Le parti Ecologique Ivoirien





3 août, 2007

Relations france - Côte d’Ivoire Le Figaro met le feu,
le Parisien reste modéré



L Intelligent d Abidjan - Publie a 9:18 am


Avant même qu’il ne soit l’actuel locataire de l’Elysée, ses pourfendeurs et adversaires disaient de Nicolas Sarkozy qu’il avait toujours maille à partir avec la presse, qu’il n’hésitait pas à mettre les journalistes au pas, alors qu’il était installé Place Beauvau, et même à Bercy. A ce sujet d’ailleurs les anecdotes ne manquent pas. Si le chef de l’Etat français, avait tourné la page des relations orageuses entre son prédécesseur et Laurent Gbagbo, pour tenter un réel rapprochement avec son homologue ivoirien, on aurait dit que parvenu au pouvoir, il avait paradoxalement lâché la bride à la presse française en général, et à celle qui est proche de la droite, et donc de l’UMP, en particulier. Sur la Côte d’Ivoire (un pays que les français devraient bien connaître pour l’avoir colonisé de 1893 à 1960) et sa crise, certains représentants de la presse française dont Le Figaro ont encore des jugements, des analyses et une perception, qui se situent aux antipodes de la réalité. De Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, ils sont incapables d’ôter leurs œillères pour camper objectivement la sociologie (politique et sociale) ivoirienne. Le disant, nous invitons le lecteur à faire une lecture minutieuse des deux articles que les quotidiens Le Figaro et Le Parisien ont consacrés hier à la Côte d’Ivoire, ou pour être plus précis, à Laurent Gbagbo dont nous sommes loin d’être un thuriféraire. Le correspondant de “Le Figaro”, comme bien d’autres journalistes étrangers, s’était rendu à Bouaké pour la couverture de la flamme de la paix. Revenant de Bouaké, il s’était arrêté à Yamoussoukro où le président Gbagbo l’a reçu, en compagnie de son confrère de Le Parisien. Pour Le Figaro, la grande satisfaction de Laurent Gbagbo aujourd’hui, ce n’est point d’avoir réussi avec son Premier ministre la réunification de la Côte d’Ivoire, mais plutôt “d’avoir résisté à la France, l’ancienne puissance coloniale dont l’influence, même déclinante, obsède la classe politique locale (…)”. Le combat contre la France est donc le programme politique du président Gbagbo. La belle avance ! La résistance dont il est question ici suppose qu’il y ait eu un affrontement entre Jacques Chirac et Laurent Gbagbo. Cet affrontement ne s’est pas déroulé à travers le soutien de la force Licorne à l’ex-rébellion, mais bien plus en amont, à cause de l’ivoirité. “Au-delà des questions d’amour-propre et des querelles personnelles, écrit Le Figaro, la mésentente entre Chirac et Gbagbo vient d’un malentendu plus profond. Quand la “vitrine” de l’Afrique francophone plonge, après la mort d’Houphouët-Boigny en 1993, dans une crise économique et se crispe sur son “ivoirité” contre les populations nordistes apparentées aux pays voisins, la diplomatie française identifie la question comme la principale cause de l’instabilité politique (…)”. Difficile de comprendre un tel développement, à moins que le confrère parisien veuille refaire l’histoire de la Côte d’Ivoire en nous enseignant que Laurent Gbagbo est le père de l’ivoirité. Sauf si dans un non-dit très subtil il veut nous révéler que c’est l’Elysée qui a organisé le coup d’Etat du 24 décembre 1999 contre le président Henri Konan Bédié. En revanche, évitant les commentaires au profit d’un compte rendu plus fidèle de l’entretien (collectif) avec le chef de l’Etat ivoirien, le reporter de Le Parisien, dans le style anglo-saxon du rendu, propose un article plus conforme à la réalité. A propos par exemple du différend entre Laurent Gbagbo et son pair français de l’époque, ce quotidien écrit : “Il jure ne pas connaître l’ancien président. “Un jour, il m’a accueilli par cette phrase : Alors Laurent, ça va ? Il faut cesser d’infantiliser les rapports entre la France et l’Afrique. Chirac m’a toujours traité comme un sous-préfet. Je suis le chef d’Etat élu d’un pays indépendant. Il se trompe d’époque. Moi, on ne me parle pas comme ça !” Ensuite, Chirac n’a eu de cesse de vouloir l’écarter du pouvoir. “Ils se sont réveillés un matin à Paris avec un président africain qui n’était pas de leurs amis. Résultat, Chirac est parti et moi je suis toujours là”. Aucune invocation de l’ivoirité ! Et si pour son confrère Le Figaro, le chef de l’Etat ivoirien doit le sauvetage et la survie de son régime à la Force Licorne, Le Parisien n’en est pas là : “Gbagbo rappelle qu’au moment du coup d’Etat manqué du 19 septembre, France et Côte d’Ivoire étaient liées par un traité d’assistance militaire. Au lendemain de l’offensive rebelle, j’ai demandé aux Français de me prêter deux hélicoptères, ils ont refusé”. Il estime aujourd’hui que l’armée française, placée en force d’interposition, a soutenu le camp rebelle plus que le gouvernement. “Si la France m’avait vendu des avions et des hélicoptères je ne me serais pas tourné vers la Biélorussie”. Entre Le Parisien et Le Figaro, qui dit vrai, qui a fait le meilleur compte rendu ? Aux lecteurs d’en juger !

JACQUES MIAN



Source : lintelligentdabidjan.org

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