Le Parti Ecologique Ivoirien



Chronique Ecologie


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lundi 21 décembre 2009 - Par L'Inter


J’ai particulièrement apprécié la profession de foi écologique de notre président bien-aimé, surtout en ce moment où on ne parle que du sommet de Copenhague. Notre bon chef a parlé de l’érosion de la côte, de l’avancée du désert, de la déforestation, du reboisement, autant de sujets qui nous interpellent tous. Il a notamment dit, entre autres choses très intéressantes, « j’avais demandé qu’on ne monte pas au-dessus du 8ème parallèle pour couper du bois, mais on me signale qu’il y a des camions qui sont passés outre pour en couper dans la région du Denguélé, etc. Ce sont des criminels... Si on les arrête, il faut les mettre en prison. » (Fraternité Matin du Jeudi 17 décembre 2009.) Ce qui me plaît chez notre pouvoir, c’est qu’il nous donne souvent le sentiment qu’il ne sait pas ce que c’est que d’être au pouvoir, d’avoir le pouvoir, d’être le pouvoir. Notre président dit « si on les arrête, il faut les mettre en prison. » Il émet juste un vœu pieux. Il ne dit pas, « je donne des instructions fermes pour qu’on les arrête et qu’on les mette en prison. » Et pourtant, il a le pouvoir de le faire. C’est même son devoir de le faire, surtout si lui-même reconnaît que ce sont des criminels. Et il oublie que s’il touche son faramineux salaire et ses non moins faramineux fonds de souveraineté, c’est aussi pour cela. Cela me rappelle ce qu’avait dit Affi N’guessan, l’ancien Premier ministre et toujours président du FPI, le parti de Gbagbo, lorsque l’on parlait de la cherté de la vie. Il avait dit que la faute en incombait au PDCI qui avait dirigé le pays sans mettre l’accent sur les cultures vivrières. Lorsque l’on avait parlé du prix du riz qui augmentait, c’est encore lui, à moins que ce ne soit son chef, qui avait dit que c’étaient les enfants de Bédié qui vendaient du riz. Et qui étaient donc responsables de la hausse du prix du riz. Le brave Affi N’guessan avait certainement oublié qu’il était au pouvoir, et que son devoir était justement de corriger ce que le pouvoir PDCI, à qui son parti reprochait de ne rien faire, n’avait pas fait, si tant est qu’il en avait les compétences. Ce qui visiblement ne semble pas être le cas. Lui et son président avaient certainement aussi oublié que Bédié n’était plus au pouvoir, que ses fils n’avaient plus rien à voir avec le commerce du riz, et que faire baisser les prix des denrées alimentaires était de leur seul ressort, et non du pouvoir passé. Notre bon et écologique président a dit qu’il a demandé « qu’on ne monte pas au-dessus du 8ème parallèle pour couper du bois. » Rappelons quand même que cette décision avait déjà été prise par ses prédécesseurs, ce qui n’enlève rien à son mérite de vouloir l’appliquer. Mais il ne sait sans doute pas que la plupart des camions qui chargent notre bois dans cette zone viennent le décharger à Abidjan, au port que dirige son ami Gossio. Il oublie aussi qu’au nord, là où son autorité s’arrête, commence celle de son Premier ministre, à qui il a d’ailleurs rendu un hommage au cours de cet entretien qu’il a eu avec la presse. L’a-t-il sensibilisé sur la nécessité de mettre ses chefs de guerre au pas, afin qu’ils préservent ce qui reste de notre forêt ? Le chef de l’Etat a rappelé que les tecks plantés à Bouaké ont été coupés et vendus. Qu’a-t-il fait devant ce fait, lui, le chef qui pense au bien-être de son peuple ? Tiens, sans aller jusqu’au 8ème parallèle, notre chef était-il absent du pays lorsque l’on a détruit la partie de la forêt du Banco qui se trouve à gauche de la route qui part à Adzopé, après la MACA, ici, à Abidjan, cette forêt qui nous permet de respirer un peu dans cette ville si polluée ? Sait-il qu’un député de son parti a commencé à couper du bois dans la forêt du Banco et qu’il a même failli en venir aux mains avec le ministre en charge des forêts qui tentait de l’en empêcher ? Le sait-il ? Bien sûr qu’il le sait, puisque tous les journaux en ont parlé. Mais qu’a-t-il fait ? Rien bien entendu. Il a aussi dit à Fraternité Matin : « j’ai salué, il y a quelques années, la mesure prise par mes prédécesseurs d’empêcher l’exportation du bois brut. Mais il faudrait certainement arrêter d’exploiter le bois en Côte d’Ivoire. » Eh bien, qu’attend-il pour prendre une telle décision ? Il a probablement oublié que c’est à lui de la prendre, et non les présidents qui l’ont précédé. Ali Bongo vient de prendre une telle décision dans son pays. Lui, dont le pays dispose d’encore plus de forêts que nous. Qu’est-ce qui empêche donc notre chef de prendre cette décision, lui qui a pourtant reconnu que nous avions 16 millions d’hectares de forêts en 1960, et qu’il ne nous en reste plus que deux millions ? Changeons de sujet sans en changer. J’ai entendu à la radio le président Idriss Déby raconter que le lac Tchad est en train de disparaître, et demander de l’aide à la communauté internationale. Dans quelques années, c’est la même complainte que nous irons chanter devant la même communauté, à propos de notre lagune Ebrié, à Abidjan. Elle est en train de se fermer sous nos yeux, certainement pour le plus grand bonheur de ceux qui ont déjà commencé à y installer des maquis. Les maquis ne sont-ils pas les plus belles réalisations des Refondateurs ? Il y a quelques années, on avait annoncé à grands coups de tam-tams l’arrivée d’un bateau chargé de dépolluer la lagune. Où est-il donc passé ? Aujourd’hui, nous pouvons encore faire quelque chose pour sauver notre lagune. Mais évidemment, nous ne ferons rien. On n’est pas nègres pour rien. Nous attendrons donc que les dégâts soient devenus irréversibles pour aller pleurer devant les Occidentaux afin qu’ils viennent nous aider. Tout en les accusant bien entendu de néocolonialisme.


Venance Konan email : venancekonan@yahoo.fr


Source : linter-ci.com

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