Le Parti Ecologique Ivoirien



Côte d`Ivoire : à Abidjan, des habitants vivent sous la menace d`éboulements mortels




vendredi 21 novembre 2008 - Par AFP
 

Chaque jour qui passe pour la famille Kokou à Bobito, un bidonville de la commune d`Attécoubé, en plein coeur d`Abidjan, est un pas de plus vers un immense "trou" creusé par les pluies diluviennes, à l`origine d`éboulements souvent spectaculaires et parfois mortels.

"La semaine dernière, ma fille a fait une chute pendant qu`elle séchait le linge", raconte Marc Kokou, agent de sécurité dont la maison se trouve à moins de cinq mètres du trou béant, profond d`une centaine de mètres et creusé par l`érosion sur le flanc d`une colline.

"Elle s`est fracturée la jambe droite", ajoute ce père de famille au physique de catcheur, installé à Bobito depuis plus de 20 ans.

Depuis une décennie, plusieurs maisons d`Attécoubé ont déjà été "avalées" par l`effondrement des sols sur cette commune au relief très accidenté.

Chaque année, des cours communes sont englouties par le terrain sablonneux. Ces drames prennent en général les locataires par surprise, les violentes averses équatoriales ayant souvent lieu le soir ou la nuit.

"Une fois, vers 3 heures du matin, alors qu`il pleuvait fortement, on a entendu un grand bruit: la maison des voisins venait de tomber pendant qu`ils dormaient à l`intérieur", se souvient M. Kokou.

Comme leurs voisins, sa famille vit dans l`angoisse d`être emportée par l`un de ses éboulements qui coûtent chaque année la vie à des dizaines de personnes dans la capitale économique ivoirienne.

Le 29 juin, huit personnes sont mortes et quatre blessées dans un glissement de terrain survenu dans un autre bidonville d`Abidjan.

Aminata Sanogo, une nourrice de 24 ans, voisine de la famille Kokou, dit avoir été témoin de plusieurs éboulements depuis son arrivée en 2002 à Bobito, dont un ayant emporté une moitié de maison il y a seulement un mois.

"Les morceaux de briques qu`on voit dans le fonds proviennent de cette maison. C`était la chambre. Les occupants vivent désormais dans leur salon", explique Aminata en désignant l`autre moitié de la maison, encore debout au bord du précipice.

"Chaque fois que le tonnerre gronde, mon coeur bat", ajoute la jeune femme, dont la cuisine et la douche - qu`elle partage avec les autres membres de la cour - se trouvent à moins d`un mètre du trou.

Pour ces riverains, pas question pour autant de quitter leurs concessions pour une zone plus sûre en raison du faible loyer mensuel, entre 10.000 et 15.000 FCFA (15 à 22 euros).

Avec les moyens du bord, ils tentent donc de freiner l`avancée de l`érosion, notamment en y déversant chaque jour des tonnes d`ordures ménagères.

"On a aussi mis plus de 200 pneus (rechapés), des sacs de sable et on a planté des arbres dedans", explique aussi Joséphine Katianan, 55 ans, qui a vu disparaître une vingtaine de maisons depuis son arrivée dans ce bidonville en 1968.

A la mairie d`Attécoubé, Bobito est classé dans les "zones à risques" et devrait bénéficier d`une restructuration en 2009, a indiqué à l`AFP son directeur technique, Guillaume Oka.

"Nous allons assainir le quartier l`année prochaine", assure M. Oka, tout promettant de recaser la centaine de familles qui devront déguerpir.

En attendant, les habitants de Bobito continuent de vivre dans leurs maisons perchées. Seule satisfaction, et même signe d`espoir pour certains: une vue imprenable sur une immense statue de la Vierge Marie construite sur une colline en face d`eux.

Source AFP



source : abidjan.net

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