Le parti Ecologique Ivoirien


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                Environnement
 
     
  La végétation en milieu urbain
Plus qu’un simple élément accessoire et décoratif
 
 

Source : lautrequotidien.com

 
 
Parc-boise
L'arbre dans toute sa splendeur
Le bénin se prépare activement à célébrer la 23e journée nationale de l’arbre, le 1er juin prochain. Cette année encore, de nombreux plants seront mis en terre sous les projecteurs des caméras. Mais une fois les lumières éteintes, peu de concitoyens ont à coeur l’entretien de ces arbustes, qui flétrissent au soleil quand leur socle n’est pas transformé en urinoir public. Peu d’entre nous avons conscience que les espaces verts sont d’une importance vitale en ville…
 
     
 
Auteur(s) / source : Hugues Ahounou
 
     
 

L’arbre a toujours été indispensable à l’homme. Immobile et durable, il survit aux générations. Il fournit abri, nourriture, protection, matériaux et combustible. Tout cela, et plus encore, la forte impression que procure sa taille, son coté intemporel et pourtant bien vivant, explique sans doute la place particulière qu’il occupe, quelles que soient les civilisations, dans l’esprit humain. Des avantages tangibles qui se déclinent sur plusieurs tableaux.

Sur le bien-être de l’individu

L’augmentation de la température dans les villes par rapport à la campagne, la forte densité de surfaces réfléchissantes au sol et près des bâtiments, la présence de couloirs de vent créés par les hauts édifices, par les rues ou par les trous dans le tissu urbain, le faible taux d’humidité provoqué par l’insuffisance de plantations et de surfaces gazonnées indiquent l’importance, et même l’urgence d’introduire de la végétation en milieu urbain par la plantation d’arbres de rues et par la conservation et l’amélioration des espaces boisés urbains et périurbains existants. L’effet le plus évident produit par la végétation sur le micro-climat est l’ombre. L’arbre absorbe et réfléchit les radiations solaires de telle sorte que l’individu recherche l’ombre lors de journées ensoleillées et de grande chaleur. Certains arbres assurent une protection contre les radiations solaires pendant toute l’année. L’absorption par la végétation des radiations de grandes longueurs d’ondes provenant du soleil permet également aux arbres de réduire l’écart entre les températures diurnes et nocturnes. Sous un couvert d’arbres, les journées seront moins chaudes, tandis que les nuits seront moins fraîches. La végétation réduit la vitesse du vent en offrant une résistance au déplacement de l’air. Un écran dense formé de végétaux peut permettre de créer, derrière lui, une zone d’accalmie. La vélocité du vent peut être réduite de 50% sur une distance de 10 à 20 fois la hauteur de l’écran. Le degré de réduction sera fonction de la hauteur, de l’épaisseur et de la perméabilité des végétaux utilisés. Le couvert forestier intercepte également les précipitations, comme la pluie, et peut constituer une protection pour le promeneur.

Sur la qualité de l’air

La présence de massifs boisés contribue à réduire les poussières, les différents polluants chimiques et les germes microbiens. Les poussières sont d’origines diverses, de source industrielle, elles peuvent être le support de polluants chimiques. Elles proviennent de la circulation et de l’activité urbaine en général, et véhiculent alors les produits chimiques et les microbes pathogènes (nuisibles). Elles peuvent aussi être naturelles. Le feuillage permet un certain fi ltrage des poussières suivi d’un lessivage au sol lors du lavage par les pluies. L’effet de la végétation sur l’air pollué lui-même est très différent selon les cas; les polluants peuvent être absorbés et transformés par la végétation (l’anhydride sulfureux, le gaz carbonique et l’ozone) ou être absorbés et accumulés sans transformation par le végétal (fluor, plomb). Il faut aussi mentionner que la végétation pourrait avoir un rôle anti-microbien. Il est maintenant bien connu que le nombre de germes microbiens par m3 d’air est beaucoup moindre en forêt que dans une rue du centre de la ville. De plus, des chercheurs ont mis en évidence des substances à effet bactéricide émises par les feuilles de certains arbres...

Sur la qualité de l’eau

Les espaces verts et les végétaux d’une ville contribuent à absorber l’eau de pluie, par la percolation (entendez écoulement d’eau dans le sol, sous l’effet de la gravité) au niveau du sol et par les racines des arbres. En préservant les espaces verts, il est possible de réduire le volume des eaux de ruissellement, de protéger les sources d’eau et de prévenir ou du moins réduire les dommages occasionnés par des inondations. La présence d’espaces verts permet aussi de limiter la pollution des eaux de surface qui autrement couleraient sur des espaces pavés contenant des polluants comme le plomb et des déchets de toutes sortes. Ces eaux, drainées naturellement vers les cours d’eau ou captées par les égouts pluviaux, contribuent à la pollution de l’eau et à la disparition de la faune aquatique.

