Le Parti Ecologique Ivoirien



Accusé d`avoir organisé la fuite d`une “criminelle” vers l`Italie/
 Ange Kessy formel : “Tout ce qu`on me reproche est faux”





Jeudi 02 octobre 2008 - par Le nouveau Reveil
 


 A ccusé de faux et usage de faux et d`avoir organisé la fuite de dame Soumah Aïtta en Italie, le procureur militaire, Ange Kessy a reçu hier une équipe de "Le Nouveau Réveil" à son bureau sis au 17ème étage de la Tour A de la cité administrative du Plateau en vue de faire toute la lumière sur cette rocambolesque affaire. Dans l`interview que le procureur militaire nous a accordée, l`homme de droit a fait remarquer que tout ce qu`on lui reprochait était du faux. Interview
M. le procureur militaire, votre nom est mêlé à une affaire rocambolesque qui défraie actuellement la chronique. Il vous est reproché d`avoir soustrait une dame répondant au nom de Soumah Aïtta d`une procédure criminelle en cours et d`avoir facilité sa fuite vers l`Italie.
Je ne sais pas d`où vient cette information et peu importe, vous êtes couvert par la loi au niveau de votre source d`information. Mais j`ai su déjà en évoquant cette affaire de qui il s`agit. Un matin, j`ai été appelé par mon adjoint le juge d`instruction. Dans la structure du tribunal militaire, il n`y a pas d`adjoint. Après le Commissaire du gouvernement, le magistrat le plus gradé fait office de cela. Et ici, le magistrat le plus gradé, c`est le juge d`instruction du 1er cabinet qui s`appelle le lieutenant colonel Assoua. Il m`appelle pendant que je suis en mission pour me dire "Commissaire, il faut rentrer c`est urgent ". Il a tenté à 3 reprises de me joindre et c`est mon garde du corps avec qui j`étais en mission qui m`a dit : " Commissaire, le lieutenant colonel Assoua essaie de vous joindre ". Il ne m`appelle jamais, c`est très rare, quand il y a des affaires, c`est lui qui les règle en mon absence. Mais s`il m`appelle c`est que c`est grave. Il m`informe alors que le général Affro menace d`arrêter le commissaire Ouattara Stevens. Je demande ce qui se passe. Il m`explique que c`est une affaire où une dame a été victime d`escroquerie de la part du commissaire. J`ai demandé un certain nombre de documents à notre ami qui me dit que ce genre de situation ne date pas de maintenant, les actes d`escroquerie et d`abus de confiance commis par ce type-là sont légion. Et chaque fois, je collectionne les plaintes en disant, je vais les garder et après on verra. Cet " après on verra " est une faute de ma part. Ce n`était pas pour le couvrir mais lui donner une seconde chance de ne plus faire cela. Et cela faisait la 4ème plainte que je venais d`enregistrer. Il y avait des plaintes de ses amis commissaires et bien d`autres aussi dont la plainte n`est pas arrivée ici. Mais je me rappelle très bien d`un sous officier qui est au commissariat du port et qui devrait comparaître devant le tribunal. Il a appelé pour dire que le commissaire voulait tel montant. C`est après que le sous-officier est venu me rapporter cela quand il a été condamné. Il m`a dit " monsieur le commissaire, je vous ai donné 400.000 francs et je suis condamné ". Je lui ai rétorqué : à moi ? Il dit non, je les ai remis au commissaire Stevens. Donc parole d`un sous-officier et d`un magistrat, j`ai laissé tomber. Le fait même qu`il soit un commissaire, on ne va pas le confronter avec un sous-officier. Je lui ai dit que je n`ai rien pris avec lui, c`est pour cela que tu es en prison. Peut-être qu`il y a certains cas. Surtout quand ils ne sont pas condamnés, ils pensent que c`est parce qu`il m`a donné de l`argent qu`il n`est pas condamné. Ça, j`ai appris qu`il y a de pots de vin qui sont versés et ça n`a pas marché. Si cela avait marché, je ne le saurais jamais. Donc pour revenir à cette affaire, je lui ai dit, " Ouattara, cela fait la énième fois que ce cas se produit. Le général Affro vient juste de passer chez moi. Il t`appelle pour que tu rembourses l`argent d`une de ses connaissances que tu as escroquée. Tu l`insultes en disant toi-même tu as ton dossier ici, si tu fais je vais t`arrêter. Il est poli ce monsieur il aurait dû envoyer des gens ici pour t`arrêter s`il le peut. Et il le peut parce qu`avant tout il est militaire. Il t`arrête et après on envoie un message pour t`affecter. Cela dit, rembourse l`argent de la dame ". Il me dit qu`il n`a rien à lui rembourser. Chose que j`ai apprise, il s`apprêtait à la faire arrêter. Imaginez-vous un tribunal militaire en train de juger une telle affaire. Je lui ai dit " mon général laisse tomber, c`est la énième fois mais comme vous-même vous êtes intervenu et il vous a agressé, je vais régler cela ". J`ai appelé la dame en question. Et je lui ai demandé s`il l`avait escroquée. Elle a répondu oui. Je lui ai demandé par la suite si elle avait déposé une plainte. Elle a fini par me raconter. Je lui ai dit qu`ici ce n`est pas comme au commissariat ou vous arrivez, on vous écoute et on prend note. Non ! Allez-y écrire votre plainte, et déposez-la chez moi. Donc sur-le-champ, elle a écrit. C`est ce qui explique que les deux personnes, la dame en question et un autre monsieur, lui, il ne savait pas écrire et lire. Lui, il escroque tout le monde, que tu sois chauffeur de Gbagbo ou vendeur de portable, il peut t`escroquer. Et donc le monsieur en question, un certain Diallo, qui ne savait pas lire du tout, c`est la dame qui a écrit sa plainte. J`ai demandé à la dame, c`est pour un visa qu`il vous a escroquée ? Elle m`a dit oui. J`ai voulu aller en Europe pour aller me former, d`ailleurs j`ai voulu venir travailler ici, je me suis dit qu`il fallait que je sois formée. Et je lui ai dit que si vous voulez être formée, c`est à une école que vous devez écrire pour vous envoyer les papiers et vous envoyer dans le consul pour qu`ils vous octroient le visa. Ce n`est pas ici dans un tribunal qu`on donne le visa. Elle dit non c`est en dehors du tribunal. Comment j`ai dit à la femme de porter plainte. En fait comme c`est un escroc et les escrocs ont toujours des manœuvres. La dame est allée porter plainte et il est passé derrière le lieutenant de police pour le menacer c`est un commissaire et en plus il est juge. Et c`est pour cela que la dame est venue ici. Parce qu`il lui a dit tu iras te plaindre là-bas ça ne va pas aboutir.

