Le Parti Ecologique Ivoirien



Guerre de succession dans le camp présidentiel Mme Gbagbo veut récupérer le FPI




mardi 21 octobre 2008 - par l'Inter
 


Subtilement, mais suffisamment éloquents pour ne pas échapper à l’observateur attentif de la scène politique ivoirienne, les faits et gestes dans l’entourage du tenant actuel voilent à peine la lutte de positionnement que se mènent ses proches. Au sommet de cette lutte, l’icône visible, qui ne fait aucun effort pour voiler ses ambitions, c’est la Première Dame. Député à l’Assemblée nationale, présidente du groupe parlementaire du Front populaire ivoirien (le parti au pouvoir) dont elle est la 2ème vice-présidente, l’épouse du chef de l’Etat ne tient pas son morceau de maintenant. Il y a longtemps que Simone Ehivet Gbagbo, qui veut figurer au nombre de ces femmes politiques, qui émergent de partout dans le monde, se prépare dans l’ombre de son époux. A l’instar des Michelle Bachelet au Chili, de Angela Merkel en Allemagne, de Ellen Johnson Sirleaf tout près de nous au Liberia, mais surtout de Cristina Fernandez Kirchner, qui a succédé à son époux Nestor Kirchner, il y a un an en Argentine, Mme Gbagbo voit déjà loin. Elle voit déjà briller son étoile après le passage de son mari au pouvoir. Si c’est arrivé ailleurs, pourquoi pas en Côte d’Ivoire ? C’est cette ambition à peine voilée que nourrit la Première dame ivoirienne, qui ne lésine point sur les moyens et ne tarit pas de stratégies pour atteindre son objectif. Outre son ascension à la tête du Groupe parlementaire de son parti - un poste qu’elle aurait pu concéder aux autres cadres et non des moindres que regorge le FPI -, elle plane aujourd’hui sur l’ensemble des moyens de mobilisation à l’actif du pouvoir actuel. Mme Gbagbo est omniprésente dans la sphère présidentielle. Troisième personnalité du FPI, elle joue ses premiers rôles dans sa famille politique où elle ne manque aucune occasion pour s’illustrer. La bouillante député, qui a réussi à s’imposer dans la commune populaire d’Abobo est surtout la toute puissante secrétaire général du Congrès national pour la résistance démocratique (CNRD). Une structure composée de toutes les formations politiques et mouvements patriotiques oeuvrant dans une sorte de mouvance présidentielle et au sein de laquelle le FPI joue les seconds rôles. Le CNRD, avec Simone Gbagbo, apparaît comme le moyen le plus sûr de verrouiller sinon de récupérer le FPI noyé dans le flot des composantes de cette coalition. A travers ce mouvement, la Première Dame, qui apparaît comme la plus forte personnalité derrière l’honorifique présidence confiée à l’écrivain octogénaire, Bernard Binlin Dadié, capitalise à la fois les acquis de son parti et de la lutte patriotique dont elle se positionne comme un des tenants incontournables dans la guerre subtil de succession à son mari. Dans son combat, la vice-présidente n’est pas seule. Elle a avec elle tout le groupe financier du camp présidentiel notamment des hauts cadres de son parti qui lui confèrent une fluidité financière, confortent ses capacités d’action et ses marges de manœuvre. N’est-ce pas elle qui est aux côtés de celui qui nomme ? Aujourd’hui, à l’approche des prochaines élections, le CNRD qu’elle pilote veut se positionner comme le fer de lance de la campagne du président Gbagbo. Et ce, au détriment de l’appareil du parti au pouvoir, qui, depuis l’approche des échéances en 2005, a conçu et élaboré ses stratégies en quadrillant l’ensemble du territoire national par ses directions éclatées de campagne. Désigné le 30 août dernier, par le FPI à Yamoussoukro comme son candidat, le président Laurent Gbagbo, face à toutes les cours à lui faites, se trouve dans un profond embarras pour choisir son directeur national de campagne. Là encore, Simone Gbagbo, auréolée de son long parcours aux côtés de son camarade-mari se fera certainement écouter. Elle pourrait peser dans le choix du chef de l’Etat. Mais, depuis quelques années, la Première Dame n’est plus la seule à décider dans l’entourage très proche du président de la République. Avec elle, il y a Mme Nadi Bamba, sa co-épouse, qui s’intéresse de plus en plus à la politique aux côtés du chef de l’Etat. La Dame de fer de Touba apparaît dans le sillage présidentiel comme une sorte de contre-poids aux ambitions de sa devancière qui fonce dans le tas de son parti, en attendant son heure. Cette heure, Mme Gbagbo n’est pas également la seule à l’attendre. Dans son coin, le leader des jeunes patriotes, Charles Blé Goudé, lui-aussi, n’a pas dit son dernier mot. Le patron de Leaders Team Associated, une société de communication politique qu’il vient de créer, manœuvre pour être dans le starting bloc des présidentiables de l’après Gbagbo. A commencer par la direction de campagne du candidat au pouvoir qu’il guette aussi pour se positionner. Charles Blé Goudé, c’est le cadet qui veut jouer au trublion. Dans le camp présidentiel des camarades se regardent sans trop être tournés vers les mêmes ambitions, par les moyens et pour les mêmes objectifs.

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Source : http://www.connectionivoirienne.net

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