Le Parti Ecologique Ivoirien



Rumeurs d’enfants volés à Abidjan Le parent d’un député lynché




vendredi 24 octobre 2008 - Par LInter
 


Plusieurs écoles primaires fermées, hier •Haro sur les véhicules aux vitres teintées
‘’La rumeur, selon N. Kapferer, est l’émergence et la circulation dans le corps social d’informations soit non encore confirmées publiquement par les sources officielles, soit démenties par celles-ci. Ce qui caractérise son contenu n’est pas son caractère vérifié ou non, mais sa source non officielle’’. D’où son caractère particulièrement dangereux. La preuve en a été donnée, hier vers 11 heures, dans la capitale économique ivoirienne où une rumeur faisant état de ce que, un véhicule de type 4X4 aux vitres teintées kidnappait des enfants dans les écoles primaires. Il n’en fallait pas plus pour développer un sentiment de suspicion généralisée au sein de la population abidjanaise. Dans la commune de Yopougon, ce type de rumeur qui a été amplement relayé, a failli coûter la vie au parent d’un député ivoirien dont nous taisons volontairement le nom. C’était au Groupe scolaire Gare nord de Yopougon sable. Tout est parti de SMS anonymes envoyés à plusieurs abidjanais aux premières heures de la journée, et libellés comme suit : ‘’Il y a des voitures 4x4, vitres teintées, qui enlèvent les gens. Lorsqu’ils arrivent, ils font semblant de demander un renseignement et au moment où tu es distrait, deux loubards sortent de la voiture et te prennent de force. Vigilance ! Les élections approchent. Sauve des vies en transmettant l’information’’. Une telle information a, naturellement, mis plusieurs parents d’élève sur la défensive. Comme mesure conservatoire, certains parents d’élève ont décidé de reprendre leurs enfants à leurs écoles où ils les avaient déposés quelques heures plus tôt. Au groupe scolaire Gare nord de Yopougon, ce décor est également observé. Mais vers 10 heures 30, les parents qui tentaient ainsi de reprendre leurs progénitures tombent fortuitement sur un véhicule de marque Cherokee, de type 4X4, immatriculé 9644 ET 01, de couleur grise aux vitres teintées devant ledit groupe scolaire. Sans autre forme de procès, les parents qui avaient des a priori donnent l’alerte. ‘’Voici le véhicule qui vole les enfants dans les écoles...’’. Au fur et à mesure que l’information s’amplifiait avec toutes sortes d’artifices, la foule grossissait. Chauffée à blanc, celle-ci va tambouriner au portail de l’école pour exiger un ‘’contrôle de routine’’. L’un des directeurs des cinq écoles formant le groupe scolaire, en l’occurrence M. Koné Sinaly, vient aux nouvelles. Il rassure la bande qui était devenue menaçante, qu’il n’en est rien, et que le visiteur en question est un parent à lui. Peine perdue ! Puisque la foule exige le contrôle systématique du véhicule. ‘’On nous a dit qu’il y a trois gamins dans cette Cherokee aux vitres teintées. Nous voulons voir l’intérieur’’, ont martelé les assaillants déterminés. Même l’intervention des sept (07) éléments du commissariat de police du 23ème arrondissement d’Andokoï n’y changera rien. Au finish, les enseignants prennent le pari de faire entrer le véhicule à l’intérieur de l’école afin d’y effectuer le contrôle minutieux en présence des policiers. Et c’est là que tout bascule dans la violence. Armés de pierres et de gourdins, les badauds qui ont fini par repérer le chauffeur du véhicule, ont défoncé le portail pour le prendre à partie. Ce dernier a vu son univers obscurci par des jets de pierres, avant de voir son véhicule réduit en épave (voir photo). Blessé à plusieurs endroits, ce dernier n’a eu son salut qu’avec l’intervention de la gendarmerie nationale qui l’a exfiltré. Admis au CHU de Yopougon, il a ensuite été transféré à la PISAM. ‘’Nous venons de le transférer à la PISAM ; mais sa vie n’est pas en danger’’, a rassuré un infirmier rencontré aux urgences de ce centre hospitalier de Yopougon. Interrogé sur la rumeur des enfants volés dans les écoles par des personnes conduisant des véhicules de type 4X4, le commissaire du District de Yopougon a eu une réponse sans ambages. ‘’Nous n’avons enregistré aucune plainte de parents dans les commissariats de Yopougon jusqu’à ce jour’’, a-t-il confié. Au moment où nous mettions sous presse, il nous a été rapporté qu’un autre véhicule aux vitres teintées, aperçu devant une école primaire d’Adjamé, a essuyé également la furia de la population. Hier, la rumeur a vraiment créé une psychose à Abidjan.

COMMUNIQUE PRESSE du Centre de Commandement des Opérations de Sécurité

Rumeurs d’enlèvement d’enfants

Le CeCOS met en garde

Des rumeurs faisant état d’enlèvement d’enfants sur le territoire du district d’Abidjan ont créé une véritable psychose au sein des populations dans la journée du vendredi 24 octobre 2008. Face à cette situation intolérable, le Commandant CeCOS a aussitôt instruit le chef des opérations du CeCOS à l’effet de rechercher tout renseignement relatif à cette question, d’interpeller tout individu auteur de tel acte, de rassurer les populations et de poursuivre avec une montée en puissance du dispositif sécuritaire, notre mission étant de sécuriser les populations du District d’Abidjan. En effet, les investigations menées sur le terrain ce jour vendredi 24 octobre 2008 par le dispositif opérationnel font état de ce que : 30 appels téléphoniques ont été enregistrés dans la matinée. Les secteurs concernés sont Abobo - Yopougon - Plateau Dokui - Angré Résultats : - aucune déclaration ni plainte enregistrée dans un commissariat de police ou une Brigade de Gendarmerie
-  Aucune des personnes interrogées (chef d’établissement, personnes physiques, témoins probables) n’a pu attester de la véracité des faits mentionnés
-  Aucun cas porté à la connaissance du PC CeCOS n’est attesté. Le Général de Brigade GUIAI BI POIN GEORGES, Commandant le Centre de Commandement des Opérations de Sécurité (CeCOS) réaffirme l’engagement de son unité, compétente sur le territoire du District d’Abidjan, à assurer avec détermination sa mission de protection des populations, bien évidemment en synergie avec toutes les composantes des Forces de Défense et de Sécurité. Le dispositif du CeCOS reste en posture de vigilance accrue afin de porter assistance à tout citoyen en danger et de prévenir toute situation de détresse. Le Commandant CeCOS lance un appel pressant aux populations, les invite au calme et à la sérénité ; mieux à s’approprier les numéros d’appel d’urgence du CeCOS et à ne pas hésiter à s’en servir à bon escient. C’est le lieu de rappeler enfin à l’ensemble de nos braves populations nos numéros d’alerte :

-  147 (numéro vert)
-  22 48 20 56 / 04 10 49 42 / 04 10 49 43

La Cellule communication du CeCOS

par G. DE GNAMIEN

Source : linter-ci

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