Sur la protection des sols

La végétation joue un rôle important pour la protection des sols contre l’érosion par l’eau et le vent. Laissés à nu, les espaces ouverts en milieu urbain peuvent se dégrader rapidement. L’absence de couvert végétal rend la surface du sol plus sensible à l’impact des gouttes d’eau et à la force du vent. Il peut s’ensuivre une dégradation de la structure du sol ou une perte de matériau (par ravinement, érosion par ruissellement, boues, vents de sable, etc.). Le problème est particulièrement important sur les sols en pente, les berges des rivières, les falaises, les collines et les talus. On aurait avantage à protéger les endroits fragiles en conservant la végétation ou en l’implantant là où elle est absente.

Sur la pollution causée par le bruit

Au cours des cinq dernières décennies, le niveau moyen de bruit a augmenté considérablement dans la plupart des municipalités. La présence de végétation peut remédier à l’inconfort provoqué par un niveau de bruit trop élevé. Les obstacles rencontrés peuvent absorber, réfl échir ou réfracter le bruit. La végétation, par ses feuilles plus ou moins poreuses, peut réduire le taux d’énergie sonore. Diverses études sur la création de zones tampons ont démontré qu’une bande de terrain boisé réduit le bruit de 6 à 8 décibels par 30 mètres. Cette atténuation est importante, si on retient qu’une atténuation de 12 décibels correspond à une diminution de la sensation sonore de l’ordre de 50%.

Un refuge pour la faune avienne et terrestre

Les superficies boisées servent également d’habitat à toute une faune terrestre et avienne. Leur rôle est donc considérable en milieu naturel et périurbain. L’observation de la faune, spécialement des oiseaux, représente un loisir de plus en plus fréquent. La présence d’espaces boisés, même parcellaires, permet à cette faune de subsister en milieu urbain. L’interaction entre des espaces bâtis et des espaces libres naturels peut aussi permettre de développer des lieux d’interprétation de la nature à proximité du réseau scolaire. Dans les municipalités (en zone urbaine et périurbaine), la majorité des espaces boisés sont situés sur des terrains moins propices à l’expansion du cadre bâti, tels que les zones de drainage lent, terres basses, berges de rivières, talus à fortes pentes et zones à affleurements rocheux mais offrant une grande diversité d’habitats. Ils jouent donc un rôle primordial dans l’équilibre des écosystèmes présents sur les territoires des municipalités.

Un élément architectural et esthétique

La végétation influence également le milieu urbain dans son expression physique. Elle améliore l’esthétique du paysage bâti, en créant un changement de texture, un contraste de couleur et de forme par rapport aux bâtiments adjacents. Aux abords d’un bâtiment ou d’une résidence bien aménagée, la végétation, arbres et arbustes, s’harmonisent aux éléments architecturaux et les mettent en valeur. La diversité des feuillages et la floraison de différentes espèces ajoutent une note importante parmi les masses bâties, trop souvent concentrées et entourées de vastes espaces de stationnement. La végétation, en milieu urbain et périurbain, aide à définir et à séparer les espaces extérieurs. En zone résidentielle ou dans des aménagements publics, la végétation assure le caractère privé de certains espaces. De plus, la conservation d’une bande boisée peut permettre d’isoler une zone résidentielle d’une voie routière importante ou d’une zone industrielle. Les plantations de rues servent de lien entre les divers espaces publics et les fonctions récréatives. Les plantations d’arbres d’espèces variées peuvent, par exemple, servir à identifier les parcs ou les corridors récréatifs. La ville devient alors un ensemble vivant et bien planifié.

Des équipements sociaux indispensables

Les espaces verts servent de lieux de récréation pour la détente, la promenade, le sport et l’interprétation de la nature. Leur fonction sociale provient du rôle qu’ils jouent, en facilitant l’accès au public pour ses activités de loisir et en favorisant les rencontres entre les citoyens. Or, les espaces libres en milieu municipal sont en nombre restreint. Les espaces boisés intéressants sont pour la plupart de petites superficies et peu accessibles. À proximité des résidences, ces espaces boisés ont un rôle important pour les loisirs spontanés.

L’éducation en matière d’environnement

Dans des sociétés de plus en plus préoccupées par le maintien de la qualité de l’environnement, il convient de développer un réseau d’interprétation de la nature pour les élèves et écoliers; les espaces boisés à proximité des écoles et des résidences représentent des lieux privilégiés de contact avec le milieu naturel. Protéger les arbres, c’est vital. En plantant chacun un arbre, nous contribuons au maintien de l’équilibre écologique. Un chiffre pour conclure : en ville, il faut 53 arbres par habitant pour purifi er l’air pollué!

(Bibliographie : Manuel de foresterie
urbaine. Collection Les Guides Verts, Direction du patrimoine écologique, MENVIQ, 1987).



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