Le Parti Ecologique Ivoirien



Opération coup de poing contre le racket/ première journée, hier Gbaka et woro woro : LES “SANS PAPIER” ONT GARÉ



mardi 03 juin 2008 - Par Fraternité Matin


GbakaMalgré la mise en application des résolutions du séminaire de Grand-Bassam, certains agents des FDS continuent la vieille pratique. 
De manière générale, d’Adjamé à Koumassi en passant par Marcory et Treichville, les barrages de la police ou de la gendarmerie ont considérablement diminué, voire disparu. Aussi, les véhicules de transport ne possédant pas toutes   les pièces sont-ils restés immobilisés. Cependant, des cas de racket au corridor de Gonzagueville et au barrage de la Riviéra palmerais (route de Bingerville)  nous ont été rapportés par des chauffeurs. Selon Traoré Adama, chauffeur sur la ligne Abidjan-Bassam, les gendarmes en faction au corridor de Gonzagueville ont exigé hier vers 7h30, à tous les véhicules de type 504, venant de Grand-Bassam, le paiement de la somme de 1000 F  pour défaut de surnombre. « Depuis toujours, nous transportons huit passagers dans nos véhicules. Bizarrement ce matin (hier, NDLR), les gendarmes nous disent que nous n’avons pas le droit de prendre deux passagers sur le siège avant-droit. Pour cela, ils nous ont exigé la somme de 1000frs.Ce que nous avons payé», explique notre interlocuteur, entouré de plusieurs collègues, victimes de cette situation.
Face à l’entêtement  de certains chauffeurs qui ont refusé de payer « l’amende » infligée par les gendarmes, indiquent nos interlocuteurs, les pièces de leurs véhicules leur ont été retirées et ils ont reçu des papillons. Avec « surnombre de passagers » comme motif invoqué.

Dans le même temps, les chauffeurs de mini-cars de transport en commun communément appelés « gbaka », assurant la ligne Adjamé –Bingerville, disent avoir été victimes de racket. «Rien n’a changé sur notre ligne.  Ce matin à 6h, les policiers et gendarmes du barrage (Riviera palmeraie), comme chaque matin, ont récupéré les pièces de nos véhicules. Nous avons tous payé les 200 frs avant de continuer le travail », explique Abdoulaye Badé, chauffeur de gbaka.
Vers 10h, toujours selon les chauffeurs, quatre gendarmes postés après le carrefour de la Riviéra 2, se sont mis à contrôler, en plus des pièces des véhicules, les phares, les clignotants, les rétroviseurs, les feux-stop et autres. «Ils ont tout fait pour nous prendre de l’argent. Comme nous sommes pressés, nous ne pouvons pas rester longtemps à discuter avec eux », témoigne Hamed, un autre chauffeur.

Les transporteurs assurant les lignes Adjamé- Yopougon toits rouges, Port-Bouet 2, et Adjamé-Abobo par le zoo, disent être satisfaits de la première journée de l’opération de lutte contre le racket. « Il n’y a rien à signaler. Aujourd’hui, nous travaillons tranquillement. Les agents des forces de l’ordre ne sont pas sortis. Même quand ils sont là, ils ne nous emmerdent pas. Si ça pouvait continuer », disent en chœur les chauffeurs. Réaction similaire chez les chauffeurs de taxis compteurs et communaux d’Abidjan sud (Treichville, Marcory, Koumassi…).

Cela dit, nombre de véhicules de transport en commun n’ont pas bougé hier, pour défaut de pièces.
A la gare des taxis « wôrôwôrô »a Koumassi, terminus du bus 13, plusieurs véhicules sont stationnés. Des chauffeurs assis sous un arbre à côté d’un kiosque à café, souhaitent que le gouvernement revienne sur sa décision ou reporte la mesure. « La plupart de nos véhicules que vous voyez ne peuvent plus aller à la visite technique. Si on doit faire tous les papiers aujourd’hui, ce serait vraiment difficile. Que le gouvernement nous laisse nous débrouiller un peu, le temps de nous mettre en règle », plaide Traoré Brahiman.
Marc Yevou 
• Général Mangou : “Un véhicule sans pièce doit être en fourrière” 
L’Etat-major des Armées et les Grands commandements font désormais de cette lutte contre le racket, l’une de leurs priorités du moment. Ils entendent redorer le blason d’une corporation terni par les actes odieux et ignobles d’une minorité qui annihile du coup l’énorme travail abattu dans l’ombre par la majorité de nos agents. L’heure de la répression et des sanctions a sonné, que chacun prenne donc ses responsabilités. » Par ces propos qui sonnent comme une sévère mise en garde à l’endroit de ses troupes, le chef d’état-major des armées (CEMA), le général de division Philippe Mangou, a procédé le lundi 2 juin comme annoncé, au lancement officiel des nouvelles directives, visant à lutter contre les tracasseries routières. Pour le patron des FDS, tout véhicule dont les pièces ne sont pas en règle sera systématiquement mis en fourrière. La cérémonie de lancement de l’opération, qui a commencé au corridor de la Gesco, s’est achevée à Toumodi à la brigade de gendarmerie dans l’après-midi.

