Le Parti Ecologique Ivoirien



Gestion de la forêt ivoirienne et conflits fonciers
M. Venance KOUADIO N’GUETTIA (DG de la SODEFOR ) : 
« 25 % de la production du Cacao proviennent des forêts classées »



samedi 02 août 2008 - Par L'Inter
 


M. le directeur général, vous venez de prendre part à l’opération de planting d’arbre initiée par des villageois d’ Assounvouè. Que devons-nous retenir de cette journée de l’arbre ?

Cette cérémonie tend à rappeler ce que le président de la République avait dit à Mama, où il a reconnu que la déforestation et la dégradation de la forêt ivoirienne sont le résultat des actions de la population ivoirienne dans toute sa composante. C’est pourquoi, pendant la journée de l’arbre, chaque habitant de ce pays doit de se faire fort de planter un arbre. Ceci pour lutter contre la dégradation de la forêt mais aussi pour réparer le tort que chacun de nous a commis. Il s’agit de penser aussi aux générations futures, de sorte qu’elle trouvent une Côte d’Ivoire prospère, qui conserve toutes ses potentialités agricoles. Mais aujourd’hui nous allons plus loin pour dire qu’aussi bien l’arbre planté que trouvé dans un champ, doit être sacré. Suite au programme directeur de 1988 à 2005 et celui de 1995 à 2005, il y a eu un grand investissement et un programme d’échanges. Et nous nous apprêtions à lancer la deuxième vague quand les bailleurs de fonds ont tout arrêté et nous demandé un bilan diagnostic à la suite duquel une nouvelle politique forestière a été initiée. Désormais l’arbre appartient au paysan : c’est une innovation en la matière qui permet aux paysans de conserver les arbres de les commercialiser afin d’en tirer des profits, et pour cela, ils peuvent même se constituer en coopérative.

Face à la forte dégradation de la forêt, quelle est la situation aujourd’hui sur le terrain ?

Il y a aujourd’hui moins d’un million d’hectares de forêt dense, ce qu’on appelle communément forêt noire. Cependant, il y a en a un peu plus si nous nous en tenons aux définitions conventionnelles. Nous considérons qu’avec les réserves et les parcs nationaux, on est à 15 voire 16 % du territoire ivoirien en dépit du fait que les parcs soient fortement agressés. Pour la SODEFOR , nous avons 4.196 000 hectares . Mais malheureusement la moitié est occupée par des planteurs clandestins qu’on peut chasser du coup, parce que 25 % de la production du Cacao proviennent des forêts classées. Donc la politique forestière demande que ces parcelles soient délimitées en sorte qu’elles n’évoluent plus. Ensuite il y a une nouvelle politique culturale ce qui permet de produire plus. L’expérience marche bien à Abengourou.

Au regard de la forte dégradation de la forêt ivoirienne et des nombreux conflits qui en résultent, ne pensez-vous pas que la SODEFOR a échoué dans sa mission ?

Non pas du tout ! la structure en charge de la reconstitution du couvert végétal n’a pas échoué. Il faut faire remarquer que la SODEFOR a connu deux étapes dans sa gestion. D’ abord de 1960 à 1992 où elle ne faisait que du reboisement, dans seulement 8 chantiers. La structure était alors composée que d’un minimum de cadres mais surtout employés à faire de grandes opérations de reboisement. Ensuite en 1992, l’Etat nous a confié 221 forêts classées, mais occupées en grande partie par les paysans clandestins. La SODEFOR gère donc 4 196 000 hectares ; je pense que nous avons réussi. Cependant, il faut dire que la crise socio-politique que le pays a connue a fait suspendre tous les financements par les bailleurs de fonds ; à cela il faut ajouter tous les mouvements de la population .Les déplacés de guerre se sont tous rabattus sur la forêt pour vivre et les bois, exportés vers les pays limitrophes de façon illégale. Face à cette situation d’ailleurs nous sommes en train de mettre en place une organisation ouest-africaine de gestion de l’arbre pour qu’on puisse quand même protéger la forêt.

Vous avez invité les populations à s’impliquer davantage dans la gestion de la forêt. Est-ce qu’il y a des conditions pour qu’un village soit choisi pour abriter la journée de l’arbre ?

C’est une initiative que nous avons lancée qui tend à impliquer davantage les populations dans la gestion forestière. Donc il n’ y a pas de conditions particulières. Seulement il est demandé aux populations d’emboîter le pas à la SODEFOR ; elles peuvent s’associer pour choisir un lopin de terre pour l’exploiter. Ce qui leur est recommandé c’est d’associer les cultures parce que ces parcelles vont être bloquées pendant 52 à 30 ans, de sorte que les cultures vivrières soient faites en même temps

Les conflits fonciers sont récurrents dans ces zones. M. le directeur général, quelles mesures prenez-vous pour pallier la situation ?

Il faut dire qu’à ce niveau, il y a eu deux phases à savoir avant et après la crise. Des comités de gestion ont été installés pour régler ces problèmes. Mais avec la crise, certains ne sont plus fonctionnels. C’est pourquoi nous voulons impliquer les autorités locales, parce que la gestion de la forêt ne doit plus être l’affaire de la seule SODEFOR. Il y a un autre gros problème qui concerne les parcelles occupées par les rebelles ces hommes qui sont en armes. Nous sommes en train de mettre en place des stratégies pour les récupérer, pour que désormais la forêt soit gérée de façon transparente et que les bénéfices soient partagés équitablement ;

GNANDE Tia Correspondant régional

Source : linter-ci.com

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