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9 juillet, 2007

Le chantage de la France sur la rébellion

lundi 9 juillet 2007 par IvoireDiaspo

(le matin) Aussi surprenant que cela puisse paraître, la rébellion n’a de cesse de se dédire sur les récentes accusations qu’elle avait portées contre la Licorne. Ce n’est pas fortuit, les représentants à Abidjan de l’Elysée ont mené une démarche de dissuasion contre leurs alliers d’hier.

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VOIRL’opinion l’aura noté. Guillaume Soro n’en finit pas de désavouer publiquement ses collaborateurs s’agissant des éventuels coupables de l’attentat manqué perpétré contre lui. A chaud, Konaté Sidiki et Issiaka Ouattara ‘’Wattao’’ qui ont porté un doigt accusateur sur les casques bleus et la Licorne freinent des quatre fers. Désormais, le Premier ministre « ne veut accuser personne », là où vendredi, il laissait ses hommes incriminer les auteurs présumés de l’attaque contre l’avion présidentiel qui le transportait. Une attitude suspecte qui livre à présent ses secrets. De sources proches de la présidence française, le retournement de veste dans les accusations n’est pas fortuit. La France est passée par là. L’Elysée qui craint un lynchage public, contre-attaque. D’abord à travers des injonctions au téléphone, avant que l’ambassadeur André Janier n’aille porter le message de Paris à Soro, de vive voix. Le diplomate, qui a effectué le voyage de Bouaké en compagnie du patron de la Licorne mardi dernier, est allé crier son ras-le-bol, soutiennent des confidences. L’armée française, échaudée par les évènements de novembre 2004, a vertement remonté les bretelles à la rébellion. André Janier et le général Lecerf s’en sont donc allés fouetter le holà à une mayonnaise qui de toute façon a pris. Pour tordre les bras à Soro et les siens, le diplomate français et le commandant de la Licorne ont employé la méthode forte. Paris use de chantage pour faire taire les dirigeants du MPCI. Dans la balance, Janier et Lecerf mettent les nombreux crimes physiques et économiques que l’armée française a couverts depuis le début de la crise armée. Selon des sources diplomatiques, Paris a promis l’enfer à ceux qu’il a portés à bout de bras des années durant. Au nombre des forfaits brandis en échange du silence des accusateurs, les nombreux charniers qui jonchent le parcours des insurgés. Korhogo, Man, Bouaké et d’autres zones assiégées ont leurs lots de cimetières géants, et la France menace de tout déballer. Autres moyens de pression, les nombreux casses des agences centrales de la BCEAO. L’affaire qui a défrayé la chronique les années écoulées n’a jusque là pas été élucidée. Des éléments de la Licorne, pris sur les faits ont été rapatriés en France. Mais à Bouaké, c’est le silence micro. Aucun chef de guerre n’a été cité. La hiérarchie de la force Licorne qui s’est montrée très coopérative en use à présent pour se faire blanchir. Ce n’est pas tout. Pèle mêle, l’on fait cas du commerce fort juteux et non moins frauduleux du cacao ivoirien vers la sous région. Les ressources minières n’échappent pas à la longue liste des faits qu’André Janier et le général Lecerf ont promis de taire, pourvu que Soro ‘’oublie’’ que les militaires français ont une quelconque responsabilité dans l’attentat manqué. Conséquence de la démarche honteuse des émissaires du Quai d’Orsay, le double langage constaté depuis quelques jours à Bouaké. Konaté Sidiki qui, sur des chaînes de radio étrangères, nie ses propos tenus les vendredi et samedi derniers, Wattao qui se mure dans un silence incompréhensible. Le Premier ministre lui-même clôt le débat. “Je ne donne le droit à personne d’accuser qui que ce soit dans cette affaire. Je veux que les polémiques dans la presse cessent”, injoncte-t-il, pieds et mains liés. Ainsi, le ministre de l’Artisanat s’interdit de dénoncer la Licorne et l’ONUCI. Il en va de même pour le patron de la compagnie ‘’Anaconda’’. Pour sûr, l’ambassadeur André Janier a gagné une bataille. Mais l’on se demande bien comment Paris compte s’y prendre pour se soustraire à la justice ivoirienne qui, depuis hier, par la voix du procureur de la république près la cour d’appel de Bouaké s’est mise en branle.

La justice ouvre une enquête

"En vertu des dispositions (des textes), nous venons d’ouvrir une information judiciaire. " Ainsi s’est exprimé hier Abo Kadjo Fodio, le procureur général près la cour d’appel de Bouaké. Une semaine après l’attentat manqué contre Soro, la justice se saisit de l’affaire. Et en l’absence d’autorités judiciaires à Bouaké en ce moment, c’est le juge d’instruction de Toumodi, Niamké Joseph, qui va conduire les investigations. Une situation rendue possible par le code de procédure pénale en son article 83 qui, selon le procureur Abo, " donne la possibilité de désigner un juge d’instruction de n’importe quel tribunal du ressort de sa cour d’appel, pour mener les investigations nécessaires. " A en croire l’homme de droit qui a brièvement rencontré la presse, l’attentat contre le premier ministre, qui a causé des morts et des blessés, “est un acte répréhensible qui ne saurait rester impuni”. C’est pourquoi le ministre de la Justice, garde des Sceaux, a instruit ses services pour démêler l’écheveau. Une suite est donc donnée à l’attaque du Fokker 100 qui continue de défrayer la chronique. Ceci dit, a tenu à préciser Abo Kadio, la procédure n’entrave pas d’autres actions à même de contribuer à l’éclatement de la vérité. " Le devoir de la justice de se mettre en mouvement n’empêche pas une enquête nationale ou internationale ", a soutenu procureur général de Bouaké. Et de poursuivre, affirmant ignorer si Ange Kessy, le procureur militaire a diligenté une enquête de son côté. En tout état de cause, souligne Abo Kadio Fodjo, rien a priori n’indique que les auteurs du bombardement de l’avion présidentiel soient des militaires.



Source : .ivoirediaspo.net


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