Le Parti Ecologique Ivoirien



Crise ivoirienne : L’intervention française irrite les Camerounais


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jeudi 04 avril 2011 - Par cameroonvoice


  L’intervention militaire française à Abidjan a été mal vécue au Cameroun où des actions de soutien à Laurent Gbagbo se multiplient

Au Cameroun, la guerre en Côte d’Ivoire est un sujet très sensible. Ainsi, alors que les médias privés multiplient les débats, la radio d’État a pris le parti de ne rien dire sur la situation ivoirienne.

Mais l’opinion s’agite. Après les frappes aériennes onusiennes et de l’armée française à Abidjan, des conducteurs de moto-taxi ont organisé mardi 5 avril à Douala, la capitale économique du Cameroun, une manifestation contre l’entrée de la France dans le combat qui a été dispersée par la police.

Le même jour, des opposants et leaders d’opinion camerounais ont lancé en ligne une pétition contre « l’impérialisme mondial » en Côte d’Ivoire. La pétition dénonce « une tragédie ourdie » en Côte d’Ivoire par le président français Nicolas Sarkozy et la « fumeuse communauté internationale ».

Elle invite « tous les Africains à se mobiliser pour rejoindre les rangs du vaillant peuple ivoirien qui lutte, les armes à la main, pour s’affranchir du joug de l’impérialisme mondial ».

« Gbagbo doit résister »

Il y a au Cameroun des partisans d’Alassane Ouattara, mais ceux de Laurent Gbagbo sont visiblement plus nombreux. « Gbagbo doit résister », estime François Essomba, un habitant de Yaoundé. « Il faut, prévient-il, que la France s’attende à une haine qui va s’étendre partout en Afrique. »

Pourtant convaincu de ce que Gbagbo a perdu l’élection présidentielle, le journaliste Christophe Bobiokono se dit néanmoins choqué par les frappes françaises.

« J’ai eu très mal quand j’ai vu l’armée française tirer sur les symboles de l’État ivoirien, écrit-il sur un forum. Pour justifier l’impérialisme, on dit qu’on protège les civils. Au Cameroun, en février 2008, des dizaines de Camerounais affamés non armés ont été massacrés par les forces armées et cela n’a suscité aucun commentaire des champions du monde de la défense des droits de l’homme. »

En février 2008 en effet, 40 personnes ont été tuées, selon un bilan officiel, 139 d’après des ONG locales, lors de la répression par la police et l’armée d’une manifestation de jeunes contre la cherté de la vie et un projet de modification de la Constitution visant à supprimer la limitation du nombre de mandats présidentiels.

Par la suite, le Parlement avait modifié la Constitution, ouvrant la voie à une éventuelle présidence à vie de Paul Biya, 78 ans, dont vingt-neuf au pouvoir.

“L’aval de l’ONU est une complicité”

« L’intervention de la France en Côte d’Ivoire est illégale et l’aval de l’ONU est une complicité qui interroge sur les luttes d’intérêts des grandes puissances menées sous le couvert de l’ONU », estime Paulin Tchuenbou, défenseur des droits de l’homme.

« L’histoire retiendra que la France et l’Onuci sont intervenues pour sauver des vies et restaurer la démocratie en Côte d’Ivoire », a riposté un politologue camerounais, lors d’un débat télévisé sur la chaîne de télévision privée Canal 2 Internationale.

Le gouvernement, lui, reste prudent. « Le Cameroun n’est que sapeur-pompier, mais jamais pyromane », affirme son porte-parole et ministre de la communication, Issa Tchiroma Bakary. « Le souhait du Cameroun est, précise-t-il, que ce problème trouve une solution heureuse et fraternelle qui préserve l’unité nationale et la paix.»

Source: cameroonvoice



Source : infodabidjan.net

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