Le Parti Ecologique Ivoirien



ADMINISTRATION PUBLIQUE Comment les hauts cadres pompent l’argent de l’Etat




  jeudi 19 mars 2009 - Par linter-ci.com



* Leurs stratégies pour piller les caisses
En témoigne la grève de 72h décrétée récemment par les cadres supérieurs de la santé pour protester contre le non-respect de la décision de revalorisation de leur salaire, pourtant prévue au budget 2008. En témoigne également la mesure prise par le ministère de l’Economie et des Finances de réduire de 10 % les budgets de fonctionnement affectés cette année aux institutions et structures étatiques, dans le cadre de la correction du budget 2009, telle que préconisée par les bailleurs de fonds. L’Etat est donc financièrement en panne. Selon une source bien introduite auprès du ministère du Plan et du développement , cette raréfaction des ressources n’a pas mis fin à certaines pratiques des hauts cadres de l’Etat, et plus généralement d’une frange de fonctionnaires, consistant à détourner, par des stratagèmes, d’importantes ressources mises à leur disposition par les pouvoirs publics. Au nombre des stratagèmes mis au point pour pomper l’argent de l’Etat, révèle notre informateur, figurent en bonne place les séminaires, ateliers, états généraux, colloques etc. Pour lui, ce type de rencontre ne vise qu’à justifier des sorties d’argent d’où puisent les initiateurs de ces cérémonies et une catégorie de participants. " Pour s’en mettre plein les poches, les ministres, les directeurs organisent des ateliers, des séminaires, qui ne sont que des moyens pour certains agents de l’Etat de combler les disparités salariales dont ils sont victimes. Ces activités sont des occasions de gonfler les chiffres pour faire sortir d’importantes sommes d’argent qui atterrissent dans les poches des organisateurs de ces événements. Les fournitures didactiques nécessaires à la tenue des ateliers, les indemnités ou perdiems des participants, tout est prétexte à des sorties d’argent. La preuve, plus de 75 % du budget de fonctionnement d’une direction d’un ministère de l’Etat est consacré à l’organisation d’ateliers. ", a confié notre interlocuteur qui a ajouté que c’est le même souci de se remplir les poches qui explique les visites qu’effectue chaque nouveau responsable d’un département ministériel dans les structures et institutions qui sont sous sa tutelle. Ces visites sont des prétextes à des sorties d’argent pour le carburant et parfois la location de véhicules pour le déplacement. " Sinon, comment expliquez-vous qu’au lieu d’exploiter le résultat de l’état des lieux fait par son prédécesseur après une visite des structures sous sa tutelle ou les actes d’un séminaire ou des états généraux organisés par celui-ci, son successeur choisisse de reprendre tout à zéro ? C’est en réalité une stratégie pour " manger " subtilement ", a souligné notre source. Selon elle, certains hauts fonctionnaires n’ont d’autre choix que d’agir ainsi pour rattraper ce qu’ils perdent du fait de certaines disparités salariales favorisées par les revalorisations à la tête du client auxquelles procède le gouvernement ces dernières années. Des agents d’une même catégorie sociale sont frustrés de percevoir un salaire de loin plus bas que celui de leurs homologues de même catégorie. " Chaque fois qu’une corporation fait pression sur le gouvernement, elle bénéficie d’une revalorisation salariale, au mépris des dispositions de la loi du travail régissant la Fonction publique. Une situation qui crée des disparités salariales que certains essaient de compenser par ces pratiques. C’est tout cela qui explique les dépassements budgétaires dont parlent les bailleurs de fonds ", a-t-elle expliqué, citant l’exemple des décisions d’augmentation de salaire des médecins, magistrats, agents des Eaux et forêts et de la Police maritime. Selon notre interlocuteur, ces mêmes pratiques menacent les ressources dont le pays pourrait bénéficier au cas où la Côte d’Ivoire serait élue à l’initiative PPTE (pays pauvre très endetté). " L’argent qu’on attend de l’allègement de la dette avec l’initiative PPTE risque de ne pas servir au développement du pays puisque dans le document élaboré par la Côte d’Ivoire, une bonne partie de cet argent est destinée à l’organisation de séminaires, ateliers, colloques... ", avertit ce cadre du ministère du Plan et du développement.


par Assane NIADA

Source : linter-ci.com

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