Le Parti Ecologique Ivoirien



Interview de Edouard N'Gouan, président du Parti Ecologique Ivoirien (PEI)


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vendredi 01 avril 2011 - Par anciela.info


  1. Pourriez-vous nous présenter le PEI en quelques mots, sa naissance, son histoire, ses combats ?

Le Parti écologique ivoirien a été crée suite à la crise politique qui a frappée la Côte d’Ivoire de décembre 1999 à mars 2001 et fait de nombreux morts que nous appelons : Les Martyrs de Côte d’Ivoire. Ces événements, après ceux de 1963 et 1970 qui ont marqués chacun une période de l’histoire de la Côte d’Ivoire, sont un élément de fond dans la réalité ivoirienne d’aujourd’hui.

Le Parti considère que dorénavant, le stade des mensonges, assassinats et complots politiques est dépassé. Chaque citoyen doit pouvoir opter pour une politique conforme à ses opinions sans être inquiété. Voilà pourquoi le Parti tient à élargir son action aux droits de l’homme et à la jeunesse qui représente l’espoir et l’avenir du pays. Ces mouvements sociaux politiques qui ont abouti à l’avènement de la 2ème République, démontrent à quel point le peuple ivoirien est déterminé à valoriser son existence dans la construction d’une nation démocratique.

2. Pourriez-vous nous décrire brièvement la situation environnementale en Côte d’Ivoire actuellement ?

La situation environnementale n’est pas reluisante. D’abord, avec la déforestation et le manque de reboisement, les forêts classées exploités par des cultivateurs, les insalubrités dans toutes les communes, pas de campagne de protection de l’environnement ni suffisamment d’espaces verts de créés, la pollution de nos eaux et cours d’eaux, les nids de poules, une voirie en mauvais état etc.

Il y a aussi le manque d’emplois, le chômage trop dense de la population jeune, manque d’hôpitaux, de dispensaires adéquats et de logement sociaux. Le manque de soutien de la diversité, les handicapés et des personnes âgées. Concernant le transport, c’est un désordre total, aucune amélioration et le tout agrémenté par la corruption qui s’est généralisée. Avec tout ces maux, il y a aussi la guerre née depuis 2002 en Côte d’Ivoire qui a vu la partition du pays en deux et qui s’est concrétisée par la crise poste électorale née des élections présidentielles de novembre 2010. Voilà la situation environnementale en Côte d’Ivoire.

3. Les événements politiques affectent-il la nature et le cadre de vie des ivoiriens ?

Oui, de façon très négative. Sur le plan International, il y a un embargo, une asphyxie de notre pays par la communauté européenne conduite par la France et cela va jusqu’à l’embargo sur les médicaments. Du jamais vu pour des problèmes électoraux. C’est grotesque d’asphyxier tout un peuple pour de simples raisons électoralistes. Sur le plan national, toute l’économie du pays est au point mort à cause des embargos, c’est la survie avec la guerre provoquée qui a créée son lot de déportés.

4. Quelles sont les propositions essentielles que le PEI porte actuellement ?

Le retrait des différents embargos, la non ingérence absolue de la communauté européenne sur la politique africaine, la reconnaissance et le respect de nos textes et aussi de leurs procédures. L’arrêt immédiat de la guerre au profit du dialogue, le retrait d’Allassane Ouattara et de Gbagbo de la vie politique ivoirienne pour une meilleure cohésion nationale et pour la paix. Pour la relance du développement, la prise en compte de ce qui est précédemment cité.

5. Quelle est la situation environnementale dans les zones rurales et forestières?

Pareille que dans les zones urbaines. Un paysage environnemental défiguré, à l’abandon.

6. Que propose le PEI pour améliorer cette situation ?

Faire connaître nos programmes afin d’inciter à sa copie, des conférences et des actions de promotion ou de communication. La prise du pouvoir.

7. Comment concilier une agriculture suffisamment productive et la protection de la nature ?

En délimitant des zones neutres, non touchables, en faisant respecter nos parcs et forêts classées, en évitant les produits chimiques, en respectant et en faisant respecter l’agriculture bio et la diversification de cette agriculture. En incitant à employer les méthodes écologiques.

8. Comment permettre aux zones rurales d’avoir accès aux ressources en eau et en énergie ?

L’eau ne manque pas en côte d’Ivoire. Ce qu’il faut, c’est protéger nos sources d’eau, creuser des puits ou construire des châteaux d’eau et pour l’énergie, utiliser les énergies renouvelables.

9. Pourriez-vous nous présenter et nous expliquer les problèmes ou drames environnementaux qui vous semblent les plus préoccupants actuellement dans votre pays ?

