeurer dans cette situation. Outre les vendeuses de vivriers et les commerçants, les véhicules, à savoir les taxis communaux, les camions et les Gbakas encombrent les trottoirs. Impossible de se déplacer aisément à la gare routière d’Adjamé. Le District doit revoir sa copie et veiller à la construction de marchés modernes dans les communes.

Par Irène Bath

Source : news.abidjan.net

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