Le Parti Ecologique Ivoirien



Reportage : Acculées par la pauvreté
Ces mineures qui se prostituent à Yamoussoukro



samedi 31 mai 2008 - Par l'Inter


prostitutions infantilesComment les proxénètes font la loi. samedi 31 mai 2008 par Kouamé Lou Bia Hortense (Yamoussoukro)  comme la petite Marie France D. une jeune ivoirienne découverte avec d’autres jeunes filles prostituées dans la nuit du 27 Mai 2008, devant l’hôtel le rônier, situé à la rue des maquis juste derrière l’hôtel akwaba. C’est le lieu de prédilection des filles de joie. A Yamoussoukro, des hôtels et des maquis poussent comme des champignons. C’est dans ces lieux qu’on trouve les prostituées de toutes catégories dont l’âge varie de 14 à 30ans. Marie France D. jeune ivoirienne de 15ans vivant à Yamoussoukro avec ses parents est au nombre de celles-ci. Elle est prostituée depuis un an et demi. Son père fait un petit boulot dont elle ignore le nom et sa mère est mariée à un autre homme. « Je fais cela pour payer mes petites affaires parce que ma maman n’a pas d’argent. Elle ne travaille pas. Je bois mais je ne fume pas comme les autres le font. Je me protège. J’accepte de sortir avec des vieux quand ils me donnent beaucoup d’argent, sinon je n’aime pas les vieux. Moi je préfère les jeunes. Je travaillais avec une femme mariée à un blanc mais elle est sévère c’est pourquoi je suis partie, mais si je gagne beaucoup d’argent je vais abandonner ce métier. Je voudrais travailler quelque part où on ne me maltraite pas », a- t- elle déclaré. Pendant qu’elle parlait, certaines de ses collègues de service exposaient leurs cuisses et leurs seins pour mieux appâter les clients. D’autres filles beaucoup plus dévergondées s’accroupissent carrément pour mieux faire voir leur postérieur aux passants. Une façon pour les prostituées de vendre leurs charmes. Ces belles sont alignées à moitié nues comme dans les lupanars pour attendre leurs hommes. Chacune d’elles a pu nous livrer son témoignage en dépit de leur occupation. Sali Silla, 23 ans, filiforme à l’allure sahélienne vivait avec son petit ami ici à Yamoussoukro. Elle aussi se prostitue depuis longtemps à Abidjan. « j’ai quitté Abidjan pour venir travailler ici, mon copain me donne de l’argent. Il s’occupe très bien de moi, mais je suis habituée à ça et puis je voudrais avoir de l’argent pour moi-même. Quand je viens me prostituer, mon copain ne le sait pas. Je lui dis que je vais me promener. Mais je me protège à cause des maladies et des grossesses non désirées, parce que j’ai déjà perdu deux enfants sans père. » affirme t-elle sans gêne. Combien gagnent -elles par nuit ? Les réponses varient car les chiffres d’affaires sont instables. D’après sali, chaque fille a sa chance, souvent même elle ne gagne rien ou alors elle ne gagne seulement que 1000fs. « je fume fine light avec un peu de ‘’fort’’ pour ne pas avoir honte, il y a des hommes qui nous violentent souvent mais on fait avec. Ce sont les risques du métier », indique t-elle avec un brin d’humour. Pour Rokia, Kamara la vie n’est pas facile car elle est orpheline de père et de mère. Elle a un enfant qu’elle a donné à son père. Elle soutient n’avoir personne pour lui venir en aide. Elle vivait auparavant à Abidjan avec ses sœurs et cousines qui se débrouillent. « je me débrouille. Quand je vais avoir de l’argent, je vais rentrer à Abidjan pour voir mon enfant », confie t-elle en mentionnant les difficultés qu ‘elles rencontrent très souvent avec leurs macs ou proxénètes sans cœur. « Les brigands là, quand ils viennent, ils veulent faire avec force sans donner l’argent et puis ils s’en vont. On ne peut rien faire. Il y a un qui m’a donné trente (30.000f) pour faire l’amour sans capote mais j’ai refusé et il a pris son argent et est parti. hala kabo (Dieu est grand). Il ne m’a pas fait de mal ce jour-là » a t-elle expliqué. A la question de savoir si elles sont lesbiennes aussi, voici ce que quelques unes d’entre elles ont déclaré « moi, je les envie ces lesbiennes. Elles sont très propres. Elles sont fières d’elles. Elles ne nous approchent même pas parce qu’elles se disent que, nous, les prostituées nous sommes sales.(rire). « Mais c’est vrai parce que tout le monde couche avec nous, vieux comme jeunes » s’exclame une autre du nom de G. Cristelle une fille vivant à Yamoussoukro depuis 2 mois. Cristelle, elle, a 22 ans. Elle ne fait rien dans la vie si ce n’est que la prostitution. En ce qui concerne Cindy Jerry , 24 ans, nigériane, vivant à Yamoussoukro depuis longtemps, elle est venue en Côte d’Ivoire pour les affaires commerciales. Ces affaires ayant périclité, et ne sachant où aller, elle a donc décidé de s’adonner au plus vieux métier du monde. « J’ai commencé à faire la prostitution il n’y a pas longtemps de cela, comme je suis tombée et je ne sais plus où aller, mon copain n’ayant rien à me donner, j’ai décidé de venir ici, pour me débrouiller en vue de faire mes économies personnelles. Car je suis loin de mes parents. Mais si j’ai eu un bon travail je vais quitter dedans ». Un constat : ce sont les difficultés de la vie, notamment la pauvreté qui ont amené toutes ces jeunes filles sur les chantiers de la prostitution. La ruée vers Yamoussoukro s’explique par le fait que c’est la capitale politique, un lieu où se tiennent régulièrement des séminaires, des réunions politiques, forums etc. Alors, le marché de la prostitution flambe à Yamoussoukro à cause de la demande de plus en plus forte. Prostituées malgré elles ? Peut -être, mais toutes ces filles n’ont en commun qu’un seul rêve : Faire vite fortune et tirer un trait sur ce métier qu’elles trouvent toutes répugnant. Vœu pieu ? Qu’à cela ne tienne. En tout cas, toutes veulent arrêter si une opportunité leur était présentée.




Source : linter-ci.com

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