Qu`est-ce que vous avez demandé à cette dame ?
J`ai demandé à cette dame d`aller dans une ambassade. Je lui ai indiqué la voie à suivre. Quand elle a suivi la voie que je lui ai indiquée, il semble qu`elle a écrit à une école, qui lui a envoyé les papiers, et elle est partie. Mais avant, elle m`a dit qu`il lui faut le billet d`avion, qu`il faudrait qu`il la rembourse. Je lui ai dit madame, si vous avez eu votre visa, allez-y, ne vous inquiétez pas, laissez tomber, ce n`est pas grave, laissez ça à Dieu. C`est ce que je lui ai dit. En lui disant " laissez pour vous à Dieu ", c`est pour le sauver. C`est vrai qu`en ma qualité de chef, je peux lui taper dessus. Ça c`est la première réaction d`un chef. Un magistrat qui est escroc, c`est très grave. Et comme je vous ai montré les papiers, 4 ou 5 plaintes c`est encore plus grave. Je voulais lui donner encore une chance en lui disant que c`est une affaire entre nous. Et le général, je lui ai dit pardon, je vais lui montrer la voie à suivre et elle va partir. Sinon je ne connaissais pas la fille en question sauf le jour où j`ai été informé de ce qu`on menace un magistrat.

Je voudrais revenir sur les allégations qui sont portées contre vous. On vous reproche d`avoir facilité sa "fuite" vers l`Europe. Ce que nous voulons savoir, est-ce qu`il n`y avait pas une procédure criminelle qui était engagée contre cette dame ?
Merci de me poser la question. C`est un peu ce qu`on appelle un détournement de procédure. Vous Saint Clair, je vous braque ou je vous vole, vous allez vous plaindre, c`est moi Ange Kessi, qui vous ai braqué qui se retourne pour dire que c`est vous Saint Clair qui m`avez volé. Comment appelez-vous cela ? Vous allez vous casser la tête. C`est ce que ce monsieur a fait et c`est la technique de tous les escrocs. Je vous dis que c`est la dame qui se plaint contre le monsieur. Il n`y a aucune procédure contre cette dame. C`est plutôt elle qui a initié une procédure contre lui. C`est ce que le chef d`état major qui est mon aîné et mon supérieur m`a dit " Tu as mal fait de couvrir ce monsieur ".

Cette affaire est assez étrange. Ce matin, vous avez donné des documents ou des copies que le substitut du procureur militaire a adressés au chef d`état major et au ministère de la Défense pour les informer qu`une procédure était en cours contre la dame en question
J`en viens, il y a une plainte qu`il a envoyée au chef d`état major pour lui dire qu`il y a une procédure contre cette dame. C`est lorsque la dame a commencé par le harceler qu`il est allé se plaindre. Et se plaindre de quoi, harcèlement sexuel.

Dénonciation calomnieuse, faux et usage de faux,…
Donc il a porté plainte contre la dame pour faux et usage de faux.

Elle se cache sous une double identité. Tantôt elle s`appelle Aïtta Soumah… dites-nous sous quelle identité elle s`est présentée au tribunal.
Je pense que dans la plainte qu`elle a envoyée, c`est Aïtta Soumah qui figure sur la photocopie de sa carte d`identité.

Et le nom Pohan Olga Marie Chantal?
Vous pouvez demander au général Affro, c`est sa cousine. C`est une invention, elle ne s`appelle pas Pohan. C`est Aïtta Soumah. Elle ne s`est jamais appelée de cette façon. Le jour où j`ai reçu sa plainte, c`est Aïtta Soumah qui figurait sur ses papiers.

Comment cette dame en question est-elle partie en Italie et quand. Comment l`avez-vous rencontrée ?
Je l`ai rencontrée le jour où l`affaire a éclaté avec le général Affro. Quand on m`a tenu informé, je l`ai appelée et elle m`a expliqué comment l`affaire s`est passée. Et je lui ai demandé si c`est pour un visa que mon collègue l`a escroquée, si elle ne sait pas où on fait les visas. Je lui ai indiqué une ambassade, un consul. Et c`est là-bas qu`elle est partie se faire établir son visa.

Il vous est reproché de l`avoir fait passer pour une avocate et d`avoir fait des démarches insistantes auprès de l`ambassade pour dire qu`elle partait en mission avec vous en tant qu`avocate et que vous seriez partis en Italie ensemble le 20 septembre.
D`abord, je n`ai jamais été à l`Italie. Et quand l`affaire éclatait, je n`étais même pas ici. J`étais en mission. C`est quand je suis arrivé que j`ai appelé cette dame pour lui dire : vous voulez arrêter mon magistrat. Qu`est-ce qui se passe ? Je vous ai dit que nul ne peut se prévaloir de sa propre turpitude. Vous voulez avoir un visa, vous ne savez pas où aller ? J`aurais pu attendre pour dire que de toutes les façons c`est un escroc. On n`emprisonne pas les escroqués mais les escrocs. J`aurais pu envoyer ce magistrat au Conseil d`enquête. J`ai laissé tomber. Je sais que ce monsieur a beaucoup de dossiers mais ce n`est pas grave. Je l`ai aidé à suivre la voie qu`il fallait. C`est tout ce que j`ai fait.

Mon commissaire, est-ce qu`il y a une fois eu confrontation entre Aïtta et votre substitut ?
Entre Aïtta et mon substitut ?

