Le Parti Ecologique Ivoirien



Dire bien : Le futur des com-zones peut-il être simple ?




samedi 07 mars 2009 - Par notrevoie.com No.: 3225



 Pour être essentiel et franc je réponds non. Témoin aussi le gazouillis révélateur qui trahit l'incohérence langagière de la hiérarchie ex-rebelle sur le départ de ces com-zones qui refusent d'être des
«ex-» alors que dans le même temps, les zones assiégées par eux sont devenues des «ex-zones assiégées», leurs troupes devenues des «ex-rebelles» après démobilisation. Il ne manque plus qu'eux à l'appel du préfixe «ex» qui les attend avec impatience pour boucler son programme de restauration de l'autorité de l'Etat. Mais avec ce que j'entends ici et là, il semble que ce n'est pas pour demain. Si pour le politiquement correct, «les com-zones» disparaîtront progressivement (dixit Méïté Sindou, porte-parole du Premier ministre Soro Guillaume), pour le militaire qui ne fait pas dans la langue de bois et qui connaît l'état d'esprit de ses hommes, «les com-zones ne s'effaceront pas» (dixit le général Soumaïla Bakayoko, Chef d'Etat- Major des Fafn, cf. Frat-Mat du 02/03/09).
Lecteurs miens, il n'y a pas de hasard, et tout finit un jour par se savoir. L'emploi des deux verbes (disparaître/s'effacer) renvoie à deux représentations différentes touchant le futur problématique des com-zones. Ce qui, du reste, n'est pas signe de cohérence du groupe. On le sait, un homme qui s'efface est un homme qui disparaît plus ou moins. Mais un homme effacé n'est guère un homme disparu. Le premier est en retrait, ne se fait pas voir, reste dans l'ombre, est discret. Quant au second, c'est-à-dire l'homme disparu, il a cessé d'être visible ou cesse d'exister. Il a pour synonyme «mort». La guerre étant finie, les zones assiégées étant désormais des ex-zones assiégées, les rebelles devenus des ex-rebelles, la logique impose la disparition des com-zones. Or les com-zones n'entendent pas et n'ont jamais entendu les choses de cette façon. Ainsi la phrase du général Soumaïla Bakayoko s'oppose à la logique sus-mentionnée. Non seulement les com-zones ne disparaîtront pas, mieux ils ne s'effaceront pas, c'est-à-dire qu'ils ne resteront ni discrets ni à l'ombre de qui que ce soit. Le message est clair. Et pour nous qui observons attentivement l'actualité de notre pays mené à l'évidence par l'absurde, pays où l'informel devient formel, le provisoire devient le définitif, l'anormal devient normal… il y a de fortes chances que le général Soumaïla ait raison. Ce qui ne me surprendra pas, car depuis le folklorique et indécent Accord de Linas-Marcoussis, c'est la volonté des rebelles qui s'impose à la République et non l'inverse. Dans le langage des gens fatigués (cf. le slogan «on est fatigués ! ») on appelle cela «sacrifices pour aller à la paix». Or les rebelles même devenus ex-rebelles nous rappellent quand ils veulent et avec mépris, qu'ils ne sont pas demandeurs de paix… Il semble, selon leur secrétaire général, Soro Guillaume, que les com-zones sont de «vrais administrateurs» (cf. Le Temps du Vendredi 27/02/09). Autrement dit «ses» administrateurs formés sur le tas seraient aussi vrais que les administrateurs formés par l'Etat de droit (préfets, sous-préfets…). Qui va se négliger ? En avant donc pour les calculs !
Quand je regarde après cette interrogation le paradigme des promotions de la hiérarchie politico-militaire des rebelles qui acceptent de rentrer dans la République, je me dis qu'il n'est pas juste d'écrire par exemple que sur le départ des com-zones, Soro joue à cache-cache avec les ivoiriens (cf. l'article de Délon's Zadé, in Notre Voie n° 3219 DU 28/02/09. Ainsi dans ledit paradigme l'on voit que Soro, pour son premier métier est Premier ministre, que Siriki Konaté porte-parole des FN est aussi ministre, que l'ex-officier des FANCI, Soumaïla Bakayoko est aujourd'hui avec l'APO, Chef d'Etat-Major des Armées au même rang que le CEMA des FDS-CI, Mangou Philipe, nommé par le Chef de l'Etat… donc des gens désormais convertis et à l'abri. Pourquoi les com-zones dont le futur se joue dans ce paradigme ne pourraient-ils pas être des administrateurs au même titre que ceux sortis de l'ENA ? Ainsi la bouche des placements des hommes sera bouclée. Je me souviens qu'une fois revenu de Ouaga après la signature de l'APO, Soro avait dit avec assurance à ses hommes et principalement à ses com-zones «je ne vous trahirai pas !». Il est donc dans la logique de cet engagement qui, bien compris, n'envisage pas le départ des com-zones mais leur cohabitation active avec les préfets, signe de leur intégration imminente dans la haute administration. Ce qui ne serait pas nouveau, les militaires le font déjà avec le CCI…
Enfin avec la phrase «les com-zones ne s'effaceront pas», il faut comprendre une bonne fois pour toutes que les com-zones seront à la restauration de l'autorité de l'Etat ce qu'est déjà le désarmement aux élections et à la sortie de crise. Il faut faire avec et on n'en parle plus. Ainsi va la vie quand le mal penètre le bien et s'impose à lui. Allah yé dêmê (Que Dieu nous aide !).
Au total, ce n'est donc pas Soro qui joue à cache-cache avec les ivoiriens ou les feinte, car il sait froidement où il va et ce qu'il veut. Il me semble que ce sont les ivoiriens qui, fatigués ou devenus frigides, acceptent tout désormais y compris le mélange des serviettes et des torchons. Ce qui ne peut guère être à leur avantage… Réveillons-nous !

Koné Dramane direbien@live.fr


Source : notrevoie.com

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