Le Parti Ecologique Ivoirien



Gbagbo aux hommes politiques et journalistes : “Je ne veux pas faire de vous des héros”

lundi 18 août 2008 - Par Fraternité Matin
 


Le Chef de l’Etat a présidé, hier, au Palais de la culture de Treichville, la cérémonie d’ouverture du Xème anniversaire du RIARC.

Dix ans, c’est peu, mais c’est largement suffisant pour s’offrir une fête; une fête en deux temps, l’un qui fait place à une cérémonie d’ouverture  et de cloture- caractère festif - et l’autre à un bilan, à la réflexion. Thème choisi pour ce colloque qui consacre les dix ans du Réseau des instances africaines de régulation de la communication (Riarc): «Régulation, démocratie et bonne gouvernance»


Hier, au Palais de la culture de Treichville, il ne s’agissait pas d’en débattre; l’heure était au premier temps. Dans un décor qui commence à l’entrée du Palais par les marionnettes de la prêtresse de la Villa Ki-Yi, Wêrê-Wêrê Liking; puis sous les airs de l’hymne national de Côte d’Ivoire chanté par Aïcha Koné, tout de blanc vêtue, accompagnée par l’orchestre de la Garde républicaine, sous la direction du Lieutenant Any Grah; le verbe qui dit “la vérité” de l’incontournable Bomou Mamadou, «Maître de la parole» annonçant la nouvelle du 10 ème anniversaire, Adama Dahico «le président dans la République» annonçant la bonne humeur légendaire, l’humour chevillé au corps des Ivoiriens, etc. le RIARC n’a pas voulu donner dans la dentelle. Qui s’est même offert les services de la journaliste vedette de talent du JT, Awa Tabitha, comme… maîtresse de cérémonie, devant les nombreux invités.


On comprend toute la joie du Chef de l’Etat de recevoir, dans son pays qui sort lentement de guerre, des participants venus d’Amérique, d’Europe, d’Asie et d’Afrique. S’inspirant de sa trajectoire personnelle, il en profitera pour dire un certain nombre de vérités aux journalistes dont «le métier propulse dans la célébrité immédiate, comme celui des sportifs» et aux hommes politiques, deux «stars» à qui «l’on ne peut plus faire de remarques».


C’est pourquoi, aux premiers, il a pris la ferme résolution de ne jamais en mettre en prison: «Moi, je sais que quand on va en prison, on devient un héros, lorsqu’on en sort. Je ne vais ni en fabriquer contre moi; ni d’ailleurs y envoyer des adversaires politiques». Aussi estime-t-il que le privilège qu’a le journaliste de dire, tous les jours, ne doit pas lui faire croire qu’il est au-dessus des autres. Il reconnaît cependant être intervenu, une seule fois, au niveau de Fraternité Matin, pour interdire la publication d’une interview d’un ministre qui expliquait les raisons pour lesquelles l’armée n’est pas entrée dans Bouaké, en 2003. «C’était, justifie-t-il, pour donner une chance à la paix… Nous étions en pleine crise…».


Aux hommes politiques: «En politique, on est dans un star system, au devant de la scène. Et les conflits entre hommes politiques et journalistes sont des conflits entre stars. Sachez gérer vos vies de stars… Il faut se mettre à la hauteur… Il faut que d’un côté comme de l’autre, chacun fasse son travail». Et d’inviter à l’humilité: «Quand on se prend trop au sérieux, on dérape… Trop, c’est toujours trop».


Son constat nettement établi, il en conclut: «Le rapport entre la presse et les pouvoirs politiques, c’est la vie…qu’il faut réguler». Par le rire aussi, conseille-t-il, comme nous en a servi Adama Dahico : Castigat ridendo mores (corriger les moeurs par le rire).


Intervenant à son tour, le ministre de la Communication, Ibrahim Sy Savané, remerciera le Président Gbagbo, qu’il avait précédé, pour la promesse tenue; celle de soutenir le RIARC. C’était, précisera-t-il, le 18 février dernier. «Malgré les urgences qui se bousculent». Comme hier, en décembre dernier, lorsqu’il avait accepté d’apporter tout son soutien aux 39èmes assises de l’Union internationale de la presse francophone (UPF). D’ailleurs, à la demande du RIARC, le Chef de l’Etat a accepté d’être le parrain permanent du Réseau. Dans un saisissant rappel de la réalité ivoirienne, victime selon lui, «en même temps» de trois contraintes plus implacables les unes que les autres: «ajustements économiques internes nécessaires, impossibles à différer»; «chocs externes qui ne sont pas, eux non plus, négociables»; «pression spécifique d’une coûteuse sortie de crise», le ministre donnera l’importance du thème de ce colloque: «Tout cela nécessite des efforts importants en termes de gouvernance, de régulation économique au service de la démocratie…». En cela, affirmera-t-il, toutes les instances de régulation ont le même objectif. A savoir: «poser des digues non pour assécher mais pour faire monter le niveau et la qualité». D’où ces questions essentielles: «comment partager avant de produire? Comment réguler sans briser le rythme, mais, au contraire, en favorisant les mutations salutaires?».


Pour le ministre de la Communication, ce colloque, n’est pas un autre de trop: «toute occasion est bonne pour nous parler, pour construire des passerelles ensemble, non pour ressasser des désillusions mais parler surtout de coopération, d’espérance, de volonté d’avancer ensemble… et de nous faire entendre». Afin de relever des défis qui se posent en termes d’enjeu. Car «qui dira notre part de vérité? Qui défendra nos points de vue sur la grande scène économique où se joue le destin des nations? Et qui nous aidera à valoriser notre patrimoine culturel qui, sans rejeter la mondialisation, en refuse le formatage univoque?»


Aussi invitera-t-il les uns et les autres à avoir «une conscience plus aiguë des enjeux de l’information». Surtout que s’impose à nous l’impérieuse nécessité du refus d’être les «bannis du village planétaire».



Michel Koffi

Source : fratmat.info

Les Verts D'Europe  verts au parlement europeen       Le logo des verts de France  Ecolo   FéPEV-RAO     

Reproduction interdite du site

haut de page haut de page