Oui
Dès lors que l`affaire a éclaté, le monsieur est parti en congés. Je ne l`ai plus revu jusqu`à ce que cette dame-là parte. C`est lorsque la dame est partie que je l`ai appelé pour lui demander ce qui se passe. J`ai tous les documents ici. J`ai même des CD ici qui disent que même si elle vient me voir, elle ne peut rien faire parce que lui-là doit me remplacer. Il a dit mon commissaire, c`est faux, cette dame est dangereuse. Il voulait me montrer un message où la femme lui dit je t`aime, etc. Mais il ne l`a plus retrouvé. Quand j`interroge la femme elle me dit que ce monsieur l`appelait chaque fois pour lui faire des avances, des trucs comme ça. Je me demandais mais qui harcelait qui entre vous deux. C`est pour cela que le matin j`ai appelé les deux parents qui venaient se plaindre avec la dame.

Les deux parents de qui ?
Les deux parents de la dame qui est partie. Je les ai eus ce matin. Ils étaient là pour s`expliquer. Ils ont dit que c`est le monsieur-là qui les embête, qu`il n`a jamais été question de harcèlement. Aucune procédure à ma connaissance n`est contre cette dame-là. C`est lorsque le monsieur-là s`est rendu compte que la dame le connaît qu`il a couru dans un commissariat pour menacer d`abord ceux qui étaient là-bas qui avaient enregistré la plainte du lieutenant Kanga pour leur dire ne faites pas parce qu`on tout rapporté. Mais aucune procédure n`a suivi contre la dame. Si une procédure était suivie contre cette dame, pourquoi elle défilait ici à chaque fois ? Il n`y a pas un seul jour où elle ne venait pas pour prendre le résultat de l`enquête. Elle n`a jamais été en fuite jusqu`à ce qu`elle parte. Ce sont ses parents qui ont dit qu`elle est partie. Je dis si elle est partie, c`est l`essentiel. Je pense quand même qu`elle cherchait un visa. On lui a indiqué le lieu où on fait le visa, elle est partie verser l`argent. J`aurais pu dire, non, ne verse pas l`argent. Ce monsieur-là, si je ne l`avais pas autorisé, il aurait malgré tout demandé à ce qu`on rembourse toujours son argent.

M. le procureur, je comprends. Mais ce qui m`étonne dans ce que vous dites, c`est que vous avez un collaborateur, un escroc notoire, que vous semblez couvrir et qui surgit dans le milieu de la justice.
J`attendais des preuves et en matière de preuve, c`est sur la plainte. Parce qu`à chaque fois comme je vous ai montré un certain nombre de choses… Ces papiers que je vous ai donnés, avaient des écrits verso non ? Il y avait des écrits derrière. Il est également cité dans les affaires d`escroquerie aux concours. Actuellement, il y a un commissaire de police qui est incarcéré à la prison de Bassam. Dans cette procédure, deux (2) sous-officiers et un lieutenant de police (c`était une femme, je pense qu`en ce moment-là, c`était sorti dans un journal) étaient en prison. Ils l`ont cité comme ayant pris l`argent. Evidemment votre question est bien venue. J`ai eu tort de le couvrir peut-être. Mais je ne l`ai pas couvert. J`attendais que les preuves me soient remises. Effectivement, c`est ce que mes chefs m`ont reproché. Pourquoi vous avez un escroc qui sévit et vous ne faites rien. Le problème c`est qu`il n`avait pas reconnu les faits. Il n`a jamais reconnu. Vous pensez qu`une dame que lui qualifie de sans emploi va mentir sur un sous-officier à plus forte raison sur un commissaire et surtout un magistrat militaire ? On ne peut pas mentir sur un policier à plus forte raison dire qu`il vous a escroqué 4 millions. C`est vrai que c`est la parole d`un magistrat militaire mais il ne faut pas croire à ça. S`il n`avait pas pris son argent, cette pauvre dame ne serait pas venue dire qu`il avait pris son argent. En ce moment-là, il n`était encore pas là parce qu`il était allé en vacance. J`avais constitué le dossier pour qu`il le signe à son arrivée. Et c`est quand il est arrivé que je lui ai présenté le dossier que j`ai contre lui. Il a commencé à s`exciter. Il est sorti de mon bureau et au moment où je le revois, je le revois avec un article.

