Le parti Ecologique Ivoirien






Absence d’Ado à Bouaké lundi
Un autre rendez-vous manqué avec l’histoire
jeudi 02 août 2007

Le président du Rdr n’était pas présent au rendez-vous de la flamme de la paix à Bouaké. Les commentaires vont bon train.

«Pourquoi ADO n’est pas arrivé à Bouaké, le président du Rdr est-il vraiment devenu l’ennemi des Forces nouvelles? Est-ce qu’il y a un problème ADO-Soro», ce sont là des questions que ne cessait de nous poser lundi, le chauffeur du taxi qui nous ramenait à notre hôtel à la vue de notre badge de journaliste, après la cérémonie du stade. Comme à ce taximan, il va falloir donner beaucoup d’explications aux militants de base du Rdr qui étaient nombreux à Bouaké pour cette cérémonie. Ils ne savent pas pourquoi Ouattara a raté ce rendez-vous historique.

Cela ne fait l’ombre d’aucun doute, les absences de ADO et de Bedié, les deux poids lourds de l’opposition, au bûcher de la paix ont été ressenties, mais le cas du président du Rdr est difficile à comprendre. C’est un truisme.

Pour quel dividende politique ?

Depuis le déclenchement de la crise du 19 septembre 2002, le président du Pdci s’est proposé de ne jamais se rendre à Bouaké tant que certaines considérations qui lui sont propres n’ont pas trouvé solution. Certains  parlent  de rituel à faire. Mais, peu importe, la position de Bedié n’a pas varié d’un iota. L’on se souvient qu’il a déjà refusé de se rendre à Bouaké le 11 janvier dernier, pour répondre à une invitation de Soro Guillaume afin de discuter du G7 et de ses nouvelles orientations.

Cela n’est pas le cas pour Alassane Ouattara, qui a fait une tournée en mars 2006  en zone Forces nouvelles, où il a été accueilli en fanfare.

Point n’est besoin de se voiler la face, ils sont aujourd’hui nombreux les membres de l’ex-rébellion qui pensent, à tort ou à raison, qu’ils ont pris les armes en vue de réparer les injustices  faites à ADO et sa famille politique. Ils se sentent donc orphelins en ne voyant pas Ouattara, là où ils signent la fin de la guerre. On a encore en mémoire, les fameux films et documentaires du clan présidentiel ivoirien le présentant comme «le père de la rébellion». La vérité est que le président du Rdr et les siens ont payé un lourd tribut à cette guerre. Ils étaient les cibles privilégiées des fameux “escadrons de la mort” qui ont endeuillé le pays. C’est pourquoi, au moment où on parle de paix, même fragile ou embryonnaire, Ouattara n’a pas le droit de s’inscrire aux abonnés absents. Lui, qui connaît les affres de la guerre pour avoir payé la note la plus salée.

L’absence de Ouattara à cette cérémonie de la « flamme de la paix » ne saurait avoir une explication politique qui tienne la route.  Deux des quatre grands leaders du Rhdp, dont est membre Ouattara étaient à Bouaké.

Anaki Kobenan et Mabri Toikeusse ont effectué le déplacement. Après la cérémonie, ils ont eu une audience avec le Premier ministre. Après l’attentat du 29 juin, le président du Rdr en mission en Europe n’a pas eu l’occasion d’aller dire «yako» à Soro. Comme dimanche, il a envoyé une délégation le représenter dans l’antre des Forces nouvelles.

Au bûcher de la paix, il y avait trop d’intérêts en jeu. Tout le corps diplomatique était là. Six chefs d’Etat étrangers et des chefs de gouvernement étaient à Bouaké. Rien que pour ces personnalités, le déplacement valait la peine. A la vérité, c’est au cours de ce genre de rencontres, face à la réalité du terrain, que certaines décisions se prennent. La mobilisation et l’euphorie autour de la personne de Ouattara  auraient démontré aux hôtes de Soro son aura dans le pays. Hélas, face aux cameras du monde entier, les militants du Rdr qui ont fait le plein du stade de Bouaké, ont applaudi Laurent Gbagbo à tout casser.

Ally Coulibally (porte-parole du Rdr)  a beau tenter de minimiser et relativiser l’absence de son président à Bouaké cela ne change rien. Les faits sont là. Têtus.

Ne pas commettre les erreurs du passé


Le déroulement du processus de sortie de crise nous rappelle étrangement la transition militaire. En moins de cinq mois, l’ami de galère “Bob” (Général Guei), est devenu l’ennemi de Ouattara. L’adversité était si forte que le chef de la junte au pouvoir a fait invalider la candidature du président du Rdr par son oncle, le président de la Cour suprême, Tia Koné. Mais après ce «forfait», l’ennemi Guei Robert est redevenu l’ami de Ouattara, une fois le pouvoir perdu. L’histoire étant un éternel recommencement, le même scénario a été observé avec Henri Konan Bedié. Durant sept ans, de 1993 à 1999, Alassane Ouattara a subi les pires humiliations de l’histoire politique ivoirienne. Pour sa mère, ses frères et soeurs,  ses collaborateurs, sa famille politique… ce fut le calvaire. Mais une fois le pouvoir perdu, Bedié est devenu l’ami de Ouattara. Avec Laurent Gbagbo, c’est le chemin inverse mais avec la même finalité. L’ami du Front républicain, durant la lutte pour la conquête du pouvoir, est devenu l’ennemi une fois au pouvoir. Au regard de ces exemples, une leçon s’impose: dans un processus, il faut pouvoir s’arrêter et faire le bilan.

Aujourd’hui, il y a fort à craindre qu’au finish, le “petit frère” Soro Guillaume qui partage le même idéal politique que Ouattara ne devienne demain, l’ennemi, si l’écart continue de se creuser.  Les expériences du passé doivent pouvoir guider le Rdr et son président dans leur choix. Au stade actuel où se trouve l’intérêt d’ADO ? Avec Soro ou avec Bedié ? Vous avez dit politique ?

Traoré M. Ahmed


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