Le Parti Ecologique Ivoirien



Désarmement avant les élections : CHOÏ D’ACCORD AVEC LE FPI Le représentant du S. G de l’Onu propose la révision de l’Accord de Ouaga.




mercredi 03 décembre 2008 - Par Fraternité Matin
 


Une forte délégation de la direction du Front populaire ivoirien a eu une séance de travail avec le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu.

Dans la continuité de la conférence de presse qu’elle a animée le 28 janvier, la direction du Front populaire ivoirien (Fpi) a eu, hier, une rencontre avec l’Onuci. Les échanges se sont déroulés de 11h à 12h30, au siège de l’institution, à Sebroko. Pascal Affi N’Guessan, président du parti, conduisait la délégation composée d’une dizaine de proches collaborateurs. Quand celle de l’Onuci était dirigée par le Représentant spécial du Secrétaire général de l’Onu, Y. J. Choi. En attendant de rencontrer le Président de la République Laurent Gbagbo et le Premier ministre, Guillaume Soro, Pascal Affi N’Guessan a déclaré à la presse que son parti est venu faire, avec l’Onuci, le point du processus de paix. Dans le but de solliciter son appui et dans l’espoir que ces préoccupations seront prises en compte à la prochaine réunion du Cadre permanent de concertation prévue en janvier 2009.

Il s’agissait, plus précisément, a-t-il expliqué, de faire partager au Représentant spécial de Ban Ki-moon la préoccupation essentielle qui est «la restauration de l’autorité de l’Etat», le plus tôt possible, afin d’arriver à l’organisation d’élections transparentes et crédibles. «L’objectif de tous ces efforts que nous faisons, de tous les accords que nous concluons, c’est de restaurer l’intégrité et de ramener l’Etat là où il a été expulsé par la rébellion. Si nous ne le faisons pas, c’est comme si nous n’avons rien fait et que les accords signés n’ont pas abouti. Cela veut aussi dire que tout ce que nous faisons sera précaire puisqu’on ne peut pas construire sur du sable, il faut construire sur des fondements solides». Pour lui, la restauration de l’Etat englobe tout, y compris «le désarmement avant les élections» qui «n’est même pas une question négociable». C’est la condition, soutient-il, pour «des élections équitables, incontestables». Il ne partage pas l’idée d’un dialogue national réclamé depuis 1990, par le Parti ivoirien des travailleurs (Pit) de Francis Wodié et la Convention de la société civile. «Nous ne sommes pas attachés aux conférences et aux réunions. Ce qui est important, c’est que les gens agissent. Nous sommes tous d’accord pour que la Côte d’Ivoire sorte de la crise. Agissons. On a déjà signé suffisamment d’accords et ils sont explicites. La question de la restauration de l’autorité de l’Etat, dont nous parlons, est déjà inscrite dans l’Accord de Ouaga. Si on l’applique, on n’a pas besoin de conférence nationale ou de forum», a estimé le président du Fpi.

Francis Wodié avait réitéré d’une proposition de concertation nationale, pour sortir de l’impasse, le 30 novembre, au cours d’une conférence de presse.

Pour Affi N’Guessan, les obstacles dans la mise en œuvre du processus de paix se trouvent ailleurs. «C’est l’application des engagements que nous prenons qui est le problème. Ce ne sont pas les négociations qui sont en cause, ni les engagements qui posent problème. Depuis 2003, sur toutes ces questions, il y a eu plusieurs engagements. Le vrai problème qui se pose à notre processus de paix, c’est que, souvent, ces engagements ne sont pas exécutés et remplis. Nous n’appliquons pas les dispositions des accords que nous prenons, pour diverses raisons», s’est-il plaint. Non sans présenter les risques que court le pays. «Tant que nous continuerons à négocier, à prendre des engagements et à faire autre chose ou à abandonner un certain nombre de dispositions de ces accords, nous ne sortirons pas de la crise. Donc, plus que des négociations, c’est l’application de ce qui a été déjà décidé. C’est ça qui est essentiel», a-t-il insisté. Affi N’Guessan a indiqué que son hôte, Y. J. Choi, a été «attentif à cette préoccupation». Néanmoins, l’institution a présenté les efforts déjà faits et ceux qui le seront pour aider les Ivoiriens à sortir de la crise.

Paulin N. Zobo

•Le 4e accord complémentaire en préparation

Les déclarations actuelles des acteurs politiques ivoiriens et les concertations aussi bien entre partis politiques qu’entre partis et l’Onuci laissent présager de grandes décisions. Cela pourrait intervenir en janvier, avant ou pendant la 5e réunion du Cadre permanent de concertation, annoncée pour définir le calendrier électoral après les multiples reports de la présidentielle. En effet, des échanges entre la direction du Fpi et l’Onuci qui, d’après des sources proches du Fpi, ont été «houleux» mais «normaux parce que c’est cela les échanges», estime le porte-parole de l’Onuci, il ressort une identité de vues. «Une convergence de vues pour sortir de la crise dans les meilleures conditions», a dit Hamadoun Touré, porte-parole de la mission. Y. J. Choi s’est félicité des échanges qu’il juge «très intéressants et enrichissants» avec ce parti. Il partage même «les préoccupations» exposées. Lesquelles se résument dans le désarmement des ex-combattants et des milices avant les élections, l’unicité des caisses de l’Etat qui conditionne le paiement des primes des soldats et le financement du processus de sortie de crise. En un mot, toutes les actions que ce parti résume en un seul vocable : «la restauration de l’autorité de l’Etat». Toutefois, des sources proches des discussions révèlent que le chef de l’Onuci a indiqué qu’en l’état actuel de l’Accord politique de Ouagadougou, seul «le désarmement partiel» est possible. Estimant que l’Apo, signé le 4 mars 2007, contient des insuffisances, il suggère sa relecture. Ce qui pourrait déboucher sur le 4e accord complémentaire. Pour Choi, «il faut réviser l’Apo car il contient beaucoup de lacunes et d’ambiguïtés. Si l’Accord reste tel, le désarmement doit intervenir après les élections. Or, la logique aurait été d’avoir un désarmement complet avant les élections», confie notre source. Par ailleurs, le Fpi juge inadmissible le rôle attentiste de l’Onuci. Pour Affi N’Guessan, elle ne doit pas se contenter d’appuyer l’Apo et de certifier les élections, mais elle doit également veiller à la sécurisation des populations. Mieux, «la restauration de l’autorité de l’Etat et le désarmement avant les élections doit faire partie des critères de certification des élections par l’Onuci».

Les trois précédents accords complémentaires ont été signés le 27 mars 2007 (premier) et 28 novembre 2007 (2e et 3e) pour expliciter certains points de l’Apo.

P. N. Zobo




Source : ivorian.net

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