La guerre qui se vit. C’est le plus terrible des drames environnementaux qui secouent mon pays. Cela empêche tout bon fonctionnement des institutions et des personnes. La guerre met à mal l’économie.

10. Quelles sont vos propositions pour avancer sur ces dossiers brûlants ?

Isoler de la politique, les personnes qui constituent le mal en politique dans notre pays.

11. Comment sont reçues vos idées en Côte d’Ivoire ? Auprès des citoyens ? Êtes-vous écoutés ?

Vous savez, quelque soit le pays où l’on vit, à cause de la généralisation et de la mondialisation culturelle, les connaissances se sont égalés. Les gens suivent et s’intéressent à ce qui se fait de bien ailleurs. L’écologie a fait son chemin à travers les sphères et la Côte d’Ivoire n’est pas en reste. Les ivoiriens sont de plus en plus sensibles à l’écologie à cause des insalubrités, de la pollution et de l’environnement politique. Inconsciemment, les ivoiriens veulent voir les écologistes mieux implantés dans le pays, ce qui fera de nous une force incontournable. Nous sommes écoutés, sollicités. La condition politique et la guerre présente ne nous permet encore pas de mieux nous affirmer.

12. En temps de paix, comment sont reçues vos idées dans les instances dirigeantes ? Les dirigeants s’intéressent-ils à ces problèmes ?

Depuis notre existence, par nos actions, tout le monde parle aujourd’hui d’écologie. Dans la campagne présidentielle passée, la plupart des candidats ont inséré dans leurs programmes, des programmes écologiques. Ce qui ne se voyait pas dans le temps. C’est une évolution, un changement. La conscience politique écologique est là. Ce sont les programmes écologiques adaptés qui font défaut et c’est pour cela qu’il faut désormais des écologues dans les différentes sphères de développement en Côte d’ Ivoire.

13. Avec le conflit politique actuel, comment les dirigeants prennent en considération les problématiques environnementales ?

On ne peut parler de problématiques environnementales dans un pays en guerre. La guerre crée déjà du désordre et ne respecte rien.

14. Quels sont les principaux problèmes que vous rencontrer actuellement pour permettre aux idées écologistes de progresser dans votre pays ?

Les presses, vu que les presses sont inféodées aux partis politiques, ce qui ne permet de mieux vendre les idées. Le manque de moyens, le non soutien réel des partenaires occidentaux, faire avec les moyens de bord insuffisants et les militants en manque d’argents qui ne sont en majorité pas à jour des cotisations.

15. Comment voyez-vous le rôle du PEI et des écologistes dans les prochaines années ?

Meilleur, si le vrai droit se met en place au pays.

16. Quelles sont vos relations avec les associations écologistes ivoirienne ?

Très bonnes. Nous avons participé à des réunions communes pour la valorisation de l’écologie. Mais il y a encore mieux à faire ensemble.

17. Quelles sont vos relations avec les autres partis écologistes africains et européens ?

Nous avons organisé la fédération des partis écologistes et verts ouest africain en Côte d’Ivoire où j’ai été élu le premier Secrétaire exécutif de la fédération, nous sommes membres de la Fédération des Verts africain et de global green. Nous participons à toutes les réunions internationales organisées par nos partenaires et nous allons souvent les soutenir lors de leurs manifestations.

18. Un derniers mot ?

Nous n’apprécions pas les différents embargos de la communauté européenne jusque sur les médicaments commandités par la France. Ce ne sont pas les leaders politiques qui en souffrent mais tout le peuple rendu dans le dénuement. C’est invraisemblable l’action que mène la France sur la Côte d’Ivoire, c’est du jamais vu. Étouffer un peuple qui souffre déjà à cause de ces personnes, les assécher et aller jouer au bon samaritain ailleurs. Il y a la façon dont la France se joue du dossier ivoirien, sa diabolisation pour un clan et son amour pour l’autre. Sa façon de traiter des rebelles d’anges et de les chérir quand ils massacrent et surtout de cacher les méfaits de la rébellion et de dire que ce sont des civils qu’on tue quand les rebelles sont touchés. Il y a de quoi ne plus rien comprendre. Il ne faut d’ailleurs pas de guerre et ne condamner personne. La solution en Côte d’Ivoire est purement politique et non militaire. Cela nécessite une commission ivoiro-ivoirienne pour assoir une transition d’unions de partis politiques neutres qui conduira un gouvernement d’union pour préparer les élections futures. Au bout, cette élection future permettra l’éclosion d’autres acteurs politiques.

Auteur : Martin DURIGNEUX
Date : 01-04-2011
Rubrique : Militants de la terre : des élus et des militants engagés

Source : anciela.info

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