Le Parti Ecologique Ivoirien



A quelques semaines de son deuxième voyage en Afrique
Des Ong françaises interpellent Sarkozy sur sa politique africaine

Vendredi 22 février 2008 - Par Nord-Sud
 
   
FraçafriqueQuelle politique africaine pour la France ? Au moment où le sujet suscite à nouveau des débats au sein de la classe politique hexagonale et de l’opinion, un collectif d’associations et d’Ong  interpelle le président  Sarkozy et fait des propositions.


A quand la signature de l’«acte de décès» de la Françafrique? A quelques semaines de son second voyage en Afrique, des Ong et associations françaises interpellent solennellement Nicolas Sarkozy.

Au cours d’une conférence de presse tenue la semaine dernière à Paris, un «Collectif d’associations et d’Ong» françaises dont ATTAC, Survie et Secours Catholique ont vivement appelé le président français à tourner la page de la Françafrique. Au moment où se profile à l’horizon un second voyage du numéro Un français en terre africaine. Le collectif  qui a élaboré en juin 2007 une «Plate forme citoyenne France-Afrique», appelle à une véritable rupture dans la politique africaine de la France. Comme l’a laissé entendre à la mi janvier, le secrétaire français à la Coopération, Jean Marie Bockel. Dans un entretien au journal Le Monde, l’ancien socialiste avait jeté un pavé dans la mare de la Françafrique déjà trouble. Selon lui, il était temps pour Nicolas Sarkozy de concrétiser la rupture promise dès son accession à l’Elysée. «La Françafrique est moribonde. Je veux signer son acte de décès », lançait-il péremptoire.

Depuis, aucun acte concret n’est venu confirmer de telles déclarations pour le moins fracassantes. Au contraire, les récents événements qui ont marqué l’actualité africaine, notamment la crise survenue au Tchad ont fait resurgir la polémique sur l’avenir des relations franco-africaines. Quid des bonnes intentions de Sarkozy ?

Le Collectif des associations et Ong ne l’entend pas de cette oreille. Ses membres viennent de rédiger une feuille de route à l’intention du président français «pour une politique de la France responsable et transparente». Pour  Fabrice Tarrit de Survie et coordinateur du livre blanc justement intitulé “Pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente” (édition l’Harmattan), la mobilisation a pour but de «faire rebondir le débat pour que les citoyens s’en emparent». Depuis quelques années, le malaise est perceptible dans les relations entre l’ancienne puissance coloniale et ses partenaires africains. On cite pêle-mêle les événements de novembre 2004 en Côte d’Ivoire, l’élection controversée de Faure Eyadema au Togo en 2005, l’affaire de l’Arche de Zoé et la gestion de la récente crise tchadienne dans la quelle les autorités françaises ont reconnu avoir appuyé militairement le président Idriss Deby Itno en difficulté. Autant d’errements qui suscitent des inquiétudes au sein des organisations et Ong françaises. «Certes, il est tôt pour faire un bilan de la politique africaine du président Sarkozy. Cependant, les conditions sont réunies pour un tournant de la politique africaine de la France», admet Jean Merckaert du Comité catholique contre la faim et pour le développement (CCFD). Avant son accession au pouvoir, l’ancien ministre français de l’Intérieur avait annoncé tambour battant son intention de rompre avec la politique africaine version Mitterrand ou Chirac. N’appelait-il pas à «tourner la page des complaisances, des secrets et des ambigüités»? Les premiers mois de son règne ont semblé confirmer sa volonté d’en finir avec la Françafrique, façon Jacques Foccart. Les faits aujourd’hui incitent plus au doute. Les plus sceptiques pointent du doigt quelques faits à tout le moins significatifs: «Le soutien témoigné par le nouvel exécutif à des chefs d’Etat comme Denis Sassou Nguesso ou Omar Bongo, les négociations commerciales effectuées avec la Lybie de Kadhafi, la réapparition de quelques résidus de réseaux, l’hommage de Sarkozy à Jacques Foccart fin septembre 2007», déplorent les signataires de la plateforme citoyenne France-Afrique. Qui notent dans un mémorandum que leur souhait n’est «pas que la France cesse d’être un acteur économique ou culturel sur le continent africain; mais plutôt qu’elle réforme profondément sa stratégie en Afrique.»

Le collectif réclame, entre autres, une politique de la France en Afrique soumise au contrôle parlementaire et citoyen, une coopération conditionnée au respect des droits de l’Homme et destinée à lutter contre la pauvreté de même qu’une présence militaire multi latéralisée et transparente. Ces propositions seront remises au président français, à en croire Fabrice Tarrit et ses amis qui n’en démordent pas.

Karim Wally, correspondant permanent à Paris


 

Source : news.abidjan.net/presse/nordsud

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