Le Parti Ecologique Ivoirien



CRISE IVOIRIENNE : QU’EST-CE QUI S’EST PASSE ? Par Jean Kipré


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vendredi 5 mars 2010 - Par ivoirediaspo.net


S’il existe une vérité à propos de la crise ivoirienne au stade actuel, c’est bien celle de
l’évidence : Malgré les accords de paix de Ouaga, ceux de Marcoussis agissent encore comme un poison sur l’ensemble de la classe politique ivoirienne ; cela, suite à la dissolution par le Chef de l’Etat, du gouvernement et de la commission électorale indépendante (CEI) sur fond d’un mois de crise de cette dernière, reconnue coupable par la justice d’avoir tenté de « frauder » sur la liste des électeurs. Plus personne ne peut nier que cette paix abstraite obtenue à la faveur des accords de Ouaga, n’était au fond qu’une affaire d’apparence : La situation du pays continuait de reposer en vérité sur les accords de Marcoussis, c’est à dire sur un régime taillé à la mesure des partis politiques et dans lequel leurs âmes secrètes se sont réalisées pour produire un accord de partage du pouvoir. Régime machiavélique qui pour mémoire, permet à son inspirateur de tenir le pays désuni, dans la mesure où il empêche le désir du chef de l’Etat de commander et favorise le désir de ses opposants et de la rébellion de ne pas lui obéir. Nous en faisons l’amer constat par ce qui vient de se passer avec ces derniers évènements à l’issue desquels, le RHDP a finalement fait une annonce pour sa prochaine entrée dans le gouvernement en appelant ses partisans à suspendre les manifestations après qu’il ait obtenu la présidence de la nouvelle CEI.

Nous le voyons bien ! Ces accords secrets de partage du pouvoir n’étaient en aucune manière pour mener une action commune dans l’intérêt du pays. Dans le secret de leur pensée, il s’agissait d’abord pour chacun de ces partis politiques, de se placer dans des postes où ils pouvaient le mieux agir tout en tirant un avantage dont ils pouvaient croire qu’il leur serait profitable dans la perspective de l’élection présidentielle : Tel était tout le problème de la CEI ! Reste à savoir si face à ce constat où l’opposition des intérêts entre partis politiques entravait l’avancée vers la sortie de crise alors même qu’ils sont censés collaborer à cette même tâche, le Chef de l’Etat ne devait pas prendre une telle décision de dissolution par rapport à ce blocage exaspérant qui durait encore et encore !…

Quoi que chacun de nous puisse penser, la fonction présidentielle a des exigences. C’est seul du Chef de l’Etat qu’un peuple quel qu’il soit, attend la direction de son destin. C’est encore plus vrai quand ce Chef de l’Etat n’est pas arrivé au pouvoir par un coup d’état. Ainsi, c’est à lui que revient l’attribution d’investir les gouvernements successifs et le cas échéant, la possibilité de dissoudre une institution qui ne fonctionne pas. Si tel n’était pas le cas, quelle signification aurait la fonction présidentielle dans notre pays ?

En regardant les choses comme elles sont, cette double dissolution du gouvernement et de la CEI peut donc difficilement être qualifiée d’acte de coup d’état. Le bon sens nous oblige à y voir plutôt une action d’urgence visant à rétablir le prestige et l’autorité de l’Etat qui n’ont été que trop bafoués dans ce pays. Elle repose également sur l’impératif d’arracher la nation à la merci des évènements, pour aller aussi rapidement que cela se peut, à l’organisation de l’élection présidentielle.

Bien entendu, dans le jeu normal d’une pratique démocratique, il est du droit légitime d’un parti d’opposition de jouer son rôle en s’alarmant de ce qui n’est pas dans la droite ligne de sa vision. Mais le faire comme des prophètes qui prêchent le martyr en réclamant ouvertement le sacrifice suprême à ses fidèles, a quelque chose de profondément choquant ! Cela donne le sentiment d’une invitation lancée à leurs militants d’aplanir le chemin qui les mènera vers le trône sans manquer de le recouvrir de leur sang, en guise de tapis rouge.

On peut continuer ainsi pendant longtemps encore à donner à la Côte d’Ivoire, l’image d’un curieux pays où dans une situation de crise, le chef de l’état est responsable de tout mais n’a pas le droit d’agir ; cependant que dans le gouvernement d’union imposé, les partis continuent à poser des conditions catégoriques avant d’envisager la fin de la crise, opposant ainsi aux évènements, un hargneux immobilisme. Mais il y a bien longtemps que la cause est entendue :

Ce n’est pas par un coup de force qu’on mettra fin à la captivité des Ivoiriens dans cette crise ! Ce peuple renaitra sous un jour éblouissant de clarté par un changement intérieur, pour la seule raison qu’il ne connaît désormais qu’une vérité qui va au-delà de son entendement : Celle que la Côte d’Ivoire doit être libre et souveraine. Et ça, ce n’est pas négociable !

Jean KIPRE
Membre du Parti écologique ivoirien (PEI)


Source : ivoirediaspo.net

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