Le Parti Ecologique Ivoirien



Médiation dans la crise ivoirienne / Pr. Amoa Urbain (universitaire) : ‘’On ne peut pas continuer d’envoyer des experts en questions ivoiriennes’’


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mercredi 09 fevrier 2011 - Par L'Intelligent d'Abidjan


  Le professeur Amoa Urbain, recteur de l’Université privée Charles Louis de Montesquieu fait une autre lecture de la mission des experts désignés par le panel des Chefs d’Etats issu du dernier sommet de l’Ua. L’universitaire se veut prudent et ne veut point baigner dans un optimisme béat.

‘’La crise ayant pris du temps, les pièges se sont entrelacés. Chacun a piégé l’autre et a voulu gagner du temps. Aller vite pour que le piège prenne. De sorte que dans de telles dispositions, l’Afrique qui vit dans une sorte de mimétisme sans contrôle est instrumentalisée pour aller contre d’autres Etats en son sein. (…) L’heure est venue pour que l’Afrique ait une nouvelle classe de dirigeants et la révolution culturelle doit y conduire. Jetons un regard sur le panel des chefs d’Etats. Ce panel nous trouvera sur le terrain. Parce qu’il faut qu’il passe par des experts nationaux. On ne peut pas continuer d’envoyer des experts en questions ivoiriennes. Qui, plus que nous, universitaires, peut venir faire de l’expertise en Côte d’Ivoire sans tenir compte de notre avis ? Et pourquoi on devrait tenir compte de leur avis ’’, a fustigé Amoa Urbain. Dans ‘’la résistance intellectuelle’’ qu’il appelle de tous ses vœux, il n’a pas manqué d’exprimer son indignation de voir que la Côte d’Ivoire soit devenue le laboratoire des expériences sans précédent. ‘’Dans l’Afrique ancienne, vous ne pouvez envoyer en médiation que quelqu’un qui a un niveau égal ou supérieur au niveau des protagonistes. Nous souffrons du fait que les africains ne comprennent pas l’Afrique. Alors on envoie un certain Odinga, premier ministre pour venir parler à des personnalités pressenties pour diriger un pays qu’on appelle la Côte d’Ivoire et que son rapport tienne lieu d’élément de validation. Quel désastre ! Nous avons mal de voir que la Côte d’Ivoire est une terre où chacun peut venir donner des leçons. Nous appelons à une résistance intellectuelle, universitaire et académique. Peu importe notre bord politique ‘’. Le directeur du festival de la route des Reines et des Rois sonne ainsi la révolte non sans donner son point de vue sur la présence du président Compaoré dans le panel. Une présence à polémique. A propos, le «centriste» Amoa Urbain ne mâche pas ses mots : ‘’techniquement, la norme aurait voulu qu’il (Blaise Compaoré, ndlr) soit là. (…) Mais l’idéal est que M. Compaoré, dans cette affaire, quoi qu’il soit normal qu’il soit dans la délégation, a trop été dans l’affaire pour avoir suffisamment de recul aujourd’hui pour mieux apprécier la situation’’. Dans son analyse de l’attitude des organisations africaines, Amoa Urbain estime que certains chefs d’Etats africains sont allés vite en besogne dans le dossier ivoirien. Ce qu’il appelle la dynamique de la pédagogie des répétiteurs. Dans cette dynamique, argue-t-il, certains chefs d’Etats se sont précipités pour prendre position. ‘’C’est dangereux pour nous parce que l’action a précédé la réflexion. Or il nous semble important de réfléchir avant de poser un acte. C’est seulement maintenant qu’on a créé des morts et une fracture forte au niveau du peuple qu’on va venir réconcilier les ivoiriens. De quelle réconciliation parle-t-on, si ce n’est les ivoiriens eux-mêmes qui peuvent se réconcilier’’, fait observer l’universitaire, concepteur des dix hypothèses de sortie de crise. Qui souhaite un conseil national au cours duquel tous les ivoiriens devraient se parler

Sylvain Débailly


Source : abidjan.net

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