Le Parti Ecologique Ivoirien



Sécurité urbaine - Le ministre Tagro surprend des policiers endormis aux postes


mercredi 30 juillet 2008 - Par le Temps
 


L’opinion nationale avait tout simplement cru qu`avec la survenue de la guerre entraînant son corollaire d`insécurité ambiante, l`autorité en charge de la sécurité urbaine allait redoubler de vigilance. Elle s`en était convaincue d`autant plus que les premières cibles lors des attaques sont d`abord les "hommes en tenue". Mais à l`épreuve de la réalité du terrain, les citoyens ivoiriens et tous ceux qui vivent sur le sol ivoirien découvriront une évidence implacable. Notre sécurité est menacée. Pas parce qu`il n`y a personne pour l`assurer mais tout simplement parce que ceux qui sont chargés de le faire se comportent, au contraire, comme de simples citoyens sur qui une autre corporation devrait veiller. Le mal est si pernicieux que le ministre de la Sécurité, la mort dans l`âme, s`est extériorisé en public. Désiré Tagro, à l`issue de deux visites inopinées dans les nuits de 28 juin et 26 juillet, pour savoir ce qu`il en est de notre sécurité, dresse un bilan qui donne froid dans le dos. Mais en fait, les Ivoiriens le savaient déjà. Au commissariat du 8e arrondissement, ce sont des agents qu`il trouve dans les bras de Morphée, sur le comptoir. Pareil à la CRS2, la sentinelle en faction a dressé des matelas sur lesquels elle ronflait. Même le bruit des moteurs des véhicules du cortège du ministre n`a pu réveiller nos agents de sécurité publique. Pis, il y en a même qui se sont énervés que le patron les dérange à une heure si tardive de la nuit. Quel culot ! " Nos sommes rentrés avec notre cortège de 8 à 10 véhicules. Malgré les bruits des engins, personne ne s`est réveillé. L`une d`entre elle a trouvé qu`on l`avait dérangée. Le lieutenant responsable de l`équipe de garde dormait aussi. " Regrette le ministre de la tutelle. A l`aéroport, Désiré Tagro trouve la scène plus humiliante. Là-bas, c`était comme si il n`y avait pas de commissariat. Le poste était fermé, le personnel était allé voir le footballeur camerounais Eto’o Fils qui venait d`arriver en terre ivoirienne. Quand on sait que l`aéroport est considéré comme l`une des portes principales d`accès au territoire de tout pays, il y a de quoi avoir des frayeurs en Côte d`Ivoire. Partout où le ministre de l`Intérieur est passé, la désolation est la même. Que ce soit à Bingerville ou à Bassam, si les policiers de garde ne dorment pas sous des draps douillets, ils sont absents. Prétextant de leurs gardes de nuit, nos forces de l`ordre profitent pour découcher pendant qu`en famille leurs épouses les croient bonnement en mission pour la Nation. Il faudrait peut-être chercher ici la première cause de la mort " au front " de nos agents de police. Sinon comment comprendre qu`un agent des forces de l`ordre puisse se laisser surprendre par l`ennemi s`il n`est pas en train de dormir au moment de l`attaque. Ce qui différencie un agent de sécurité en faction du simple citoyen ou de l`assaillant, c`est que le premier est tenu d`être en éveil permanent pendant que le second dort sans souci et que le dernier soit empêché d`accomplir son forfait. Alors, si le policier doit ignorer les infrastructures et le citoyen sur qui il est tenu de veiller et pour lesquels il est payé, il y a problème. Et quand il y a problème, il doit y avoir solution. Et la solution doit être trouvée par le ministre de tutelle. Désiré Tagro, nous le pensons sincèrement, doit aller au-delà de la simple sensibilisation des différents chefs hiérarchiques de la Police nationale. Un ministre ne passe pas tout son temps à sensibiliser. Il doit pouvoir sanctionner quand il le faut. Car, si on peut guérir d`une blessure on ne guérit jamais de la mort. Il faut éviter que par leur sommeil, leurs abandons de poste, des agents de police exposent le citoyen à la mort.

Simplice Allard

Source : abidjan.net

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