Le Parti Ecologique Ivoirien



  50 ans après Les Abidjanais comme au village La galère des populations privées d’eau potable


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vendredi 23 juillet 2010 - Par L'Inter


    Incroyable, mais vrai ! Au moment où la Côte d’Ivoire s’apprête à célébrer son cinquantenaire, l’on ne peut imaginer que les habitants de ce pays soient encore à certaines pratiques comme ce que vivent des Abidjanais, aujourd’hui. Quelle misère pour les populations de la capitale économique, poumon de ce pays ! Marcory, Koumassi, Cocody Angré, etc. C’est la galère pour les habitants de ces communes frappés par une sévère pénurie d’eau depuis de longues semaines, dans l’indifférence totale des autorités de ce pays. Peut-être ne le sauraient-elles pas encore, mais c’est un spectacle nouveau et triste que donnent à voir les populations de ces communes susmentionnées, et bien d’autres certainement dans d’autres quartiers, réduites, en 2010, à transporter de l’eau sur la tête comme au village. De plus en plus, les voix s’élèvent dans ces quartiers, et c’est presque révoltés que les habitants murmurent leur ras-le-bol allant jusqu’à menacer de manifester violement pour se faire entendre des décideurs. Les témoignages sont légion. De hauts cadres et braves travailleurs contraints de veiller ou de couper leur sommeil à 4 h du matin pour recueillir de l’eau dans des bassines et autres récipients qui encombrent douches et salons. Avant de se recoucher pour reprendre la route du boulot le lendemain matin, las de nuits sans repos ; le phénomène des bidons de 20 à 30 litres qui envahissent les ménages, ayant besoin de ces récipients pour aller s’approvisionner en eau chez d’autres parents dans d’autres quartiers ou à défaut s’en acheter chez des revendeurs ayant la magie de disposer curieusement du liquide rare dans les quartiers au moment où tout le monde en souffre. Bref, le phénomène est triste et difficile à admettre. Comment en est-on arrivé à une telle réalité ? Quel bilan va-t-on faire des 50 ans d’indépendance de la Côte d’Ivoire alors que des populations de ce pays en sont encore à rechercher de l’eau potable ou à retourner vers des puits pour s’approvisionner comme c’est le cas en plein Abidjan ? Sur le fait, les explications de la SODECI sont loin d’être rassurantes. L’entreprise s’est contentée, à notre requête, de produire un communiqué radiodiffusé, en date du mardi 13 juillet, où elle informait ses abonnés d’un incident survenu sur le réseau d’alimentation en eau potable dans les communes de Marcory, Koumassi, Port-Bouët, à l’issue des fortes pluies des dimanche 11 et lundi 12 juillet derniers. Toutefois, la SODECI, qui dit être à pied d’œuvre pour rétablir la situation, ne précise pas jusqu’à quand vont durer les conséquences en terme de ‘’baisse de pression allant jusqu’au manque d’eau’’ qu’elle même prend soin de souligner dans son communiqué. Pis, la situation perdurant, la société aurait dû envisager une solution pour parer aux souffrances de ses abonnés. Que nenni ! Alors que sous d’autres cieux, on aura eu vite fait de mobiliser des camions citernes dans les quartiers sinistrés pour approvisionner les populations. Vraisemblablement, c’est comme si les souffrances des Ivoiriens, de plus en plus martyrs de situations diverses, n’émeut plus personne. Croulant sous le poids des prix qui flambent sur les marchés, ils subissaient le délestage. Aujourd’hui, c’est la pénurie d’eau dans certaines communes. Et demain ?

Pénurie d’eau à Abidjan

Des seaux d’eau portés sur la tête

Après le délestage qui a été un sérieux handicap pour les entreprises ainsi que plusieurs familles ivoiriennes, c’est la pénurie d’eau qui fait rage actuellement à Abidjan. Dans plusieurs quartiers de la capitale économique, les ménages connaissent de sérieuses difficultés d’approvisionnement en eau. Les robinets se sont asséchés et les familles sont obligées de rester en éveil pour espérer recueillir quelques gouttes d’eau à des heures indues. Le hic, c’est que ce phénomène qui, d’ordinaire, se vit dans les quartiers précaires a commencé à gagner les zones dites ‘’Résidentielles’’. Notamment, la Djibi (Cocody-Angré), Marcory GF, Remblai, Koumassi, etc. Notre équipe de reportage a fait le tour de certains quartiers pour faire l’état des lieux. Mercredi, 21 juillet 2010, il est 15 heures quand nous foulons le sol de la commune de Marcory GF. Partout, la grogne et le mécontentement consécutifs au manque d’eau sont perceptibles. M. et Mme Konan Jean-Baptiste que nous avons rencontrés n’ont pas manqué d’extérioriser leur misère. A en croire ce couple, cette situation qui perdure depuis des mois devient intenable. Selon nos interlocuteurs, l’eau qui arrivait dans les robinets vers 2 heures du matin pour être interrompue à 4 heures 30 il y a quelques mois, a cessé totalement de couler dans les robinets. Depuis cinq semaines, a poursuivi cette famille, la donne à laquelle les populations ont fini par s’accommoder a pris fin dans les ménages. ’’Les foyers sont obligés de s’acheter de l’eau minérale pour satisfaire des besoins primaires ; ce qui nous revient cher. C’est tout un calvaire pour les foyers à revenu modeste comme le mien’’, s’est plaint le couple Konan. Mme Gnagne, une autre habitante du quartier qui se veut moins alarmiste, a confié que le sort de sa famille est aux mains de la Providence. ’’Moi, c’est lorsque je dispose d’eau de pluie que je prépare ; donc, je milite pour qu’il pleuve chaque jour à Abidjan. Pour le reste du temps, je suis à la recherche d’eau’’, a-t-elle témoigné avec une bassine sur la tête. Ce décor de manque d’eau à Abidjan nous a été également servi à Angré-La Djibi. Dans ce quartier chic de Cocody, les populations ne peuvent espérer avoir de l’eau qu’à 3 heures du matin. ’’Nous souffrons d’insuffisance de sommeil. Parce que c’est à 3 heures du matin que les robinets coulent. Ce faisant, nous sommes obligés de nous lever à cette heure de la nuit pour recueillir l’eau’’, a confié une dame qui a requis l’anonymat. Mais pour plusieurs habitants de cette zone, c’est dans le quartier village d’Abobo-Té jouxtant leur cité, qu’ils sont bien obligés de se rendre pour charger de l’eau sur la tête. ’’Au moment où la Côte d’ivoire s’apprête à célébrer son cinquantenaire, il est curieux de savoir que, pour une grande métropole comme Abidjan, des populations continuent de porter de l’eau sur la tête’’, s’est indigné une femme d’une quarantaine d’années qui estime que la Société de distribution des eaux (SODECI) doit agir au plus vite.

G. DE GNAMIEN et Mariama BAMBA (stg)



Source : ivorian.net

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