Le parti Ecologique Ivoirien



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9 juillet, 2007

N°1151:

Onuci et Licorne hors de l’aéroport d’Abidjan Et si Sarkozy demandait en même temps le départ des troupes françaises

L Intelligent d Abidjan - Publie a 6:09 am

Le week-end dernier, que n’avons entendu comme commentaires au sujet de l’ultimatum des Fds-CI, adressé à leurs frères d’armes de la Licorne et de l’Onuci, enjoints de quitter l’aéroport Félix Houphouët-Boigny d’Abidjan, Port-Bouët ! Et aussi à propos de la décision du facilitateur Blaise Compaoré, de s’occuper personnellement de la sécurité du premier ministre ivoirien, en mettant des soldats à sa disposition pour les besoins de la cause. De tous ces commentaires marqués parfois du coin du bon sens, ceux exprimant de l’indignation concernant cette mesure d’expulsion contre la Licorne et les forces onusiennes en Côte d’Ivoire, ont particulièrement retenu notre attention. Et, il nous plaît de livrer ici, cette remarque poignante faite par une dame respectable, notre voisine de quelques minutes dans un wôrô-wôrô : “Le Général Mangou, je l’aime bien, mais cette fois, il y est allé un peu trop fort. Par sa faute, ces gens qui avaient jusqu’ici l’air de nous ménager, vont nous porter l’estocade, le coup de grâce”, s’est-elle indignée, entre deux trémolos dans la voix. Pour la dame, cette sortie des autorités militaires de Côte d’Ivoire, équivaut à un défi de trop lancé à l’ex-colonisateur, à la France, notre première référence en tous genres, et naguère le partenaire privilégié dans nos échanges commerciaux avec le monde occidental. Si on partageait cette vision, alors l’avant dernier défi serait l’Accord politique de Ouagadougou, comme ont pu l’écrire nos confrères Antoine Malo et Gilles Delafon : ” (…) le 1er novembre dernier, la France pensait avoir fait le plus dur avec l’adoption de la résolution 1721 par le Conseil de sécurité de l’Onu. Celle-ci prévoyait que Laurent Gbagbo soit progressivement dépossédé de ses pouvoirs, à la faveur du Premier ministre, Charles Konan Banny soutenu par l’Elysée. Mais, signe avant-coureur, les Français qui souhaitaient mentionner le départ de Laurent Gbagbo dans la résolution, avaient dû reculer sur ce point. La ténacité du président ivoirien a fait le reste (…) Car, Gbagbo reprend la main en élaborant un plan alternatif, une solution purement africaine qui inclut un dialogue direct avec les ex-rebelles. Son homologue sud-africain Thabo Mbeki l’y encourage, d’autant qu’il n’apprécie pas ce qu’il considère comme une ingérence française dans les affaires ivoiriennes”. (1) Après l’attentat manqué contre le premier ministre au moment où l’avion de celui-ci atterrissait à l’aéroport de Bouaké, le Général Philippe Mangou, en tant que chef militaire et garant de la sécurité de l’Etat de Côte d’ivoire et de tous ses symboles, avait-il le choix ? A l’analyse, on peut lui donner raison sur trois points. Nonobstant le démantèlement de la zone de confiance, et la réunification de fait du pays, l’aéroport de Bouaké était encore aux mains de la Licorne et de l’Onuci, l’ex-rébellion étant dit-on, incapable d’en assurer la sécurité. Soit ! Mais, peut-on insinuer ou invoquer une quelconque incompétence administrative ou une impéritie militaire pour empêcher les Fds-CI d’assumer ce devoir qui est le leur avant tout ? Pourquoi les forces impartiales, censées détenir de quoi dissuader les plus redoutables assaillants ou terroristes, n’ont-elles pas réagi pour déjouer l’attentat de Bouaké ? On peut donc induire que Mangou et ses hommes, ont voulu simplement éviter à Abidjan, un remake de ce qui s’est passé dans la capitale de la vallée du Bandama. En politique, ce qui compte dit-on, reste l’objectif à atteindre. Et pour atteindre cet objectif, en général on ne s’embarrasse point de morale. Traduction : tuer le premier ministre de Côte d’Ivoire, passe encore ! Mais, envoyer Guillaume Soro ad patres aurait revêtu une importance capitale pour les commanditaires de l’attentat de Bouaké. Quoique cela ne fût absolument pas le but recherché. La mort de Soro a simplement été envisagée comme un mal nécessaire, un passage obligé. Le vrai objectif des parrains du crime, étant d’arrêter le processus de paix en cours. Le but ultime de leur action : faire partir Laurent Gbagbo du pouvoir. Peu importe la quantité de sang qui en aurait résulté. En clair, l’attentat de Bouaké n’ayant pas débouché sur le résultat escompté, les commanditaires remettront forcément ça. Sous quelle forme ? Seul Dieu le sait ! Pour prévenir le mal, Blaise Compaoré, le facilitateur dans le règlement de la crise ivoirienne, les Fds-CI et les Fafn restés fidèles à Soro, s’activent pour la protection du premier ministre, partant du processus de paix, et donc de la Côte d’Ivoire contre toutes autres velléités déstabilisatrices. On ne peut comprendre autrement la décision du chef de l’Etat burkinabé d’assurer désormais la sécurité de Guillaume Soro, et celle du Général Philippe Mangou de faire de la sécurisation des aéroports ivoiriens l’affaire des Fds-CI uniquement. Troisièmement. Chef d’état-major d’une armée républicaine, le Général Philippe Mangou, n’entend pas jouir uniquement des droits, mais il est déterminé à assumer également tous les devoirs de sa charge. L’essentiel de ces devoirs se résumant à faire respecter la souveraineté nationale et à assurer la protection de l’intégrité territoriale. D’où sa volonté affichée de prendre désormais le contrôle de tous les aéroports. La portée hautement stratégique de ceux-ci dans n’importe quel pays, n’étant pas à démontrer. Toujours sous la plume d’Antoine Malo et de Gilles Delafon : “Paris annonce désormais le retour “dans les prochaines semaines” de 500 des 3.500 soldats déployés au centre du pays, aux côtés de 7.000 casques bleus de l’Onu. Ce mouvement devrait s’accélérer à partir de juin, quand le mandat des troupes aura été rediscuté à New York. “Plus vite nous retirerons nos militaires, mieux nous nous sentirons”, confie un officiel. Le budget aussi: ce déploiement coûte chaque année 250 millions d’euros à la France”. (1) En lisant nos deux confrères, nous ne pouvons nous empêcher de poser cette questions. Si le déploiement de la Licorne coûte chaque année autant d’argent au trésor français, n’est-il pas plus sage de la rappeler au plus vite, et surtout plus honnête d’évaluer aussi ce que la Côte d’Ivoire a perdu comme ressources minières et agricoles du fait de ce déploiement ? Et si le chef de l’Etat français coupait court en demandant le retour de la Licorne ? Jacques Mian http://mian225.blogs.nouvelobs.com (1) Antoine Malo et Gilles Delafon, “Gbagbo plus que jamais président”, in Le Journal du Dimanche du 1er avril 2007. 

Source : lintelligentdabidjan.org


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