A la Gesco, le décor planté dès 7 h était celui des grands évènements. Après les interventions des uns et des autres, le cortège de trois cars de 70 places chacun, affrétés par une compagnie de transport, s’est ébranlé en direction de la ville de Toumodi. A bord, avaient pris place, le général Philippe Mangou, ses proches collaborateurs, les représentants de tous les corps des FDS, les premiers responsables des corps paramilitaires et le commissaire du gouvernement, le Lt/colonel Ange Kessy, ainsi que la grande famille du secteur du transport et du commerce, avec à leur tête le président de l’Observatoire de la fluidité du transport, M. Lazeni Zana Coulibaly, et le DG de l’OIC, M. Bakayoko Abdul Dramane. Etaient aussi de la délégation les représentants de l’Assemblée nationale et du Conseil économique et social. L’objectif du voyage étant de constater de visu sur l’autoroute du Nord et à Toumodi que les nouvelles directives du CEMA sont effectivement appliquées. A ce niveau, la délégation a pu se rendre compte qu’en dehors de la présence de deux patrouilles de gendarmes en mission de sécurisation de l’autoroute, il n’y a aucun barrage routier jusqu’à Toumodi en dehors du corridor autorisé d’Elibou. Où le général  Mangou a fait une escale pour répéter aux agents en poste les consignes et permettre à leurs hiérarchies respectives de leur remettre officiellement les documents  de l’opération en cours et leur faire porter leurs badges.
A Toumodi où le colonel Ahonon, chef de la légion de gendarmerie de Bouaké délocalisée à Yamoussoukro, et ses hommes attendaient la délégation, il n’y a plus de corridor.  Le général Philippe Mangou et ses collaborateurs ont rappelé à tout le monde les nouvelles directives pour lesquelles il a fait quelques heures plus tôt à la Gesco, une adresse pathétique pour situer le contexte et le cadre de l’opération « fluidité routière». De son allocution, on retient que les tracasseries routières font partie des préoccupations majeures de l’Etat, en ce qu’elles constituent un véritable fléau pour l’économie nationale. Un séminaire sur la fluidité routière s’est tenu pendant trois jours en janvier 2005 à Grand-Bassam. Le CEMA a fait savoir que du fait des rebondissements dans la résolution de la crise ivoirienne,  les résolutions de ce séminaire n’ont pas été mises en œuvre. Et puisque le phénomène du racket demeure récurrent, l’Etat-major est monté à nouveau au créneau à travers les nouvelles mesures médiatisées à outrance. Une opération qui s’étendra sur l’ensemble du territoire national, selon lui. Interpellant les agents des FDS et ceux des corporations paramilitaires, tous grades confondus, il a lancé : « Au moment où les politiques se sont accordés pour dénouer la crise, il nous appartient aujourd’hui de relever un autre défi non moins important, à savoir : exercer avec dignité et honneur nos fonctions respectives. Refusons de nous adonner à des pratiques honteuses d’extorsion de fonds et autres abus d’autorité. Que représentent 200 F, 500 F, 1000 F et même 5000 F devant l’honneur qu’incarne la tenue que nous portons ? Comment pouvons-nous traumatiser, humilier ou harceler d’honnêtes citoyens avec les armes dont l’Etat nous a dotés pour défendre la République ?! Ressaisissons-nous pour contribuer à la relance de l’économie ivoirienne. ». Le CEMA a, par la suite, invité tous les acteurs du transport à jouer leur partition en se mettant en règle. A leur endroit, il a notamment fait savoir ce qui suit : « Sachez que les FDS ont été instruites pour démasquer ceux d’entre vous qui seront de connivence avec les déstabilisateurs de la République. Car c’est justement au moment où plusieurs d’entre vous fustigeaient à cor et à cri le racket et réclamaient plus de fluidité routière que la Côte d’Ivoire a été nuitamment attaquée avec la complicité de certains d’entre vous. Nous serons donc impitoyables pour tous ceux qui se rendront coupables de tels actes. »  A la suite du CEMA, tous les intervenants ont salué la détermination des autorités militaires à juguler le fléau. Landry Kohon 
• Jean-Louis Billon : “Allons au-delà du lancement en fanfare” 
On attend que sur le terrain, la fluidité soit une réalité ; c’est-à-dire qu’un camion qui quitte Abidjan à 6 h, puisse arriver à destination en fin de journée. Il n’y a aucun point du pays qui ne peut être rallié en l’espace d’une journée. Or, avec les tracasseries routières, aujourd’hui, un véhicule qui mettait une journée pour arriver à destination met trois jours. Et tous les transporteurs, tous les commerçants sont touchés par le phénomène. Il ne faudra donc pas que ce soit une campagne en fanfare et qu’au bout du compte, rien ne change. Ensuite, nous avons demandé que chaque agent en uniforme ait son badge et son matricule clairement identifiables, parce qu’aujourd’hui, il y a une confusion totale dans les Forces de défense et de sécurité. On demande aux opérateurs économiques, aux transporteurs, aux individus, aux contribuables, que nous sommes, d’être en règle. Il faut pouvoir être contrôlé. Il faut que celui qui est l’agent de contrôle soit le premier à donner l’exemple.


Propos retranscrits sur  ONUCI FM par Pascal Soro




Source : connectionivoirienne.net

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