Le Parti Ecologique Ivoirien


Francis Wodié met en garde : “L’explosion sociale n’est pas loin”



lundi 01 décembre 2008 - Par Nord Sud
 


«De qui se moque-t-on?».  «A qui profite le statu  quo, ce jeu malsain de clair-obscur avec tous ces nageurs et pêcheurs en eau trouble» ? Ce sont autant d’interrogations que Francis Vangah Wodié a posées, hier, au cours de la conférence de presse qui a sanctionné la réunion du Comité central du Parti ivoirien des travailleurs qui s’est tenue à l’hôtel de ville au Plateau.

La situation nationale, selon l’analyse faite hier par le président du Parti ivoirien des travailleurs (Pit), donne le sentiment que les gouvernants s’«amusent et se moquent» de la souffrance des Ivoiriens. «Attention, on ne doit pas jouer avec le feu qui nous a déjà brûlés», a-t-il mis en garde.

Sur le plan social, a  indiqué Francis Vangah Wodié, le malaise est de plus en plus profond. Les besoins de base (Sécurité, santé, éducation), selon lui, ne sont pas satisfaits et ne peuvent l’être dans le contexte actuel pour bon nombre de plus en plus important de ménages aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain. «Les drames liés aux conflits fonciers sont quotidiens; quant à l’insécurité, elle s’aggrave avec les rebellions ici et là, des soulèvements, par exemple à Daoukro, Yamoussoukro, Séguéla, Tiébissou, Man etc. Les menaces et les risques que les milices en colère font peser sur la liberté et la vie des citoyens; les mouvements de grève se multiplient dans les divers secteurs socioprofessionnels, jusque dans le milieu aseptisé de la justice; il y a de quoi à inquiéter, il y a de quoi s’inquiéter. L’explosion sociale n’est pas loin; il faut prendre garde, tout cela doit cesser, non par des armes mais par le dialogue, ainsi que le Pit ne cesse de proposer. Mieux vaut prévenir que guérir», a-t-il déclaré. Le président du Pit a indiqué, en outre, qu’au moment où dans les pays voisins (Sénégal, Burkina-Faso, Mali) on annonce des productions céréalières record pour l’année 2008, chez nous, faute de politique agricole dans ce climat de crise prolongée, l’insécurité alimentaire perdure et les ménages, comme tous les Ivoiriens, sont de plus en pauvres, la misère s’étend et s’alourdit. Le taux d’appauvrissement, a-t-il poursuivi, est passé en quelques années à plus de 48% avec des pointes de près de 80% dans certaines régions du pays. «Les prix du carburant, malgré les récentes réductions, demeurent trop élevés pour la majorité des consommateurs d’autant plus que les tarifs des transports sont restés les mêmes; Or, le baril de pétrole qui coûtait 140 dollars il y a quelques mois est, actuellement, d’environ 50 dollars», a-t-il fait remarquer, dépité. Et, de s’interroger: «Qui bénéficie d’une telle situation qui pénalise la majorité des Ivoiriens? Qui? Jusqu’à quand? Est-ce à la Commission électorale indépendante (Cei) que revient la mission de régler ces problèmes?». En tout état de cause, a-t-il souligné, la Cei ne fait que proposer, elle n’a qu’un pouvoir de proposition. Pour lui, ce travail revient au gouvernement, en fait, au chef de l’Etat de décider en toute responsabilité et en toute connaissance de cause.

Un délai de 4 mois pour organiser les élections

«Peut-il le faire seul? Peuvent-ils le faire tout seuls entre eux? Non et non, bien sûr, ici encore s’impose le dialogue national», a-t-il martelé. 

Face à toutes ces dérives graves, a-t-il indiqué, le Pit ne peut garder le silence, surtout en ce jour spécial du 30 novembre 2008, jour d’espoir et jour de désespérance. «Les Ivoiriens doivent se mobiliser pour mettre fin à ces agissements qui sont devenus intolérables. L’image de la Côte d’Ivoire est sérieusement entamée, et les Ivoiriens ne cessent de dégringoler dans l’abîme. Il faut que cela cesse et au plus tôt. Le Pit a souligné que nous devons agir ensemble. Il nous revient de gérer, en toute responsabilité, et le présent et l’avenir», clame-t-il.

Le leader des « travailleurs » ivoiriens a proposé, pour la tenue du scrutin présidentiel, qu’un délai de 4 mois soit accordé à l’équipe dirigeante. «C’est un dernier sursis. Si au terme de ce délai, l’élection présidentielle ne se tient pas, il ne faut pas tergiverser, nous devons sortir résolument de l’impasse dans laquelle nous a entraînés le dialogue direct-indirect. L’accord politique de Ouagadougou doit être considéré comme une étape qui a atteint ses limites. On peut même parler d’échec. Ainsi, le chronogramme fixé pour l’exécution de l’accord n’a pu être respecté, et le report actuel des élections constitue le troisième dans le cadre de l’accord politique de Ouagadougou. Les signataires ont essayé, ils ont échoué. Reconnaissons-le ensemble pour rechercher, tous ensemble, les meilleures solutions pour sortir de la crise. Ce n’est pas à d’autres Etats ou institutions, à d’autres autorités de nous tenir la main et de nous donner les moyens pour réaliser des élections nationales, encore moins de fixer les conditions de ces élections et du déroulement du processus. Nous ne devons plus être un peuple éternellement assisté», a-t-il assené. Francis Wodié, le président du Pit, a préconisé, encore une fois, la voie de la concertation nationale pour briser le mur de l’impasse dans laquelle se trouve la Côte d’Ivoire.

K. Marras. D

Source : nordsud.htm

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