Et c`est ce monsieur que vous semblez couvrir qui inonde toute la République avec un document qui vous accable profondément et sérieusement ?
Ce monsieur est un magistrat militaire. Et comme je le dis, il y a des choses qui se règlent en famille. Le linge sale se lave en famille.

Qu`est-ce que vous comptez faire ? C`est un cas de pourriture dans le milieu ?
Je ne vous cache rien. Ce matin, quand j`ai rencontré le chef d`état major, le directeur général de la police ainsi que le général Affro qui étaient au courant, c`est lui qui a eu à m`informer de cette escroquerie, m`a dit qu`il ne pouvait pas me couvrir. J`ai dit mon général, ce n`est pas une faute de commandement, je ne l`ai pas couvert. C`est vrai que je n`aurais pas dû passer par là mais face à ces plaintes, j`attendais le moment venu pour le faire. Puisque si je l`avais couvert, je vais cacher certains faits. Mais comme vous le voyez, je n`ai rien caché. Même le CD est là. D`ailleurs au moment où cette énième plainte arrivait, il était en congé judiciaire. C`est pour cela qu`il n`y a pas eu de confrontation. Parce que quand la femme était là, il n`était pas là. Il dit que la femme est recherchée mais c`est faux. Cette femme-là, pendant un mois, se promenait ici. Donc pour répondre à votre question, cette dame ne fait l`objet d`aucune poursuite judiciaire, aucun juge n`a lancé un mandat d`arrêt contre elle, aucune police, sauf s`il est allé corrompre parce que les escrocs sont capables de tout. Il peut aller voir ses amis pour initier une procédure contre elle. Mais cette femme n`a jamais été entendue dans une procédure. Au contraire, c`est elle qui est victime et qui est allée saisir le commissariat du…
Alors comment du coup, c`est plutôt la personne plaignante qui se retrouve victime ? On appelle ça détournement de procédure, ça c`est grave.

En plus des faits d`escroquerie, vient s`ajouter le détournement de procédure ?
Absolument.

Le tribunal décide quoi ?
Ce que nous allons faire, dès ce matin, nous allons engager une procédure contre ce monsieur. Et avec l`accord du DGPL, il sera reversé pour que la section générale de police ait des mains libres pour le poursuivre. Voilà la décision qu`on a prise.

De façon très concrète, mon commissaire, nous on comprend mais dans l`imaginaire populaire, comment vous pouvez dire cela ?
Lorsque le message est signé dès demain matin, il n`est plus au tribunal militaire, désormais, il n`est plus magistrat ici.

C`est une radiation ?
Ce n`est pas une radiation. Au tribunal militaire, c`est une affectation. On affecte les gens pour venir travailler ici. On le ramène à la police, il n`est plus magistrat. Il est comme un simple commissaire de police comme on en a mis en prison partout. S`il était magistrat militaire, les enquêteurs auraient eu du mal puisque les magistrats militaires commandent les enquêteurs.
Maintenant qu’on l’a reversé à la police c’est comme un commissaire simple. L’inspection générale peut en toute liberté l’entendre sur ses faits. Vous avez dit que je le couvre mais je ne le couvre pas. J’attendais pour voir la décision qu’il fallait, la décision qu’il faut prendre à tête reposée. C’est vrai que c’est un truand. Mais n’oubliez pas que c’est un magistrat militaire, donc il y a des décisions… même pour prendre attache avec vous et accepter de vous parler, j’ai beaucoup réfléchi. Pour que ces faits d’escroquerie puissent conduire ce monsieur en prison, il faut d’abord que je l’accepte au tribunal. C’est quand le DG m’a dit qu’il est d’une moralité douteuse que je me suis rendu compte qu’il s’agissait d’un faux type, que les gens l’ont envoyé à l’école de la magistrature. Il fallait donc le reverser. C’est une responsabilité qu’il fallait prendre. Et le mettre à la disposition des enquêteurs sui certainement vont l’arrêter et le déférer. C’est une décision lourde. Faut-il le faire ? Ça, j’attends un peu. Maintenant qu’avec l’accord de la hiérarchie, quand le chef d’Etat major et le général Affro ont appris l’histoire. Parce que c’est la fille du général Affro qui était en train d’être salie. C’est sa fille adoptive qu’on appelle grande criminelle, faussaire, il ne peut pas accepter cela. Il est venu à l’état major dans le cadre des décisions qu’on doit prendre pour Daoukro, il était là. En venant, on a dit au DGPL de nous suivre. Le CEMA a dit : CB, venez ici, comme lui-même a déjà subi, ce salissement des gens-là, il m’a écouté. Il a dit mais tiens ! ce monsieur m’a écrit. Voilà ce qu’il m’a écrit. Dès que le général Affro est arrivé, il a fait mon palabre. Il dit il faut le libérer. Nous sommes en train de le virer parce que le seul fait qu’ils sont escrocs et qu’ils sont encore là, c’est grave, on ne regarde même pas le reste. La fille est partie ou pas… C’est parce qu’il est escroc que la fille est arrivée ici pour que cela arrive. Il a dit il faut le vider de la salle.

