Le parti Ecologique Ivoirien





Présidentielle prochaine en Côte d’Ivoire
Les leaders politiques oublient l’essentiel

lundi 3 septembre 2007 par Alain BOUABRE

Les candidats déclarés ou potentiels à l’élection présidentielle prochaine sont tous d’accord sur un fait : organiser des élections transparentes et ouvertes à tous. Soupçonné de vouloir confisquer le pouvoir, le président de la République Laurent Gbagbo a mis un terme à ce préjugé, le 30 juillet 2007, à Bouaké lors de la cérémonie de la “ flamme de la paix ”. Ce jour-là, il a, en effet, déclaré qu’il fallait aller “ vite vite ” aux élections et qu’il donnerait des instructions au Premier ministre Soro, de sorte que tout ce qui concoure à l’organisation de ces joutes puisse être accéléré. Le chef de l’Etat, voulant certainement donner la pleine mesure de sa bonne foi quant à aller aux élections le plus rapidement possible, a émis le vœu, au cours de son message à la nation du 6 août 2007, que le scrutin se tienne avant la fin de cette année. Bien avant lui, le facilitateur dans le processus de paix en Côte d’Ivoire, le président burkinabé Blaise Compaoré, a indiqué que la probabilité de voir les élections se dérouler dans le courant du premier trimestre de l’année 2008, est grande. Aujourd’hui, les différents partis politiques nourrissent l’ardent désir de remporter la présidentielle et gouverner la Côte d’Ivoire. Déjà, sans même que les préalables à cette compétition aient été satisfaits, des partis politiques remobilisent leurs militants, font la cour à bon nombre d’électeurs potentiels, à travers meetings et autres rassemblements. Ces sorties des formations politiques semblent véritablement plonger le pays dans la fièvre d’une campagne électorale qui ne dit pas son nom. En affrontant donc le terrain politique, les partis montrent tout leur empressement à aller aux élections. Mais aller vite à cette “ compétition ”, sans avoir rempli efficacement les conditions de son organisation lui enlèverait toute crédible. Pis, ce serait suicidaire pour l’avenir politique du pays. De fait, les conditions pour de bonnes élections, dans le cas de Côte d’Ivoire, sont principalement la tenue sans heurts des audiences foraines, l’identification des populations, le recensement et la confection des listings. Mais avant, achever comme il se doit le redéploiement de l’Administration, procéder au désarmement des troupes armées tant au nord qu’au sud du pays. Conscient, en effet, qu’il ne réussirait pas sa mission, en tant que Premier ministre, si tous ces problèmes ne sont pas rigoureusement réglés, Soro Guillaume a laissé entendre à la cérémonie organisée à Ferké à son honneur, le 18 août 2007, que “ parce que la question de la citoyenneté et de l’identité, on l’a toujours dit, c’est la cause préjudicielle de cette guerre. Et là, on aura réglé les problèmes réels qui ont causé cette guerre, si on donne à chaque citoyen sa carte d’identité, et c’est notre objectif. Je voudrais le dire à mes parents et leur demander de soutenir ce processus et de se préparer à prendre une part active audit processus. Cela me paraît essentiel. Ce, après quoi, l’accord de Ouagadougou est clair, nous irons à l’organisation d’élections démocratiques et transparentes. Je crois qu’après la guerre que notre pays a connue, on ne peut plus se payer le luxe d’élections truquées. Ce n’est pas possible. Et je crois aussi que tous les signataires de l’accord politique de Ouagadougou sont d’accord qu’il faut organiser en Côte d’Ivoire des élections démocratiques et transparentes ”. Pour donc se donner le temps de réussir sa mission, le chef du gouvernement préfère ne pas se lancer dans la gymnastique qu’impose le fétichisme des dates. Aller donc très vite aux élections est un avis que ne partage pas Alassane Dramane Ouattara (Ado), l’ancien Premier ministre ivoirien et président du Rassemblement des républicains, parti de l’opposition. Devant une foule de militants à Montreuil (banlieue parisienne), lors d’un meeting, Ado a ouvertement expliqué que la question, certes, la plus importante demeure la transparence des élections. Mais le ciment d’une telle opération n’est pas moins le bon déroulement du processus d’identification des populations et l’établissement de listings qui ne souffriraient d’aucune confusion. Comme on peut le comprendre, la Côte d’Ivoire ne sortira de la crise militaro-politique dans laquelle elle a sombré pendant cinq ans que lorsqu’elle aura réussi à se payer des élections propres. Car, on le sait, sous nos tropiques, la mauvaise organisation des élections a toujours alimenté les guerres entre les populations. Ce serait donc bon d’aller bien et vite aux élections en Côte d’Ivoire en n’oubliant pas l’essentiel...


Source : soirinfo.com



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