Le Parti Ecologique Ivoirien



En plein dans le mille : L’Apartheid dans nos pays !




mardi 27 mai 2008 - Par Le Jour Plus
 

Un tour fait dans un hôpital d’une capitale africaine révèle une discrimination révoltante. On se croirait encore en Afrique du Sud au temps de l’apartheid. Les riches sont hospitalisés dans des chambres spacieuses et climatisées ; un repas copieux est servi trois fois par jour ; des soins gratuits pris en charge par l’Etat ; entourés en permanence par des spécialistes. Alors que de l’autre côté, les pauvres déguenillés s’entassent dans de petites chambres peu aérées, mal éclairées et mal loties, couchés à même le sol, au milieu d’essaims de mouches. Personne ne les regarde, à part les myriades de souris qui se pavanent sur des murs décrépits. Des hommes, des femmes et des enfants meurent par centaine, dans la mesure où l’insalubrité repoussante a conquis les hôpitaux. Aujourd’hui en Afrique, il y a des écoles réservées aux enfants des riches où les frais de scolarité sont au-dessus de huit cent mille francs CFA par an. Or le salaire d’un fonctionnaire moyen dépasse à peine soixante mille francs cfa. Les écoles nanties attirent et séduisent par leur architecture, leur propreté et par la qualité de l’enseignement dispensé. Par contre, les enfants des pauvres suivent des cours dans des cabanes de lapins vautrés dans la poussière rouge. Ils se retrouvent dans des salles pléthoriques démunies de tout matériel pédagogique. Les enseignants n’étant pas toujours bien payés, laissent paraître des signes de démotivation. Et ceci se répercute sur la qualité de l’enseignement donné aux pauvres. En plus, les programmes ne sont jamais achevés. Par ailleurs, chaque ville africaine est séparée en deux catégories de cités : celle des nantis, colons des temps modernes, et celle des rebuts, victimes de la mégalomanie des dirigeants. Les deux cités placées l’une en face de l’autre, se regardent comme des belligérants prêts à s’affronter à la moindre étincelle. Vous avez par exemple, Bastos en face d’Etwo-Meki à Yaoundé ; Attoban en face de Gobélé à Abidjan ; Binza en face de Makalo-Bumbu à Kinshasa. Au moment où les enfants des cités aisées regardent la télévision ou jouent à l’ordinateur, les ventres repus et gais. Ceux des bidonvilles fouillent la poubelle à la quête de la pitance journalière. Ils sont tenus non seulement loin de pain, mais aussi de savoir et de développement. Il leur manque des conditions minimales pour vivre et construire leur avenir. Même les mariages sont tissés selon le standing social de familles. Rarement les repus ont osé prendre en mariage les enfants des pauvres. Les filles et les garçons des présidents, ministres, ambassadeurs, officiers supérieurs, directeurs généraux, directeurs de sociétés vivent et se marient entre eux. Ils constituent une société exclusive. En effet, la société africaine est stratifée de la manière suivante. Au sommet on trouve de nouveaux riches : hommes politiques et hommes d’affaires, directeurs généraux et officiers supérieurs, fonctionnaires des organismes internationaux. Au milieu se trouvent les fonctionnaires de la catégories A : professeurs, médecins, ingénieurs, avocats, architecte, pharmaciens, etc. Et au bas de l’échelle sont placés les pauvres : les fonctionnaires qui ne sont pas de la catégorie A, les ouvriers, les paysans, les petits commerçants etc. En vérité, quarante-huit ans après les indépendances africaines, nous devrions être en mesure de donner le minimum vital à tout Africain et de corriger ces injustices, si elles ont été héritées de la colonisation.


Par Jean-Pierre Mukendi, ecrivain




Source : lejour.htm

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