Donc le commissaire du gouvernement Ange Kessy n’a rien à avoir, il ne se reproche rien et reste serein par rapport à toute cette affaire ?
Je n’ai rien à avoir dans cette affaire. Le jour qu’on m’a appelé pour me dire que le général Affro a menacé d’arrêter mon substitut, parce qu’il est impliqué dans une affaire d’escroquerie où sa fille a porté plainte, c’est ce jour-là que j’ai connu cette fille-là. Et je me suis engagé de régler ce problème pour éviter que mon substitut aille en prison. Et le me suis dit : comme celui qui se noie veut enfoncer le sauveur, alors je me retire. Je voulais le sauver en demandant à la fille de laisser tomber les 2 millions à mon général de ne plus poursuivre mon ami, je vais régler ça. Il veut se retourner contre moi, donc moi aussi je le lâche. Je ne me reproche rien du tout. Un général a été outragé par l’un de mes magistrats et comme ce dernier a été menacé d’être jeté en prison que je suis intervenu personnellement. C’est tout.

M. le procureur militaire, est-ce que le comportement que vous avez eu avec le supposé Ouattara Stevens est-il le même que vous avez avec les autres collaborateurs qui travaillent avec vous ?
Si je vous ai dit d’attendre un peu, c’est parce que je voulais m’entretenir avec mon adjoint. Voilà une affaire qui aurait dû être réglé en famille. Nous avons entrepris la lutte contre la délinquance. Nous avons entrepris de nettoyer l’écurie, de faire en sorte que les militaires soient bien. Préserver l’éthique. On ne doit pas salir le tribunal de cette façon. Ouattara c’est pour vous sauver que j’ai fait ça. Toi-même tu sais qu’on a failli t’arrêter ici, tu insultes un général. Je ne paye plus rien à ta fille. Le général Affro c’est un commando. Il a dit que c’est parce que Ange Kessy est un homme bien sinon il allait envoyer des gens t’arrêter tout de suite. Je veux te sauver, c’est ce que tu me fais. Commissaire pardon. Tu aurais pu venir me voir pour me dire ça. Tu ne le fais pas et on te voit un coup écrire dans les journaux. Ça, c’est d’abord une violation de consigne. Un outrage à un supérieur. Sans compter la diffamation. Il dit que ta fille l’a diffamé. Quand dans un dossier (c’est pour cela que je ne veux pas poursuivre les journalistes qui ne font que leur travail) vous vous plaignez pour diffamation, ça veut dire quoi. Ça veut dire qu’on dit, par exemple, que vous êtes voleur. Vous devez attendre que les gens qui doivent statuer sur votre statut de voleur c’est-à-dire des gens de la justice, le fassent et vous déclarent non voleur. Mais selon vous, vous portez plainte contre une dame. La procédure n’a même pas encore abouti, vous dites qu’elle vous diffame. Et puis comble de ridicule, elle vous harcèle. Mais si quelqu’un vous harcèle et que vous apprenez qu’il est parti, vous devez être content.

Interview réalisée par
Patrice Yao
Akwaba Saint Clair  

Source : abidjan.net/presse/lenouveaureveil

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